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28 JOURS PLUS TARD

Un film de Danny Boyle avec Cillian Murphy, Naomie  Harris, Christopher Eccleston, Megan  Burns et Brendan  Gleeson.

 

 

 

Sortie le 28 mai 2003.

Un commando de la Protection Animale fait irruption dans un laboratoire top secret pour délivrer des dizaines de chimpanzés soumis à de terribles expériences. Mais aussitôt libérés, les primates, contaminés par un mystérieux virus et animés d'une rage incontrôlable, bondissent sur leurs "sauveurs" et les massacrent. 28 jours plus tard, le mal s'est répandu à une vitesse fulgurante à travers le pays, la population a été évacuée en masse et Londres n'est plus qu'une ville fantôme. Les rares rescapés se terrent pour échapper aux "Contaminés" assoiffés de violence. C'est dans ce contexte que Jim, un coursier, sort d'un profond coma...

 

1°)AVIS

Le fléau humain.

Après le fiasco de La plage en 1999, le cinéaste britannique Danny Boyle revient avec une fiction horrifique qui se veut une relecture de La nuit des morts-vivants, le classique de l’épouvante réalisé par George A.Romero. Dès les premières minutes, le ton est donné avec des images télévisées montrant des émeutes d’une rare violence qui ne renieraient pas la célèbre citation « l’homme est un loup pour l’homme ». Le postulat de départ où un commando de la protection animale libère un virus fatal (provenant de chimpanzés) à l’humanité fait immédiatement penser à celui de L’armée des douze singes de Terry Gilliam. Le scénario s’étale ensuite sur trois lieux décrivant l’itinéraire laborieux d’un groupe de survivants.

28 jours ont passé, Jim se réveille d’un coma et arpente les rues désertiques d’un Londres dévasté dont la reconstitution est d’un réalisme saisissant. Selena et Mark, deux résistants lui apprennent plus tard que l’épidémie s’est rapidement propagée par le sang qui alterne l’état de santé des hommes. Animés par une rage bestiale, ceux-ci se déplacent désormais par mouvements saccadés. Le propos est donc toujours aussi pessimiste car l’être humain apparaît une nouvelle fois comme l’artisan de sa propre extermination à travers ses excès scientifiques. La fin du monde est-elle pour demain ?

La halte dans la campagne anglaise met davantage l’accent sur la psychologie des non-contaminés. Cette partie se montre plus sobre en tranchant avec le rythme haletant de la première et son ambiance apocalyptique. Les personnages peuvent enfin souffler en se permettant quelques notes d’humour. La relation entre Franck (l’imposant Brendan Gleeson, l’un des seconds rôles de Gangs of New York) et sa fille Hannah apporte un peu d’émotion. Mais pendant ce temps, la peur de l’infection continue de planer.

L’ultime destination conduit jusque dans un château à Manchester où la sauvagerie reprend ses droits et culmine dans un assaut sous une pluie orageuse. Un parallèle s’établit entre les bas instincts de soldats dont le principal souci est de rassasier leur appétit sexuel et la horde des contaminés assoiffés de sang. En deux mots et sans vouloir faire de l’humour noir, nos héros doivent faire le choix entre la peste et le choléra.

L’œuvre bénéficie de la performance de comédiens quasiment inconnus du grand public qui s’intègrent à l’histoire en traduisant à la perfection leur désarroi face aux enjeux dramatiques. Tourné en vidéo numérique, la réalisation malgré son côté expérimental se montre efficace en exploitant un minimum de plans gores. La photographie s’appuyant sur les effets de lumière et les maquillages très impressionnants (notamment l’aspect cadavérique et les yeux rouges hémoglobine) contribuent grandement à instaurer un climat glauque qui garde le spectateur sous une tension parfois à la limite du soutenable. A ce titre, on signalera la séquence de crevaison dans le tunnel qui renvoie aux premiers films de John Carpenter. Toutefois, il est dommage pour le récit, qu’une bande-son tonitruante à tendance métal soit utilisée pour renforcer l’impact des attaques. De même que pour l’épilogue qui cède à la facilité en ayant recours à des schémas conventionnels.

Constituant une réussite dans le genre, le long métrage de Danny Boyle assimile avec subtilité toutes les références citées plus haut et tient en alerte jusqu’à ce que la terreur vienne vous happer. D’ailleurs, il vaut mieux prévenir que certaines scènes d’une barbarie extrême sont à déconseiller aux âmes trop sensibles même si elles ne sont que suggestives. En tous cas, gare aux sensations fortes ! 

Fabien Rousseau

 

2°)AVIS

Attention ! Préparez-vous à vous retrouver dans un état de stress avancé, en proie à des convulsions de peur incontrôlables, et les mains horriblement crispées sur les accoudoirs du fauteuil !

Dans un laboratoire, des chimpanzés en cage servent de cobayes à d’innommables expériences scientifiques. Soudain, une poignée d’individus inconscients, emportés par leur conviction de défenseurs des animaux, libèrent tous les chimpanzés… Mais ceux-ci, contaminés par un virus mystérieux et atteints d’une rage folle furieuse, se précipitent sur leurs bienfaiteurs et les réduisent en miettes en quelques secondes…

28 jours plus tard, Jim, allongé dans une chambre d’hôpital, se réveille d’un coma profond pour plonger dans un réel cauchemar : il découvre que dans l’hôpital, dans Londres, dans toute l’Angleterre, il n’y a plus personne. Terrible sensation de se sentir seul au monde. Face à ce drame incompréhensible, il part à la recherche d’explications : la population semble avoir été décimée par un mal foudroyant et d’une horreur inqualifiable. Il ignore encore qu’à chacun de ses pas, il risque de tomber sur un de ces « contaminés », têtes-chercheuses mues par une soif irrépressible de massacre… 

«28 jours plus tard» suinte l’angoisse de bout en bout, sème l’épouvante, frôle le gore sans jamais tomber dans ce registre facile pour malmener le spectateur. Les plans sur les corps tuméfiés et livides font froid dans le dos ! La violence de ce film -qui est indéniable, gare aux âmes sensibles et aux cardiaques !- n’est pas gratuite mais entièrement justifiée par le propos. Et Danny Boyle réussit à nous emmener, l’angoisse vissée au cœur, aux côtés de Jim dont la quête semble à la fois perdue d’avance et dénuée de sens. Aller où ?

Grâce au travail exceptionnel au niveau de la photographie et de la lumière (saluons au passage le talent de l’équipe du film), Danny Boyle réussit à maintenir en nous une peur latente menaçant de nous pétrifier à chaque instant dans la crainte de ce qui peut ou va surgir de l’ombre. En effet, Danny Boyle choisit de suggérer, de ne dévoiler l’horreur que par des visions fugitives tout en nuances plutôt que de la montrer de manière crue, ce qui renforce notre traumatisme et développe ainsi la puissance des fantasmes de peur… Pas moyen d’échapper à l’emprise du film !

Seules certaines répliques, non dénuées d’humour dans pareille situation, nous permettent de relâcher quelques instants la tension devenue trop vive. Et de rares moments de joie laissent entrevoir une lueur d’espoir (mais rien qu’une lueur !) : vous n’avez jamais rêvé d’entrer dans un supermarché et d’avoir carte blanche pour remplir votre caddie de tout ce que vous désirez, sans même payer un centime ?!

Comme dans «La plage», Danny Boyle aborde le thème de la survie humaine dans une situation particulière, sans négliger la dimension des relations humaines entre les personnages : le capital émotion de «28 jours plus tard». S’entourant pour ce film d’acteurs inconnus du grand-public, il donne davantage de crédibilité à cette possible fin du monde et nous implique d’autant plus dans sa vision apocalyptique de l’Angleterre. Sans compter que les acteurs, et plus particulièrement Cillian Murphy (Jim), sont à ce point fascinants dans leurs rôles que nous basculons dans leur monde, que nous ressentons ce qu’ils ressentent sans même nous en rendre compte. 

Sans états d’âme, Danny Boyle s’attaque à la terrible question existentielle : «A-t-on encore des raisons individuelles de se battre pour survivre alors que c’est toute l’espèce humaine qui est menacée d’extinction ?». Un film de science-fiction aux allures de thriller qui nous embarque pour un voyage aux portes de l’enfer. Avec «28 jours plus tard», l’expression "vert de peur" prend un sens tellement réel qu’on en a la nausée ! 

Nathalie Debavelaere

 

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