19 décembre 2018
Critiques

300 : La naissance d’un Empire : La chute

Sorti en 2006, le « 300 » de Zack Snyder fut, a son époque, une petite révolution visuelle qui souleva néanmoins quelques critiques bien senties de par son traitement bas de plafond et son apologie d'une cité grecque qui, rappelons-le, fut une mine d'inspirations pour les plus grandes idéologies fascistes du XXème siècle. Alors qu'attendre de cette « suite parallèle » qui s'intéresse ici aux combats navals menés par les Athéniens lors de l'invasion de la Grèce par les perses et leur roi-dieu, Xerxès ? De plus, Snyder ayant quitté le navire, on était en droit de craindre un petit naufrage de la part d'un film qui se dirigeait gentiment vers une resucée en bonne et due forme mené par un illustre inconnu, Noam Murro.

Loin d'être inférieur à son prédécesseur (qui ne volait déjà pas très haut…), « 300 : la naissance d'un Empire » s'avère être plus respectueux de cette page historique primordiale de la Grèce antique. Le metteur en scène nous offre une introduction revenant sur les différents éléments ayant déclenché le conflit et pose des bases que « 300 » avait oblitéré pour se concentrer uniquement sur des scènes de baston époustouflantes.

De plus, un certain recul, non dénué d'intérêt, s'impose dans un contexte qui en a cruellement besoin. Sparte apparaît ainsi comme une cité aux pratiques guerrières extrêmes et Athènes comme le berceau de la démocratie, une cité fédératrice rêvant de réunir la Grèce (passons les velléités dominatrice de la grande cité qui ne sont pas évoqués).

Mieux écrit (même si certaines incohérences assez gênantes viennent miner la crédibilité du film), le film de Murro part ainsi d'un meilleur pied dans ses premières minutes. Surtout que l'introduction du personnage d'Eva Green offre une toute autre dimension au film, l'actrice excellant dans sa performance d'officier naval aussi belle que tyrannique.

Au bout d'une demi-heure cependant, le film s'essouffle bizarrement lorsque surviennent les scènes d'action sur mer. Loin d'être ratées, ces séquences font pourtant trop écho à la résistance spartiate du premier film en moins fou visuellement mais toujours aussi sanglant. Un sentiment de lassitude s'installe face à un scénario épique qui relève du déjà vu et qui se permet en plus de nous lâcher complètement sur un final abrupt et totalement raté. Enfin, le traitement des personnages athéniens est clairement laissé à l'abandon au profit de la principale attraction du film, Eva Green, le réalisateur ayant visiblement tout misé sur la plastique et l'aura de l'actrice sans que ce choix ne soit vraiment contestable, son personnage faisant résonance au héros du premier opus de par sa ténacité et sa soif de violence.

Pour les fans du premier film, cette suite semble s'imposer tout naturellement en s'attardant plus sur les enjeux de cette guerre historique et en nous livrant le fin mot de l'histoire lors de la célèbre bataille de Salamine. Pourtant, Noam Murro semble empêtrer dans sa volonté de faire du Snyder et ne doit son salut qu'à la présence d'Eva Green, l'actrice portant le film sur ses épaules mais ne pouvant néanmoins pas sauver un film qui recèle tout de même de nombreux défauts qui le parasitent à tous les étages.
Auteur :Cyprien Pleuvret
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