14 novembre 2018
Critiques

9 mois ferme : Cartoon trash

Une des comédies française parmi les plus drôles qu'il nous ait été donnée de voir depuis longtemps. Je n'avais pas pris autant de plaisir en salles depuis "La clinique de l'amour" du génial et regretté Artus De Perngern malheureusement parti trop tôt. Un casting en or et des rôles sur mesure. Mention spéciale à Nicolas Marié pour son rôle de Maître Trolos.

Albert Dupontel propose une histoire, certes drôle et un peu folle, mais aussi tendre et touchante avec un brin de morale (il ne faut jamais boire jusqu'à l'excès sous risque d'en subir les conséquences, et ce n'est pas parce que tous les éléments sont contre une personne qu'elle est forcément coupable… En gros, que ce soit l'humain ou la société : personne n'est parfait). Les seconds rôles, même si leur temps à l'image est parfois court voire trop court, sont tous aussi marquant que ce soit Philippe Uchan en juge De Bernard adepte des « coups sur la tronche »; Philippe Duquesne en légiste en pleine autopsie; Christian Hecq en flic à la gueule cassée ou encore Jean Dujardin lors de petites séquences de journaux télévisés où il apparaît en tant que traducteur en langage des signes et dont les gimmicks sont à hurler de rire me rappellant celles de mon maître à penser Pierre Desproges dans "Signé Furax"; Gilles-Gaston Dreyfuss en papy victime mutilé.

Retenons aussi les caméos sympathiques des réalisateurs Jan Kounen et Gaspar Noé en compagnons de prison de Bob et du grand Terry Gilliam en meurtrier psychopathe américain dont tout nous rappelle le terrible Charles Manson. Enfin, une Sandrine Kiberlain qui se lâche. Cela avait déjà été le cas dans le très bon troisième film de Marc Fitoussi : "Pauline détective".

"Neuf mois ferme" a donc ce petit truc en plus que je ne retrouve pas dans les précédents films de Dupontel, ce rythme et ce ton même dans sa façon de parler qu'il adoptait lors de ses premiers spectacles. Efficace, certes, mais un peu trop court comme souvent avec les films de Dupontel. Il n'empêche que j'ai adoré ce film pour son énergie cartoonesque et trash pleinement assumée et même revendiquée.
Auteur :Christophe Colpaert
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