15 décembre 2018
Critiques

A coup sûr : Ne pas y aller à coup sûr

Après "Jamais le premier soir", "A coup sûr" est la deuxième comédie romantique de l'année à célébrer les débuts d'une cinéaste française derrière la caméra et, là où le premier traitait assez bien les problèmes de cœur de notre société actuelle, le second loupe totalement le coche et s'enfonce, au fil des minutes, dans une bêtise abyssale que rien n'arrivera à sauver. Décryptage d'un premier essai cumulant toutes les fautes à ne pas faire pour la réalisation d'un film.

En premier lieu, le sujet du film. La scène d'introduction semble nous indiquer qu'il sera ici question d'une image paternelle pesante associée à une dimension de réussite sociale et de ténacité abusive, une course à la performance que devrait entamer, au vu du synopsis, l'héroïne de cette histoire à travers sa vie sexuelle . Et… bah non en fait, dix minutes plus tard, le film a déjà mis de côté cet aspect pour se concentrer sur des blagues de cul au ras des pâquerettes issus d'un quiproquo débile qui fera pourtant office de fil conducteur durant une 1h30 qui passe douloureusement. C'est simple, plus le film avance, plus on est en droit de se demander où veut en venir la réalisatrice qui clôt ce spectacle d'une nullité affligeante par une fin déplorable et attendue depuis le début (ou crainte, c'est selon…). Certes, l'héroïne tente de parfaire son endurance sexuelle mais par des moyens tellement loufoques et déplacés (la grande parade des clichés balourds) qu'au bout d'un certain temps le film est une vraie bouillie scénaristique. Donc si vous êtes venus pour vous taper une franche rigolade, inutile de préciser qu'il va falloir mettre votre exigence en veille.

Comme si le fait de faire un film aussi bête ne suffisait pas, tout le casting a décidé de soutenir Delphine de Vigan dans son entreprise de massacre cinématographique. Le pompon revient malheureusement à Laurence Arné, plus gros temps d'apparition à l'écran puisque personnage principale de cette boutade au combien déplacée. Respirant plus l'idiotie que l'intelligence prétendue d'une sur-diplômée, l'actrice, horripilante de bout en bout, apparaît comme le double à l'écran d'une réalisatrice en perdition. Eric Elmosnino fait le bellâtre de service, Valérie Bonneton comble du vide par du vide et le reste du casting est incapable de relever une histoire matérialiste au possible qui se termine aussi abruptement qu'une blague Carambar. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, les choix musicaux pour accompagner le film sont tout sauf de bon goût.

Une histoire bourrée d'incohérences et loupant complètement le coche mine un film qui ne partait pas gagnant. Incapable de sauver le navire, les acteurs se cantonnent à de gros clichés tellement imbéciles que ça en devient gênant. Pas drôle, ennuyeux et d'une absurdité indescriptible, "A coup sûr" est LA comédie à éviter en ce début d'année.
Auteur :Cyprien Pleuvret
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