22 janvier 2019
Critiques

A Ghost Story : Un ennui… mortel

Après le remake de "Peter et Elliot le Dragon", David Lowery change radicalement de style pour s'attaquer au thème de la mort et du deuil en revenant aux sources des représentations du fantôme, à savoir le drap blanc troué.

Comment vivre le deuil quand on est celui qui est mort ? Comment supporter le temps passer quand on est séparé de l'être aimé et comment endurer de le voir souffrir de l'absence de l'autre ? Telles seront les questions abordées dans le long-métrage. Si le principe n'est pas nouveau, on ne peut que souligner l'audace du réalisateur qui reprend les représentations enfantines du spectre, sans pour autant le tourner en ridicule. On ne peut également que reconnaître la beauté visuelle, car chacun des plans fixes est une photographie à lui seul.  La lumière et la composition s'avèrent à chaque instant recherchées et travaillées.

Toutefois, c'est bien là que le bât blesse. Sous couvert de simplicité, ce film contemplatif ampoulé sur le temps qui passe se révèle d'un profond ennui. A vouloir prétexté poésie et philosophie, chaque plan s'étire dans une longueur infinie ; à tel point qu'il en devient prétentieux et risible. Si prétentieux qu'il n'a pour ainsi dire de sens aucun, là où l'on voudrait crier au génie. Si prétentieux et maniéré qu'il faut pour cela le filmer en 4/3 pour apporter un semblant de profondeur à l'ensemble, l'un des nombreux artifices guindés et irritants du film.

Le point culminant de cette artificialité trop explicite étant la scène de la tarte, durant laquelle « M » (autre élément suffisant) la dévore en plan fixe pendant plus de dix minutes ; se croyant ainsi peut-être atteindre le summum du cinéma indépendant, on verse surtout dans l'autosatisfaction. Car, au final, le film se révèle aussi creux que les yeux béants de Casey Affleck.

L'idée de départ était magique, le résultat est agaçant et pompeux car trop conscient de son ambition à la Terrence Malick. Finalement, le temps paraît terriblement long... Cela, en effet, on ne peut le nier.
Auteur :Lucile Tallon
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