17 décembre 2018
Critiques

Brillantissime : Loin d’être brillant

Angela, bourgeoise blanche, a des problèmes. Du coup, elle parle à son chien, parce que son mari la quitte. Et quand elle peut, elle rend visite à son psy ou raconte simplement ses problèmes au marchand en bas de chez elle. Elle parle, elle parle. Mais jamais n'écoute. Régulièrement, elle se plaint auprès de la caution colorée du film, des femmes asiatiques, femmes de ménage et rien de plus. En un mot comme en cent : Angela est détestable. Dans un Dupontel, on aurait adoré la détester. Dans un Laroque, on veut nous faire croire qu'elle est gentille.

L'actrice incarne un personnage antipathique au possible. Égocentrique, bête, raciste, Angela concentre un nombre hallucinants de défauts sans même s'en rendre compte. Du coup, on se dit que sur la durée du film, elle va progresser, pour dire d'en faire un personnage sympathique. Et bien non. Apparemment, c'est une chic femme en l'état, alors pourquoi la changer ?

A l'écriture pathétique, on ajoutera un humour sans queue ni tête. Si on sourira à la seule et unique apparition d'un Pierre Palmade toujours attendrissant, l'utilisation du franglais à la Kev Adams et les quelques autres ressorts « comiques » (c'est un bien grand mot) finiront d'achever les derniers résistants à ce festival de moi, moi, mes amis, moi, mon chien, moi, moi, ma ville, moi, moi.

On a essayé, vraiment. On voulait lui laisser sa chance à ce "Brillantissime", imaginant que Michèle Laroque serait tout au plus inoffensive avec une caméra entre les mains. Pourtant, à l'arrivée, rarement vous ne rencontrerez un tel décalage entre les meilleures intentions du monde et le résultat le plus nauséabond qui soit. Un peu comme si Sean Penn se mettait en tête de parler de la guerre en Afri- oh, wait !


Auteur :Alexandre Dupret
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