18 décembre 2018
Critiques

Budapest : Une déconstruction intelligente de la comédie française actuelle

Il y avait de quoi être effrayé sur le papier : une énième comédie populaire française à gros budget où une bande de potes masculins compte faire les 400 coups dans un pays étranger. La peur de retrouver une compilation des pires blagues discriminantes était bien là et, si Xavier Gens commence son film de la sorte, c'est pour mieux nous surprendre avec une comédie assez amère sur l'adulescence. 

Avant de décoller pour Budapest, quelle surprise donc de voir Xavier Gens, réalisateur connu pour ses films d'épouvantes, prendre le chemin escarpé de la comédie. Un registre qui peut interpeller mais qui, dès les premières secondes, montre qu'il y a du cinéma là-dedans : on pense à Edgar Wright ou à Guy Ritchie, le metteur-en-scène usant d'effets clipesques et d'un montage dynamique. Ce qui lui donne un rythme frénétique, mais aussi, à la limite du supportable, puisqu'en raccord avec le mode de vie improvisé de ses trois personnages en crise d'adolescence. 

Car, là où ce "Budapest" s'avère étonnant, c'est dans sa volonté de mettre-à-mal cette adulescence. Ce duo de start-upers (Manu Payet et Jonathan Cohen) en quête de nouvelle jeunesse sera chamboulé tout au long du film, voyant leurs idéaux se désintégrer en plusieurs actions. L'obsession du virilisme et de la jeunesse pour ce duo tourne au ridicule et ce dernier sera vite battu par un autre duo, féminin, mené génialement par Alix Poisson et Alice Belaïdi.

Le film n'est donc pas une énième potacherie à la "Very Bad Trip" ou à la "Pattaya". Il part de ce type de comédies pour mieux poser son interrogation sur l'adulescence en 2018. Quelques blagues ont quand même du mal à passer à l'écran, c'est parfois long, mais, quand une comédie prend autant de soin pour raconter son histoire avec autant d'attachement, pourquoi bouder son plaisir ?
Auteur :Victor Van de Kadsye
Tous nos contenus sur "Budapest" Toutes les critiques de "Victor Van de Kadsye"