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CASABLANCA DRIVER

Un film de Maurice Barthélémy avec Maurice Barthélémy, Isabelle Nanty, Dieudonné, Sam Karmann et Chantal  Lauby.  

Sortie le 30 juin 2004.

 

 

 

Crédits photographiques : Mars Distribution.

Personne ne le comprend. Personne ne sait d'où il vient. Personne ne le prend au sérieux. Casablanca Driver est le plus mauvais boxeur de tous les temps ou du moins de cette année 1969. Suite à un malheureux concours de circonstances, "Casa" se retrouve face au champion de l'époque : Jimmy La Renta. Un combat totalement inégal à l'issue évidente et pourtant... Le miracle va peut-être avoir lieu.

K.O total !

Les Robins des Bois ne sont plus ce qu’ils étaient. On aimait leurs sketchs à l’humour décalé et atypique. On déteste leur maigre filmographie, hormis Jean-Paul Rouve, déjà césarisé. Encore un film qui nous a largement éneRRRrrrvés ! Passer du métier de comédien à celui de réalisateur n’est pas toujours une réussite. C’est le cas de Maurice Barthélemy, ex-Robin des Bois, qui s’est essayé, à tort, à cet art, très difficile. C’est pourquoi, même avec la meilleure volonté du monde, et si nous pouvons détester un film tout en reconnaissant sa parfaite réalisation, il est impossible d’encenser ce film. Même Studio magazine devrait avoir du mal à flagorner un de ces Robins des Bois (qui tiennent une chronique dans le mensuel). Si jamais ils le faisaient, ils perdraient évidemment toute crédibilité !

Sous prétexte de parodier une émission documentaire qui passe sur Paris Première, Hollywood Stories, Maurice Barthélemy s’enfonce dans un pseudo récit complètement soporifique. Pour situer le propos, Hollywood Stories raconte le destin de stars déchues, toujours en vie ou non, sur un ton, certes monocorde, mais qui ajoute à l’ambiance particulière, qui fait toute la qualité et le style de cette émission. Donc la parodier, ou l’imiter, ou la prendre comme toile de fond pouvait déjà passer pour prétentieux, mais s’en servir pendant une heure trente est absolument insoutenable.

En outre, le personnage de Casablanca Driver, campé par Maurice Barthélemy, réalisateur…euh…non…acteur, enfin les deux, le don d’ubiquité est toujours fascinant dans le cinéma, même si la réalisation n’implique pas d’être derrière la caméra, se veut attendrissant, mais agace, par ses onomatopées outrancières. Mais peut-être que Maurice Barthélémy, qui rappelons-le est acteur, réalisateur mais aussi scénariste n’a pas eu le temps de peaufiner… le rôle principal, autrement dit le sien : quelle humilité !

Oui parce qu’il faut tout de même admettre qu’il s’agit d’un film collégial et on ne pourra donc pas lui reprocher d’avoir eu l’altruisme d’appeler ses amis : Alain Chabat, Isabelle Nanty, Marina Foïs, Dieudonné, Elie Semoun. Evidemment il n’y a rien de plus humain, mais on ne sent que trop l’excès de distribuer un rôle, modestes soient-ils, à tout le monde. On ne s’en plaindra pas puisque Dieudonné est un régal : avec sa coiffure à la Jackson Five, il est incroyablement crédible en coach de ce boxeur minable, pour ne pas dire débile. On a aussi beaucoup apprécié le jeu toujours juste d’Alain Chabat en psychiatre, qui, au contact de Casablanca Driver, va révéler un subconscient enfoui voire inquiétant !

Avec un casting pareil, le film s’en trouve enjolivé, mais cela ne suffit pas, loin de là ! Les accessoires des années 70 ajoutent aussi un peu à la pseudo-fantaisie du film mais les accessoires ne font pas un film, même s’ils peuvent avoir une importance capitale. Enfin, quand on pense que Maurice Barthélemy s’est entraîné pendant deux mois, pour avoir les gestes des boxeurs, et qu’il a eu la mâchoire démantibulée par un vrai boxeur, présent dans le match final qui clôture Casablanca Driver, on comprend mieux pourquoi son personnage ne parle pas !

Laetitia Parent

 

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