K.O total !
Les
Robins des Bois ne sont plus ce qu’ils étaient. On aimait leurs
sketchs à l’humour décalé et atypique. On déteste leur maigre
filmographie, hormis Jean-Paul Rouve, déjà césarisé. Encore
un film qui nous a largement éneRRRrrrvés ! Passer du métier
de comédien à celui de réalisateur n’est pas toujours une réussite.
C’est le cas de Maurice Barthélemy, ex-Robin des Bois, qui s’est
essayé, à tort, à cet art, très difficile. C’est pourquoi, même
avec la meilleure volonté du monde, et si nous pouvons détester
un film tout en reconnaissant sa parfaite réalisation, il est
impossible d’encenser ce film. Même Studio magazine devrait
avoir du mal à flagorner un de ces Robins des Bois (qui tiennent
une chronique dans le mensuel). Si jamais ils le faisaient,
ils perdraient évidemment toute crédibilité !
Sous
prétexte de parodier une émission documentaire qui passe sur
Paris Première, Hollywood Stories, Maurice Barthélemy s’enfonce
dans un pseudo récit complètement soporifique. Pour situer le
propos, Hollywood Stories raconte le destin de stars déchues,
toujours en vie ou non, sur un ton, certes monocorde, mais qui
ajoute à l’ambiance particulière, qui fait toute la qualité
et le style de cette émission. Donc la parodier, ou l’imiter,
ou la prendre comme toile de fond pouvait déjà passer pour prétentieux,
mais s’en servir pendant une heure trente est absolument insoutenable.
En
outre, le personnage de Casablanca Driver, campé par Maurice
Barthélemy, réalisateur…euh…non…acteur, enfin les deux, le don
d’ubiquité est toujours fascinant dans le cinéma, même si la
réalisation n’implique pas d’être derrière la caméra, se veut
attendrissant, mais agace, par ses onomatopées outrancières.
Mais peut-être que Maurice Barthélémy, qui rappelons-le est
acteur, réalisateur mais aussi scénariste n’a pas eu le temps
de peaufiner… le rôle principal, autrement dit le sien : quelle
humilité !

Oui
parce qu’il faut tout de même admettre qu’il s’agit d’un film
collégial et on ne pourra donc pas lui reprocher d’avoir eu
l’altruisme d’appeler ses amis : Alain Chabat, Isabelle Nanty,
Marina Foïs, Dieudonné, Elie Semoun. Evidemment il n’y a rien
de plus humain, mais on ne sent que trop l’excès de distribuer
un rôle, modestes soient-ils, à tout le monde. On ne s’en plaindra
pas puisque Dieudonné est un régal : avec sa coiffure à la Jackson
Five, il est incroyablement crédible en coach de ce boxeur minable,
pour ne pas dire débile. On a aussi beaucoup apprécié le jeu
toujours juste d’Alain Chabat en psychiatre, qui, au contact
de Casablanca Driver, va révéler un subconscient enfoui voire
inquiétant !
Avec
un casting pareil, le film s’en trouve enjolivé, mais cela ne
suffit pas, loin de là ! Les accessoires des années 70 ajoutent
aussi un peu à la pseudo-fantaisie du film mais les accessoires
ne font pas un film, même s’ils peuvent avoir une importance
capitale. Enfin, quand on pense que Maurice Barthélemy s’est
entraîné pendant deux mois, pour avoir les gestes des boxeurs,
et qu’il a eu la mâchoire démantibulée par un vrai boxeur, présent
dans le match final qui clôture Casablanca Driver, on comprend
mieux pourquoi son personnage ne parle pas !
Laetitia
Parent
Le
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