16 janvier 2019
Critiques

Creed 2 : Mon ami Drago

La critique du film Creed 2

Par Christophe Dordain

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Michael B. Jordan.

On pouvait redouter le pire à l’annonce de la sortie de "Creed 2". En l’occurrence, l’exploitation jusqu’à plus soif d’une franchise dont on se demandait encore si elle pourrait générer des suites dignes de ce nom. Depuis 1976, on a quand même franchi la barre des 8 films !


Tout avait donc bien commencé pour cette nouvelle saga avec le très réussi "Creed, l’héritage de Rocky Balboa" qui était parvenue à relancer l'intérêt du public et à donner à Sly une nomination méritée à l'Oscar du meilleur second rôle. Qu’en est-il pour cette suite ?

Réponse en trois temps soit trois bonnes raisons d’aller voir "Creed 2" :

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Sylvester Stallone.

1 - Un classicisme assumé

L'histoire avant tout. Bien évidemment, il n’est pas question ici d’un quelconque renouveau dans la façon d'écrire le scénario. Les sagas "Rocky", et désormais "Creed", sont développées selon un schéma immuable : le temps de la provocation, celui de la défaite et enfin l’inévitable revanche que le spectateur attend avec impatience. Histoire d'avoir le sentiment, lui-aussi, de monter sur le ring afin de péter la tronche de l'adversaire de Rocky Balboa. Et maintenant d'Adonis Creed.

Trop classique me direz-vous ? Justement ! C’est dans ce classicisme structurel clairement assumé qu’il faut y voir le premier intérêt de "Creed 2". L’innovation dans l'écriture aurait certainement déroutée le public. Sylvester Stallone le sait mieux que quiconque pour avoir participer à son écriture.

Assumer un schéma scénaristique qui a fait ses preuves était une bonne idée. Les pisse-froids mués en détracteurs de "Creed 2", et en pseudos gardiens du temple, lui reprocheront un manque flagrant d’originalité. Tant pis pour eux !

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Back on the ring.

2- Une réalisation dans la continuité du premier volet

La facture de l’ensemble. Tout comme le premier "Creed" (qui avait déjà un rendu visuel de fort belle allure grâce au travail réalisé par Ryan Coogler), le second volet est solidement dirigé par Steven Caple Jr. Ce dernier continue à s’inscrire dans cette continuité de mise en scène qu’avait initiée John G. Avildsen en son temps. Et qui aura été reprise par Sylvester Stallone à maintes reprises.

Soyons clairs ! Dans ce type de projet, le metteur en scène sollicité ne peut être qu’aux ordres de la production. Il n’apportera pas ici une once de création personnelle. Tel n’est pas le but de ce type de film. Le schéma visuel, justement prévisible, participe du plaisir qu’à le spectateur à se retrouver à la maison en quelque sorte. Caple Jr l’a bien compris et mène l’entreprise avec le sérieux requis. On n'en attendait pas plus.

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Dolph Lungren.

3 - Dolph Lungren est le véritable héros du film

Dolph Lungren. La patine du temps, même s'il porte plutôt bien sa soixantaine, lui a conféré une dimension bien particulière. Et de capitaliser efficacement sur la nostalgie du public. Héros déchu depuis belle lurette, abandonné par son pays qui l'a relégué aux oubliettes (le temps du communisme triomphant des années 80 est passé) et par sa femme, Ivan Drago n’est plus que l’ombre de lui-même. Un très modeste entrepreneur en bâtiments. Voilà son destin. Or Drago a un fils qui s'avère être un redoutable cogneur tel son père. Il va être l’instrument de sa vengeance.

Dolph Lungren est-il au fond le véritable héros du film ? On peut résolument l’affirmer et c’est ce qui fait tout le sel de  "Creed 2" (qu’on aurait d’ailleurs pu intituler "Drago") au détriment d’un Sylvester Stallone remisé au rang d’icône, mais dont la présence à l’écran n’est plus aussi nécessaire que par le passé. Est-ce par ailleurs la volonté de Sly de se mettre définitivement en retrait ? On peut le supposer.

C’est donc une mécanique bien huilée que ce "Creed 2", sans originalité particulière il est vrai. Toutefois, le temps est maintenant venu de se dire qu’il faut s’arrêter. Tout a été dit et filmé concernant cette saga "Rocky" et son spin-off. Vouloir aller plus loin serait prendre le risque du ridicule. Même les héros de notre enfance finissent par se fatiguer et peuvent aspirer maintenant à un repos mérité.

Un petit codicille si vous me le permettez : on regrettera l'affiche française bien mal foutue et son slogan minable.

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