16 décembre 2018
Critiques

Dalida : Une réussite totale !

Il fallait s'en douter, mettre Lisa Azuelos et sa candeur midinette à la tête d'un biopic sur Dalida ressemblait beaucoup à une bonne idée. C'est bien plus que ça à l'arrivée : "Dalida" est un biopic crépusculaire, nostalgique et triste à en mourir, un clip incarné de deux heures qui emporte tout sur son passage.

Découpant le récit en succession de scènes illustrées par la musique de Dalida, le film a davantage la structure narrative d'un Fantasia où le répertoire de la chanteuse égyptienne aurait remplacé la musique classique qu'à un biopic empaillé Wikipédia. Car "Dalida" a quelque chose qu'avait aussi le "Saint Laurent" de Bertrand Bonello : il capte l'énergie d'un laps de temps plutôt qu'il n'illustre bêtement la vie de son héroïne en hagiographie plan-plan.

Même le défilé de sosies habituel – d'ordinaire assez ridicule – apparaît ici étonnamment retenu (Vincent Perez, trop rare à l'écran est génial en Eddie Barclay, Nicolas Duvauchelle parfaitement ridicule en mondain alchimiste est au top) et surtout profondément juste. Le tout ressemblant à un tourbillon ininterrompu de visages bienveillants, gravitant autour de Dalida, campée par une Sveva Alviti, parfaite inconnue, mannequin et révélation du film.

Mais à vrai dire, le vrai personnage du film c'est la musique de "Dalida", que l'on redécouvre ici illustrant une photographie brumeuse et des tranches de vie filmées en clips aériens façon "Spring Breakers" de Harmony Korine, que l'on se surprend à trouver meilleure que dans nos souvenirs, que l'on ne soupçonnait pas si triste et annonciatrice du drame à venir. Parce que "Dalida" c'est l'histoire d'une femme née pour ne jamais être heureuse, vivant sa vie à deux-cent à l'heure pour arriver plus vite au bout.

"Dalida" est un film-massue, ultra-féminin, classe et bouleversant. Et on ne soupçonnait pas Lisa Azuelos de savoir faire ça : son film est une réussite totale !
Auteur :Mickael Vrignaud
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