13 décembre 2018
Critiques

Daphné : Portrait de femme au goût d’inachevé

"Daphné" se trouve être le deuxième film de ces deux dernières semaines, faisant le portrait d'un personnage féminin dans un style un peu douteux que celui de "Katie Says Goodbye". En effet, "Daphné" est l'étude d'une anti-héroïne moderne pour un premier long-métrage que l'on doit au réalisateur écossais Peter Mackie-Burns. Ce personnage refuse de se conformer et se ranger dans une vie organisée et soignée.

Telle une anti-Bridget-Jones des temps modernes, "Daphné" est une description très réaliste d'un nouveau genre d'héroïne, très populaire de nos jours : la célibataire (très) endurcie, buvant du whisky, prenant quelques substances illicites, mais finissant toujours ses soirées, après avoir visité brièvement le lit d'une nouvelle conquête, mangeant des ailes de poulets frites devant des photos de Ryan Gosling. Puis, un jour, elle se trouve bousculée par un acte de violence gratuit perpétré devant ses yeux, comme si ce nouvel évènement pourrait potentiellement changer en bien ou en mal sa vision de la vie.

Ce qui sépare Daphné d'autres héroïne au cinéma, est le fait que la plus grande tragédie de sa vie reste encore à venir, cette dernière ne lui appartenant même pas. Cependant, ce film reconnait brillamment le moment précis dans chacune de nos vies où un accident nous change à jamais ; "Daphné" respecte et comprend pourquoi ces moments nous changent. D'où le temps d'adaptation de Daphné aux modifications apportées dans sa vie, et à quel point elle est troublée. De plus, à aucun moment Daphné n'est décrite, ni moralisée comme une personne mauvaise à qui il arrive de mauvais coups, et essayant de trouver une rédemption à tout prix.

C'est donc ici un film modeste, une pause-café plutôt qu'un vrai repas à proprement parler. C'est une histoire simple, presque typique dans ce genre de cinéma, d'une jeune femme mettant la charrue avant les bœufs, ayant besoin de se rendre compte qu'elle se fiche de tout pour arrêter de se comporter comme si elle prenait tout au sérieux. Arrêter d'agir comme si cela avait une importance spéciale pour avancer dans la vie.                     

Enfin, quand le générique apparaît, Daphné se présente plus telle une fille que vous avez croisée en soirée dans la boite de nuit où vous vous trouvez ce soir-là et c'est tout...
Auteur :Alexa Bouhelier-Ruelle
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