21 novembre 2018
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Dark Water : Critique n° 2

Floc, floc ! Et plouf  !   

Walter Salles est un bon réalisateur. Auteur de Carnets de Voyage et de La Cité de Dieu, il s'embourbe ici dans un genre qui n'est pas le sien : le film de commande. Rageant, surtout lorsqu'on sait qu'il travaille sur une adaptation du roman culte de Jack Kerouac, Sur la route, en collaboration avec Coppola. Dark Water en devient encore plus navrant. Le film est mauvais. Et ralentit Walter Salles dans un projet bien plus sérieux et plus excitant qu'un simple remake.

Dark water n'est qu'une check-list transmise au réalisateur par le distributeur :

- Plans de la caméra de surveillance aux tons verdâtres… OK

- Personnage très très inquiétant (ici le concierge de l'immeuble)… OK

- Mère seule donc vulnérable… OK

- Fantômes ayant l'apparence d'enfants, si possible des jumelles… OK

- Héroïne s'arrachant les cheveux en criant à la mort… OK

- Décors glauques… OK

- Elément traumatisant du passé… OK

- Enfance difficile… OK

- Comptine enfantine répétée à l'infini si bien que cela devient flippant… OK

- Murmures qui répètent en boucle quelques mots… OK   

Vous l'aurez compris. Dark Water est une compilation de tous les stéréotypes du genre. Jennifer Connelly incarne une mère divorcée qui loue avec sa petite fille (agaçante dans la version française) un appartement dans une barre HLM, sur une île en plein New York. Seule l'esthétique et la symbolique des lieux peuvent paraître bien choisies. Mais l'émerveillement quant à l'aspect lugubre de l'immeuble tient éveillé le spectateur quelques minutes, pas plus. Après, c'est la noyade. Que s'est-il passé dans la tête de Walter Salles ? C'est la seule question que l'on se pose pendant ce remake du film japonais du même nom.

Toutes les gesticulations du scénario sont vaines. A vrai dire, on s'en fiche de savoir qui est cette Natacha et même d'où vient toute cette eau sombre. Les trépignements de Jennifer Connelly n'y changeront rien. C'est de rythme que manque Dark Water. Toute cette flaque a bien du mal à s'écouler et la fin ouverte achève tout courageux qui se trouverait encore dans la salle. Entre Ring (les événements présents réveillent les questions et les mystères du passé…souvenez-vous du puits), Les Autres (le huis-clos et la mère hystérique) et Deux Sœurs (qu'est-ce qui est plus effrayant qu'un enfant ? … deux enfants !), ce Dark Water souffre de la concurrence. D'autant que le film de Hideo Nakata n'avait absolument pas besoin de cette copie.   

Moralité : n'oublie pas de fermer le robinet en partant !
Auteur :Matthieu Deprieck
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