1°)AVIS
Filmé
il y a deux ans lors de son propre séjour à la villa Médicis,
ce film est en fait le premier long métrage de Rodolphe Marconi
(Ceci est mon corps) dont il ne devait initialement pas tenir
le premier rôle. Et avouons qu’il sent sort plutôt bien en tant
que comédien.
Certes, Marconi et son
personnage Bruce, contrairement à de pénibles alter ego, demeure
attachant : il fume, boit, baise, écrit, souffre, oui, mais
parfois il sourit. Merci Marconi (qui physiquement vous évoquera
peut-être un Sacha Bourdo, en plus sensible et plus intelligent).
Toutefois, on n’évite pas
le premier film narcissique à demi autobiographique, « souvenirs
de vacances » dont on se fout quelque peu. Les 90 minutes
(voire plus) de Défense d’aimer sont résolument trop longues.
Quand en plus le jeune réalisateur nous dit qu’il a « essayé
de filmer Rome de la façon la moins attendue possible »,
vous pouvez le croire : tremblements et flous sont au programme
de la courte visite de la Ville éternelle.
Le manque, les désordres
affectifs et la perte de repères sont assez bien rendus d’autant
que le lieu et les personnages s’y prêtent. Mais l’on est jamais
vraiment intéressé par cette histoire très personnelle.
Premier film mineur d’un
jeune réalisateur, Défense d’aimer s’oubliera vite, sans pour
autant en oublier l’auteur.
Alessandro
Di Giuseppe

2°)AVIS
Ce
premier film laisse une impression mitigée. On oscille entre irritation
et admiration. La plupart du temps, malheureusement, on pourrait
dire du film qu'il ne s'agit que des pérégrinations maniérées
et mystico-érotiques d'un nostalgique de la nouvelle vague parisienne.
Le ton du film, un tantinet nombriliste, son intrigue amoureuse
façon "je t'aime, moi non plus", les plans maniérés de la statuaire
romaine et religieuse, tout cela est peut-être un peu trop présent...
Et malheureusement cela peut faire oublier les quelques scènes
justes et poignantes qui surgissent parfois de ce flou esthétisant.
La
solitude du personnage de Bruce, sa quête naïve et salutaire d'un
amour sincère qui comblerait le vide affectif de sa vie, le malaise
qui affleure quand il évoque la rupture avec ses parents et la
disparition de son frère... Dans ces moments, le film abandonne
les artifices et nous livre de sobres et grands moments d'émotions
pures. On est touché par ce jeune homme désorienté qui croit dur
comme fer à l'amour, simple et vrai, mais qui se heurte à un monde
de perversité et de mort en s'attachant à ce mystérieux Matteo,
statue romaine qui semble avoir pris vie.
Enfin,
même si Défense d'aimer agace tout autant qu'il peut séduire,
signalons tout de même une scène d'amour homosexuelle toute en
finesse, révolutionnaire dans le sens où, au delà de l'aspect
charnel, Marconi parvient à saisir la pureté des sentiments et
le besoin d'affection qui sous-tendent la simple étreinte physique.
Benjamin
Thomas
Le
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