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DEFENSE D'AIMER

Un français de et avec Rodolphe Marconi et Andréa Necchi.

Sortie le 16 octobre 2002.

 

 

 

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Bruce, cinéaste en herbe, a la chance d'entrer comme pensionnaire à la villa Medicis à Rome. Là, dans la solitude d'une retraite créatrice quasi-religieuse, ses fêlures se révéleront. On découvre alors un jeune homme fragile, qui cherche désespérément amour et affection, et qui pense les trouver en la personne du beau Matteo, jeune stagiaire à la bibliothèque de la Villa Medicis qui se verrait bien écrivain. 

1°)AVIS

Filmé il y a deux ans lors de son propre séjour à la villa Médicis, ce film est en fait le premier long métrage de Rodolphe Marconi (Ceci est mon corps) dont il ne devait initialement pas tenir le premier rôle. Et avouons qu’il sent sort plutôt bien en tant que comédien. 

Certes, Marconi et son personnage Bruce, contrairement à de pénibles alter ego, demeure attachant : il fume, boit, baise, écrit, souffre, oui, mais parfois il sourit. Merci Marconi (qui physiquement vous évoquera peut-être un Sacha Bourdo, en plus sensible et plus intelligent). 

Toutefois, on n’évite pas le premier film narcissique à demi autobiographique, « souvenirs de vacances » dont on se fout quelque peu. Les 90 minutes (voire plus) de Défense d’aimer sont résolument trop longues. Quand en plus le jeune réalisateur nous dit qu’il a « essayé de filmer Rome de la façon la moins attendue possible », vous pouvez le croire : tremblements et flous sont au programme de la courte visite de la Ville éternelle. 

Le manque, les désordres affectifs et la perte de repères sont assez bien rendus d’autant que le lieu et les personnages s’y prêtent. Mais l’on est jamais vraiment intéressé par cette histoire très personnelle. 

Premier film mineur d’un jeune réalisateur, Défense d’aimer s’oubliera vite, sans pour autant en oublier l’auteur.

Alessandro Di Giuseppe

2°)AVIS

Ce premier film laisse une impression mitigée. On oscille entre irritation et admiration. La plupart du temps, malheureusement, on pourrait dire du film qu'il ne s'agit que des pérégrinations maniérées et mystico-érotiques d'un nostalgique de la nouvelle vague parisienne. Le ton du film, un tantinet nombriliste, son intrigue amoureuse façon "je t'aime, moi non plus", les plans maniérés de la statuaire romaine et religieuse, tout cela est peut-être un peu trop présent... Et malheureusement cela peut faire oublier les quelques scènes justes et poignantes qui surgissent parfois de ce flou esthétisant.

La solitude du personnage de Bruce, sa quête naïve et salutaire d'un amour sincère qui comblerait le vide affectif de sa vie, le malaise qui affleure quand il évoque la rupture avec ses parents et la disparition de son frère... Dans ces moments, le film abandonne les artifices et nous livre de sobres et grands moments d'émotions pures. On est touché par ce jeune homme désorienté qui croit dur comme fer à l'amour, simple et vrai, mais qui se heurte à un monde de perversité et de mort en s'attachant à ce mystérieux Matteo, statue romaine qui semble avoir pris vie.

Enfin, même si Défense d'aimer agace tout autant qu'il peut séduire, signalons tout de même une scène d'amour homosexuelle toute en finesse, révolutionnaire dans le sens où, au delà de l'aspect charnel, Marconi parvient à saisir la pureté des sentiments et le besoin d'affection qui sous-tendent la simple étreinte physique.

Benjamin Thomas

 

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