17 novembre 2018
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Furtif : Critique n° 1

N'y allons pas par quatre chemins : Furtif est probablement ce que le cinéma d'action américain a engendré de moins excitant depuis le pitoyable XXX 2, redéfinissant du coup (mais pour combien de temps ?) le zéro absolu en matière d'interprétation, de mise en scène et d'effets spéciaux. A l'heure où sort The Jacket, thriller fantastique qui voit son héros voyager dans le temps grâce à la force de l'esprit, Furtif nous propose une autre forme de voyage ou plutôt de regression. Un retour à l'époque des productions Chuck Norris et Cannon group, un flash back sur la décadence des années 80 fait de Invasion USA et Portés disparus 1, 2, 3 et 4.

Présenté tel quel au cinéma, Furtif fait immédiatement penser à une version live et premier degrès de Team America : world police. De sympathiques américains (pilotes de la Navy qui plus est) sont confrontés aux défaillances d'un super avion de chasse crée pour assurer la lutte anti terroriste. Quand l'Homme périt par la pointe de son épée... Sur cette bouleversante réflexion métaphysique qui pose des questions existentielles majeures sur l'utilisation de l'intelligence artificielle, Rob Cohen tisse un film d'action d'une bêtise rare. Le scénario lui même a l'air d'avoir été écrit par un ordinateur chargé d'appliquer les formules établies par les p'tits gars du marketing. L'équation est simple : une pouffiasse en maillot de bain (Jessica Biel, aux portes du néant) + un quota black (Jamie Foxx, prié de rendre immédiatment son oscar pour Ray avec une lettre d'excuse) + un beau gosse (Josh Lucas, version hard de Ben Affleck) + un méchant (le vilain n'avion) et enfin un max d'effets numériques qui kiffent grave pour plaire aux d'jeuns qui sont la "target cible" de ce market digital product = gros carton au box office !

Raté : Furtif est le plus gros bide de l'été aux USA comme dans le reste du monde. Un fait presque rassurant face à ce désastre de tous les instants qui ose de plus jouer sur une propagande putride des grandes valeurs de l'armée américaine. Sous Michael Bay sans âme et sans talent, Rob Cohen filme des acteurs en perdition tout en imposant une intrigue qui repousse dangeureusement les limites du ridicule (le héros va de l'Alaska à la Corée du nord en 7 minutes 32, le super furtif identifie des empreintes digitales à 5000 kilomètres de distance...). Dans un blockbuster de cet acabit, ces incohérences seraient encore pardonnables si le réalisateur ne ratait pas systématiquement tous les morceaux de bravoure. Ainsi, les scènes d'action s'avèrent très décevantes car filmées n'importe comment. Là où les combats aériens de Top gun jouaient la carte du "réalisme" (comprenez de vrai avions réalisaient de vraies acrobaties) Furtif, génération numérique oblige, joue lui la carte des fonds bleus et des mauvaises images de synthèse. Pour arranger le tout, Cohen cherche à masquer ses piètres effets par un montage cut totalement incompréhensible.

Une tentative bien désespérée et surtout bien inutile. Il n'a donc rien à sauver de ce naufrage filmique affligeant. Furtif est consternant de bout en bout : FUYEZ !!!
Auteur :Frédérick Lanoy
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