15 décembre 2018
Critiques

Geostorm : Un film catastrophe traditionnel

Le film catastrophe est un classique à Hollywood. "Geostorm" est le dernier en date. A une époque où la réalité est de plus en plus en concurrence avec la fiction, il est difficile de se renouveler. C'est donc une nouvelle fois le dérèglement climatique qui est au cœur de ce long-métrage.

Pour contrer la rébellion de mère nature, les nations du monde se sont unies afin de mettre en place un réseau planétaire de satellites qui peuvent contrôler le climat. Tout se passe à merveille jusqu'au jour où le réseau se met à dysfonctionner. Voilà de quoi amener des images « spectaculaires » d'une plage brésilienne traversée par un blizzard qui vous congèle sur place par exemple.

Il faut dire que le réalisateur Dean Devlin a une expérience certaine en matière de films "spectaculaires". Il fut en effet le scénariste de Roland Emmerich pour la plupart de ses grands succès tels "Independence Day", "Stargate" ou "Godzilla". Cela date un peu mais le cinéaste, désormais derrière la caméra, n'a pas perdu la main, bien aidé par sa fille de six ans qui lui a glissé l'idée de base du scénario, une machine qui contrôle le climat. Vous avez bien lu ! C'est une gamine de six ans qui a donné naissance au film ! Dès lors, tempête sous un crâne pour le réalisateur qui a dû étoffer l'idée pour y associer tous les éléments du genre. Et ils sont bien là. Un héros tourmenté, la famille du héros priant pour son retour, une équipe unie face à l'adversité, l'idée du sacrifice et le soulagement final, le film respecte la tradition appliquée depuis deux décennies par ses aînés à l'image de la scène de sauvetage d'un chien au milieu du chaos, un « must have » pour tout film catastrophe.

Dans les grandes lignes, sans trop en dire (le genre étant suffisamment prévisible), il y a donc tous les ingrédients d'un bon film catastrophe qui vous plaira si vous en êtes amateur. Les essentiels effets spéciaux sont nombreux et de correcte facture. Ce n'est donc pas un désastre même si ce n'est pas non plus une franche réussite. La faute à une dramaturgie trop superficielle et à un casting en service minimum. A l'image de Gerard Butler, l'acteur devenu spécialiste des missions catastrophes, en restant toujours aussi émotif qu'un soldat de la garde anglaise en exercice. Qu'il soit un garde du corps du président américain, ou ici un ingénieur capable de sauver la planète, il lui faut sa dose d'adrénaline, sa petite baston, son moment héroïque et juste une pincée de sentiments et d'émotions, ne pouvant pas faire mieux sur ce point.

Pour aller plus loin, les limites du film sont évidentes au regard de son parcours. "Geostorm" a subi une extension de montage, la mise en boîte de nouvelles scènes, et des retards à n'en plus finir. Prévu pour fin 2016, la sortie du film a été décalée trois fois par la Warner. Le studio a limité les dégâts dans la communication, le marketing, et a même dû faire profil bas, alors que les USA, en septembre, étaient frappés par des ouragans à la violence sans précédent, sur la côte Est. Son exploitation en Chine fut bien meilleure, preuve que le long-métrage de Dean Devlin n'est pas dénué de qualités, mais ses dernières sont néanmoins bien trop basiques pour sortir du lot d'un genre qui a bien du mal à se renouveler.

"Geostorm" rempli son contrat de film catastrophe pour un public qui aime ça, avec, qui plus est, un message destiné à sensibiliser quelque peu les spectateurs sur la nécessité d'une coopération internationale pour se prémunir de telles catastrophes. Une intention facile mais louable. Difficile, en effet, de ne pas constater que la réalité semble de plus en plus rattraper la fiction concernant les catastrophes liées au réchauffement climatique...
Auteur :François Bour
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