14 novembre 2018
Critiques

I Feel Good : Une comédie attachante

On les avait quitté en plein Salon de l'Agriculture il y a deux ans, le duo Délepine/Kervern revient au cinéma avec "I feel good". Une lutte caustique entre deux idéologies : l'entre-aide menée par une directrice de centre Emmaüs, sous les traits de Yolande Moreau, et la « start-up nation » incarnée par Jean Dujardin. Et comme le titre l'indique, on se sent bien à la fin de cette séance !

Une chose que l'on adore dans le cinéma du duo grolandais, c'est l'optimisme qui se dégage de leurs films. "Saint-Amour" partait du mal-être sentimental de ces trois générations faisant la route des vins pour finir vers une bienveillance chaleureuse, "I Feel Good" évoque, quant à lui, la difficulté de deux idéologies sous les traits d'un frère et sa sœur. L'un se sert de la gentillesse de sa sœur et ses partenaires bénévoles pour créer sa petite start-up (Une agence de chirurgie esthétique « low-cost ») , l'autre se dévoue corps et âme pour aider les plus démunis, y compris son profiteur de frère. La situation aurait pu être chaotique, elle offre portant une solution vers un monde meilleur.

Et à partir de cette lutte, le duo signe une comédie cinglante tout en demeurant particulièrement attachante. Leur patte surréaliste est toujours présente, mais, là où l'on perd un peu en tendresse (sans que cela soit définitif), le film gagne à être plus méchant sans tomber dans la cruauté. Voulant parvenir à ses fins coûte que coûte, le personnage de Jacques n'hésite pas à tomber dans la méchanceté la plus basse envers ses potentiels clients. A ce propos, le choix de Jean Dujardin aura été parfait. Connu pour ses rôles de héros pleins de défauts, le comédien s'intègre à la perfection dans ce cinéma atypique sans jamais écraser la présence de sa camarade Yolande Moreau, ni les acteurs non-professionnels très nombreux au sein de ce film.

Certains pourraient pointer du doigt le manque de subtilité de l'ensemble, notamment en ce qui concerne la lutte des idées montrée très explicitement (ruines d'un lieu communiste, la dernière partie du film est provoquée par l'arrivée d'une Ferrari, etc...), mais ce n'est pas ça qui compte au final dans "I Feel Good". Ce qui importe, c'est que ce message bienveillant sur l'entraide soit compris au final.

Comme d'habitude, on se plaît donc à suivre ces personnages chez Délepine et Kervern. "I Feel Good" est parfois méchant dans son humour, mais se trouve doté d'une grande force humaniste faisant chaud au cœur. Et c'est sans doute cela qui fait la force de ce cinéma : constater un monde peu ouvert envers ces personnages pour s'y échapper ensuite et offrir une solution.
Auteur :Victor Van de Kadsye
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