16 décembre 2018
Critiques

Insidious : la dernière clé : N’est pas James Wan qui veut

En 2010 sortait "Insidious", réalisé par un James Wan qui renouvela le genre horrifique en piochant dans ce qui se faisait de mieux dans les années 80 et en ajoutant une technique moderne. Un "Chapitre 2" vu le jour en 2013. Leigh Whannell, le scénariste de ces deux premiers films, a eu l'intelligence de les lier à l'aide de deux scénarii qui se complètent parfaitement. Le tout a créé un univers très cohérent. Puis un "Chapitre 3", en 2015, avec, à la réalisation, notre Leigh Whannell qui continue également d'assurer le scénario. Un opus légèrement en dessous, mais qui proposait plusieurs idées de mises en scènes originales. Pour la réalisation, Whannell c'est fortement inspiré de Wan, avec plus ou moins de tact. Malheureusement, le final laissait grandement à désirer.

Pour continuer le filon, la production a choisi Adam Robitel pour réaliser le 4eme film. Toujours avec Whannell au scénario. Robitel c'est fait un petit nom en réalisant, 4 ans auparavant, "L'Etrange Cas Deborah Logan". Et laissez-moi vous dire que ce quatrième volet de "Insidious" n'est pas très fameux.

Déjà l'un des plus gros défauts du film consiste à prendre des personnages déjà connus, à savoir Elise et ses deux compères, et de les inclure dans une histoire qui se passe avant les deux premiers films. On sait donc pertinemment qu'ils vont tous s'en sortir à la fin et le spectateur perd beaucoup en tension. Le "Chapitre 3" était aussi un préquel, mais il avait l'intelligence d'axer son histoire sur les nouveaux personnages.

A l'instar de ses prédécesseurs, ce 4eme opus se concentre beaucoup sur le traitement des personnages. Elise, la médium, est la vedette du film. Elle a le droit à son origine story, contant son enfance ainsi qu'un retour sur sa vie, ses problèmes et ses enjeux en tant que médium. Malheureusement, l'écriture des personnages laisse à désirer. On tombe assez souvent dans le niais et certaines scènes semblent forcées et peu crédibles. On ressent beaucoup trop l'écriture derrière l'histoire et de ce fait, celle-ci ne semble pas fluide. Les dialogues les mieux écrits sont les touches d'humour, ce qui, vous en conviendrez, est étrange pour un film d'horreur. 

Il est temps d'évoquer maintenant la réalisation. Celle ci ne se démarque jamais, tout semble fade et aucune idée de mise en scène ne vient combler le manque d'innovation graphique. On ressent bien quelques tentatives de copier James Wan, mais ces dernières sont toujours prisent en sandwich par des scènes peu marquantes ou même carrément clichées.

Qui dit film d'horreur dit Jumpscare. Son utilisation est très étrange durant tout le long-métrage. Presque de l'abus en début de film puis, plus le film avance, plus son utilisation s'estompe pour laisser place à de l'horreur qui prend son temps. Justement, elle prend un peu trop son temps et du haut de ses 1 h 44, le film semble s'étirer au 3eme acte.

Au final, l'histoire fonctionne, mais son classicisme ainsi que la réalisation qui ne l'appuie pas du tout, ne permettent pas à ce quatrième volet de la saga "Insidious" d'être au rang de ses aînés.
Auteur :Arnaud Couture
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