10 décembre 2018
Critiques

Jersey Boys : Une bonne partition, donc, mais pas un tube.

Depuis un moment déjà, un film de Clint Eastwood, le réalisateur, cela a de quoi titiller la curiosité. Lorsqu'il s'aventure sur les chemins de la comédie musicale, cela intrigue. Et Jersey boys parvient à tenir la note, à surprendre en mélangeant les genres.

Trois ans ! C'est le temps qu'il aura fallu pour retrouver Clint Eastwood avec sa casquette de réalisateur, 36 mois se sont écoulés depuis J. Edgar, son précédent film. Une éternité pour le réalisateur américain hyperactif et ses 11 films en 11 ans depuis 2000 ! Clint revient derrière la caméra et dans un genre qu'il n'avait pas abordé jusque-là : la comédie musicale. Jersey Boys est en effet l'adaptation d'un show de Broadway suivant quatre garçons issus d'un milieu modeste, montant le groupe "The Four Seasons", devenu mythique dans les années 60. Que les sceptiques se rassurent, il n'est pas nécessaire de connaitre le groupe pour s'intéresser à ce Biopic. Bien au contraire car vous découvrirez sans doute que la discographie ne vous est pas inconnue et ce dès le début du film. Les premières minutes qui rassurent le spectateur car Clint Eastwood se met peut être à la comédie musicale mais sans pour autant renoncer à son cinéma, ses forces. Pas question donc de voir des séquences musicales qui s'enchainent. Ce qui intéresse le réalisateur américain, ce ne sont pas les chanteurs, ce sont les hommes.

Si les scènes de spectacle sont mises en scène avec brio, Clint Eastwood se défend lui-même avoir fait une véritable comédie musicale et il est vrai qu'au-delà des performances du groupe, c'est les relations au sein de ce dernier qui apparait le plus souvent.  Comme le dit l'un des membres en s'adressant au spectateur, à cette époque il n'y a que deux moyens de s'en sortir : Faire partie de la mafia ou devenir célèbre, or les membres des « four seasons » sont des garçons du new jersey qui ont un lien avec la mafia (incarnée par le charismatique Christopher Walken) tout en devenant célèbre par la suite. Un parcours intéressant donc surtout pour trois des quatre hommes du boysband. Alors oui  ce groupe-là à quelque chose de fascinant, par l'influence de leur discographie d'abord et par la personnalité de ses membres. Cela dit, si le réalisateur oscarisé avoue ne pas avoir réellement proposé une comédie musicale, pourquoi à t'il fait le choix des acteurs en fonction de leur voix et non de la qualité de leur jeu d'acteur. Car si le film est pénalisé par des séquences trop lisses et trop longues, ce n'est pas uniquement un problème de scénario, c'est surtout par le manque de charisme des acteurs. A l'exemple de John Lloyd Young qui interprète Frankie Valli sur scène et qui reprend son rôle à l'écran. Il a une voix d'ange mais un jeu limité. Les séquences musicales sont d'ailleurs bien plus agréables et cela n'a rien d'étonnant.

D'ailleurs Clint Eastwood referme « Jersey Boys » avec une chanson emblématique des débuts du disco, dans un générique tonitruant où tous les acteurs/personnages du film exécutent une joyeuse chorégraphie groupée, dans la grande tradition des comédies musicales… et de ce point de vue, contre toute attente, Clint dégaine un film qui tient la note, avec une B.O bien agréable, une réalisation sans fausse note, avec une bonne reconstitution de l'époque. Une bonne partition, donc, mais pas un tube.

Auteur :François Bour
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