19 décembre 2018
Critiques

Jumanji : Bienvenue dans la jungle : Le retour de la magie

"Dans la jungle tu attendras, un cinq ou un huit te délivrera...". Rappelez-vous, c'était le sort subi par Alan Parrish aspiré par le jeu "Jumanji" dans la version de 1995 de l'adaptation cinématographique du livre pour enfants de Chris Van Allsburg. Cette fois-ci, nous sommes bien en 2017 et ce ne sont pas les jeunes Judy et Peter qui sauvent Alan, mais quatre jeunes lycéens que tout oppose et qui vont devoir venir au secours d'Alex, coincé lui-aussi dans les méandres du jeu Jumanji. Dès le début du film "Jumanji : Bienvenue dans la jungle", la filiation avec le premier opus est clairement signifiée. Après que Sarah et Alan ont jeté le jeu dans une rivière, l'image de fin nous laissait entrevoir une possible suite avec la réapparition du jeu diabolique sur une plage.

C'est le point de départ qu'a choisi le réalisateur Jake Kasdan pour redonner vie à cet univers fantasmagorique dans sa version 2.0. Le père du jeune Alex fait la découverte de la boîte secrète sur la plage et la donne à son fils. Nous sommes alors en 1996. Accro aux jeux vidéos, le jeune lycéen se désintéresse du jeu qui, comme par magie, se transforme une nuit en version jeux vidéo. Il y a de quoi pointer cette incohérence non expliquée et très vite éludée dès les premières scènes du film, mais je l'analyse comme une évolution du jeu à la société. Et puis surtout, si des chauves-souris d'Afrique pouvaient surgir de cette boîte dans la première version de l'épopée, il n'est finalement pas si surprenant qu'elle puisse se muter en une version en ligne remastérisée pour s'adapter aux goûts évolutifs de ses futures jeunes victimes. Alex disparaît donc dans la jungle de Jumanji comme l'avait fait Alan un an plus tôt. 

20 ans s'écoulent pour faire apparaître nos quatre héros intrépides de nos jours : Spencer, Martha, Fridge et Bethany. Ces lycéens sont en retenue dans une vieille salle de leur établissement quand l'un d'entre eux tombe sur le jeu. On vous le donne en mille : ils cèdent à la tentation. Seule originalité, les jeunes joueurs doivent cette fois choisir un personnage sous les traits desquels ils vont finalement devoir vivre après avoir été aspiré au pays de Jumanji. Ils seront donc désormais : le Dr. Smolder Bravestone, Ruby Roundhouse, le Professeur Shelly Oberon et Moose Finbar. Des avatars qui seront physiquement et psychologiquement bien loin de ceux qui les incarnent. 

La jeune Bethany, fille populaire et obsédée par les réseaux sociaux, aussi jolie que superficielle, se retrouvera donc dans le corps d'un homme paléontologue bedonnant sous les traits de l'hilarant Jack Black, tandis que le petit intello et geek Spencer prendra le corps impressionnant et musculeux de Dwayne Johnson incarnant le Dr Bravestone. L'athlète Fridge devra lui se retrouver dans le physique de Moose Finbar, un zoologue de petite taille inoffensif et servant de valet à l'héroïque Dr. Bravestone. Un passage au second plan qui se fera douloureusement pour le jeune homme mais qui pourrait voir son amitié renforcée avec Spencer. Martha, introvertie et élève solitaire, devient une Lara Croft en puissance, sexy et aventurière. Sachant se battre et user de ses charmes, elle devra donc affirmer sa personnalité pour assumer ce nouveau statut. Un changement qui la rapprochera de la futile Bethany, à laquelle elle pourrait trouver des qualités insoupçonnées. Un stratagème qui laisse place à des situations incongrues et des gags et répliques bien senties. 

Cette trouvaille donne un ton humoristique assumé tout au long du film qui oscille entre scènes d'action impressionnantes et comiques de situations. Les décors naturels de forêts luxuriantes et les effets spéciaux donnent esthétiquement un coup de jeune à ceux de la version originale de "Jumanji" qui a un peu vieilli (On parle ici du lion empaillé et des plantes grimpantes en polystyrène qui ont bien du mal à nous effrayer aujourd'hui). Certains penseront que ces drôleries bien que divertissantes peuvent toutefois un peu mettre à mal l'émotion si juste du film incarné avec brio par le génial Robin Williams. Je pense malgré tout que n'est pas Robin Williams qui veut, et que le parti pris audacieux de cette réalisation donne une originalité à cette comédie survitaminée qui reste aussi fantasque que la version VHS de nos jeunes années. Je craignais grandement ce reboot hollywoodien, mais je dois l'avouer : édition 1995 ou 2017, c'est toujours la même magie de retrouver le jeu "Jumanji" !
Auteur :Sarah Ugolini
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