17 décembre 2018
Critiques

Kingsman : Le Cercle d’Or : Le film de l’excès

Chaussé de brogues (ou étaient-ce des Oxford ?), Kingsman avait su créer la surprise en 2015, par son style, son irrévérence et son plan final (dé)culotté. Un succès mérité qui ne demandait qu'à être réitéré dans une suite toujours sous la houlette de Matthew Vaughn, pourtant peu coutumier de l'exercice. Deux ans plus tard débarque logiquement "Kingsman – The Golden Circle" avec les habituelles promesses des suites faciles : plus grand, plus fort, plus... con ?

Des personnages connus, un univers déjà planté, l'heure n'est plus aux présentations. Dans la droite lignée d'un vrai Bond, la séquence d'intro de cette suite enchaîne les instants de bravoure sur Let's go crazy de Prince dans ce qui s'avère être une véritable vitrine des deux heures qui suivront : angles improbables, musique pop, nutshots et démesure. "The Golden Circle" n'a pas l'intention de révolutionner la formule, au contraire. Il fonce la tête la première dans la too much, l'improbable et le gras. Chiens robots, lasso laser, fulguropoing, le peu de crédibilité de "Kingsman" premier du nom disparaît au profit d'une déconne salvatrice.

Jamais le film ne se prend au sérieux. Les détournements ont déjà été faits, il est maintenant temps de grandir et de se créer une véritable identité. Chez nos espions Anglais, la croissance se veut régressive et synonyme de trackers vaginaux, de steaks humains et d'Elton John. Ce Kingsman nouveau est en effet bien plus proche d'un Austin Powers sous stéroïdes que d'un faux James Bond, même si les références à ce dernier ne manquent pas. « Haters gonna hate » comme on dit, mais difficile de cacher son plaisir face à cette avalanche absurde de séquences folles et de blagues de bite.

On regrettera tout de même un scénario trop convenu et prévisible, en décalage avec le ton global du film. Un peu de folie ne serait pas de trop. Et si les nouveaux venus sont les bienvenus, quel dommage de voir à quel point Channing Tatum est sous-exploité. Notez aussi que ce "Golden Circle" fait beaucoup d'appels du pied au premier "Kingsman", à travers des répliques et même des scènes complètes. Si le côté « revisité » a un certain charme, cette suite n'en avait clairement pas besoin.

Trop déconneur, trop long, trop idiot, trop tapageur, trop m'as-tu-vu, trop trop (comme l'âne), "Kingsman – The Golden Circle" est le film de l'excès. Sauf que trop n'est jamais assez et qu'aussi fun soit-il, le film pêche sur les seuls aspects où il se retient encore. On aurait aimé un rythme moins classique et plus frénétique et un scénario bien plus absurde (ou en tout cas un déroulement moins conventionnel). Espérons que "Kingsman 3" continuera cette envolée vers des sommets d'irrationalité et de non-sens ! 
Auteur :Alexandre Dupret
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