16 décembre 2018
Critiques

L’Idéal : Toutes les femmes sont belles

Chère critique féministo-végétarienno-progressiste,

Je t'écris cette lettre car aujourd'hui sort le nouveau film de Frédéric Beigbeder, "L'Idéal", qui dépeint avec humour les travers de la Mode. Comme souvent, tu savais que tu détesterais le film avant de le voir, parce que tu trouves que les portes ouvertes ne sont jamais assez enfoncée et que, toi, en plume acerbe tu ferais savoir au monde entier le dégoût que tu ressens pour Beigbeder, son œuvre égocentrique et son ignoooooble magazine Lui qui fait la part belle chaque mois à de plantureuses mannequins russes à poil au milieu d'hommes en costumes Armani.

A l'heure de la rédaction de ta critique, tu ne sais pas par quel bout commencer à grignoter "L'Idéal", tu as tellement à en dire... alors tu vas attaquer le côté tête à claques du personnage. Oui, Beigbeder crache dans la soupe, faux-cynique critiquant régulièrement le monde dans lequel il se vautre. Mais c'est là toute l'œuvre du bonhomme, c'est là le personnage qu'il a inventé. Un grand adolescent dégoûté de lui-même mais trop lâche (de manière assumée) pour dire réellement merde à tout ça. Beigbeder a trouvé en Gaspar Proust une sorte d'alter-ego, de « lui il y a vingt ans » et il faut dire que, si le charisme de Proust n'est pas non plus très flamboyant, l'humoriste suisse fait le travail, compensé par une Audrey Fleurot surprenante et un Jonathan Lambert, comme toujours, excellent.

Alors il faut aussi que tu parles de ce qui te dérange le plus : trop de filles à poil. Ton âme de militante en a eu mal. Tant de filles jeunes, dénudées et maigres... que c'est rétrograde ! Je répondrais à ça que c'est un film sur la mode ; que dans la mode, il y a souvent des filles dénudées et maigres. Ça paraît idiot mais je peux pas dire mieux (hormis que tu m'emmerdes, chère critique féministo-végétarienno-progressiste... mais je n'oserais pas)

Alors tu occulteras les bons aspects du film, la douceur que trouve Beigbeder dans sa deuxième partie, les moments où le trublion pose sa caméra, la beauté formelle d'une fête démente dans une orgie d'oligarques, la bande-son pop-folk (mention spéciale au Barbie-Girl en acoustique), l'écriture des excellentissimes scénaristes Nicolas et Bruno...

Alors oui ce n'est pas fin, oui c'est publicitaire, et non ce n'est pas du grand cinéma. Mais c'est du Beigbeder, c'est sincère et franchement, c'est original, et bien plus fun et intéressant que le trip formalisto-nécrophile de Nicolas Winding Refn ("The Neon Demon").

Voilà, chère féministo-végétarienno-progressiste, je te souhaite un bon rétablissement et rassure toi car, comme disait Frank Michael : Toutes les femmes sont belles.

Même toi à ta manière !
Auteur :Mickaël Vrignaud
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