13 décembre 2018
Critiques

L’Un dans l’Autre : Une autre comédie interchangeable

Semaine après semaine, mois après mois, année après années, les comédies populaires françaises se multiplient plus vite que des lapins, malgré des échecs répétés. Après "Si j'étais un homme" et avant "Epouse-moi mon pote" s'est glissé "L'un dans l'autre", pendant amoureux et frenchy du plus qu'oubliable "Freaky Friday". Si le nouveau Bruno Chiche est fait pour bider, ne vaut-il pas le détour pour autant ?
 
Le concept est simple : suite à une nuit passionnée, Pierre et Pénélope, deux amants, échangent leur corps. Fâcheuse situation, aussi bien pour nos deux personnages que pour le réalisateur, aussi malhabile dans son écriture que dans sa mise en scène. Qui dit échange de sexe dit clichés, encore des clichés, toujours des clichés. Les femmes conduisent mal et font la vaisselle en souriant, les hommes boivent et sont vulgaires. Pas de surprise à l'horizon, le cahier des charges de la beauferie est respecté. Les clichés, c'est bon pour les bars, les dîners avec le tonton réac' et les films de Philippe de Chauveron. Il y a suffisamment de formes d'humour pour éviter aux réalisateurs de se vautrer dans la facilité. Malheureusement, ce n'est pas "L'un dans l'autre" qui va changer la donne. Tout juste pourra-t-on noter quelques tentatives de « faire de l'émotion », à peu près toutes sabordées par une fin inexplicablement niaise.
 
Reste des acteurs investis à défaut d'être convaincants, la faute à des personnages écrits avec les pieds, et une mise en scène inexistante. On se croirait devant une production TF1. La palme revient aux « effets spéciaux » poussiéreux pour nous laisser croire que c'est la Fée Clochette qui est à l'origine du changement de sexe. Cocasse ? Plutôt ridicule. Les quelques « mateurs » pourront se régaler de la plastique de Louise Bourgoin, les autres auront bien peu à se mettre sous la dent.
 
Aussi bien shooté que "Camping Paradis", et aussi drôle qu'un spot de prévention routière, "L'un dans l'autre" rejoint le cercle plus si fermé des comédies médiocres et interchangeables. Stéphane de Groodt et Louise Bourgoin ont beau se démener, s'il y a bien quelque chose qui ne peut pas être sauvé au cinéma, c'est une écriture médiocre. A bon entendeur !
Auteur :Alexandre Dupret
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