19 novembre 2018
Critiques

La Finale : Un remède miracle contre Alzheimer ?

Dans le sillage de "120 battements par minutes", "Au revoir là-haut" et "Tout le monde debout", "La Finale", réalisé par Robin Sykes, s'attaque à un thème épineux en abordant la maladie d'Alzheimer, au travers d'une comédie épique et rocambolesque. À l'occasion de la sortie du film, Robin Sykes et Thierry Lhermitte nous ont accordés une interview ! 

L'histoire retrace le quotidien de Roland, un grand père assez acariâtre atteint par la maladie d'Alzheimer contraint de vivre sous la tutelle familiale. Epaulé par son entourage, Roland est pourtant déprécié auprès de ses proches et notamment par son petit-fils, Jean-Baptiste, dont il ne s'est jadis jamais occupé. A la suite d'un événement inattendu, J-B est partagé entre son désir d'aller disputer la finale de basket à Paris et l'obligation de surveiller son aïeul. C'est alors qu'il décide d'entraîner Roland dans un road-trip rythmé par moultes péripéties.

Sur fond de tragédie avec ce grand-père qui perd peu à peu son identité ainsi que sa mémoire, le long-métrage aborde la maladie avec humour et légèreté. La genèse du film, nous confie Robin Sykes, s'appuie sur ses souvenirs d'enfance : « dans ma famille quelqu'un était atteint d'Alzheimer et malgré le drame cela nous a offert pas mal d'éclats de rires au cours des déjeuners familiaux le dimanche. Ainsi c'était un bon postulat de départ pour une comédie. » Plutôt que d'aller vers le pathos, le réalisateur utilise le rire pour masque le pire mais n'épargne pas pour autant le réalisme de cette maladie. Il reprend les effets comiques des situations de la vie de tous les jours où Roland est confronté à ses trous de mémoire comme lorsqu'il se fait arnaquer par un commerçant en payant plusieurs fois le même sandwich.

"La Finale", dresse un portrait assez authentique de cette maladie neurodégénérative. Roland est interprété avec justesse par Thierry Lhermitte. A côté de la plaque, le personnage est négligé physiquement, il affiche un regard vide et des gestes confus. Il est sujet à l'impulsivité et la crise menace d'éclater à tout moment. Il ne se reconnait pas plus que ses proches et transporte dans ses poches les photos de son passé oublié. Afin de s'imprégner du rôle, Thierry Lhermitte a préalablement rencontré une personne atteinte d'Alzheimer : « cette rencontre m'a permis de comprendre ce qu'était la maladie à ce stade, avec beaucoup d'empathie j'ai compris ce que l'on vivait lorsqu'on avait ces cases en moins. »

A l'écran, l'histoire est portée par un tandem attachant composé par Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti, dans leurs rôles respectifs du grand-père et du petit-fils. Les deux acteurs qui n'avaient jamais travaillé ensemble auparavant, sont aussitôt devenus partenaires : « Il n'y a eu aucune entrée en matière particulière. On a sympathisé et on était sur la même longueur d'onde du point de vue de l'interprétation. » Rayane Bensetti, dont la spontanéité est rafraichissante, semble assez convaincant. Partagé entre l'ancienne et la nouvelle génération, le scénariste précise que la génération intermédiaire est moins représenté. La musique traduit elle aussi ce lien entre deux personnages que tout oppose comme le sport qui aborde autant les championnats de basket actuels que la Coupe du Monde de 1998.

Malgré une prise de risque évidente et l'originalité du sujet, le scénario reste assez prévisible et le résultat ne donne pas forcément lieu à un grand film bien qu'il n'ait disposé que d'un petit budget. En résumé, "La Finale" est un film sur mesure destiné aux amoureux de la comédie française, pour les autres je ne peux que conseiller l'abstinence... Il nous apporte tout de même une belle leçon de vie, autrement dit le rire reste le meilleur des remèdes !
Auteur :Pauline Clément
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