22 janvier 2019
Critiques

La Villa : Sous le soleil, rien de nouveau

"La Villa" s'inscrit parfaitement dans la lignée des oeuvres proposées jusqu'ici par le cinéaste Robert Guédiguian. Filmer Marseille, évoquer les liens qui unissent ou les déchirures au sein d'une famille, tenir un propos social. La Villa propose d'explorer cette bulle féerique dans les calanques, qui a vu grandir nos protagonistes, la fratrie incarnée par Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. Et en même-temps, l'arrivée d'enfants réfugiés et traqués par l'armée, oblige nos personnages à s'unir et surmonter leurs différends.

Chacun arrivés à un tournant de leur existence, les personnages de La Villa y viennent un peu à contre-coeur, sans trop savoir pourquoi, si ce n'est pour veiller sur un vieil homme malade, dont ils ne savent plus s'il a encore conscience de ce qui l'entoure… mais on ne sait jamais. Si, au départ, les regrets et les aigreurs passées refont surface, la vie reprend bientôt ses droits, entre la naissance d'une histoire d'amour, la reprise d'une vocation littéraire, le sauvetage d'un restaurant “bon et pas cher”. Tous parviendront à trouver leur place et à finir un peu moins cabossés, car elle est douce l'existence sous le soleil des calanques, même si “c'était mieux avant”.

Un film qui sera très apprécié par les amateurs de la filmographie de Robert Guédiguian, mais qui paraîtra peut-être un peu lent pour les autres, ou saupoudré d'un soupçon de mièvrerie. On peut être partagé entre un grand réalisme des décors, que l'on sent véritablement habités d'une âme, d'une mémoire d'un autre temps et certaines situations ont quelque chose de forcé, un supplément de drame qui tombe comme un cheveu sur des eaux résolument calmes.

"La Villa" atteint parfois la grâce, quand les prénoms d'être chers sous un pont et que tous ces échos se mêlent. Mais à d'autres moments, le sourire béat de Robinson Stévenin, en pêcheur éperdu de théâtre, peut sembler crispant.

"La Villa" est donc un film très classique et plein de bonnes intentions, une tranche de vie du sud qui se laisse regarder, à éviter si vous recherchez des émotions ou un rythme plus intense. La beauté de la photographie reste toutefois à souligner, notamment dans la façon de filmer la mer.
Auteur :Yvanna Trambouze
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