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LA CHAMBRE DES OFFICIERS

Un film de françois Dupeyron avec Eric Caravaca, Denis  Podalydès, Grégori Dérangère, Sabine Azéma et André  Dussollier.

 

 

 

Sortie le 26 septembre 2001.

Nous sommes en août 1914. Les hommes partent au front en masse, l’envie d’en découdre avec l’ennemi allemand cimente le pays dans un élan belliqueux et lyrique. Adrien (interprété de façon subtile par Eric Caravaca), est un jeune lieutenant qui s’apprête à rejoindre son poste d’affectation. A la gare, il a juste le temps de rencontrer Clémence et de passer la nuit avec elle. Sur le terrain des combats, sa première équipée de reconnaissance à cheval à peine commencée, un obus éclate. Adrien se réveille une semaine plus tard dans une ambulance en route vers l’hôpital du Val-de-Grâce. Il ne peut plus parler, ne sent plus ses dents, un trou béant lui ouvre le visage, le palais a disparu… Ses traits, hier harmonieux et séduisants, ont été transformés en un masque hideux…

La Chambre des officiers raconte les cinq années d’hospitalisation d’Adrien dans un pavillon où d’autres soldats et officiers blessés au front s’accumulent au fil du conflit. Ils vont former ce que les historiens de cette « grande guerre » et les contemporains des années 14/18 appelleront les « gueules cassées ».

Quand la bande-annonce du film avait été diffusée en salle dès le mois d’août 2001, on pouvait s’attendre à une vaste fresque, d’autant plus que le roman éponyme signé Marc Dugain couvre une grande période qui commence en 1914 pour s’achever en 1945. Pourtant, Le cinéaste Dupeyron a choisi l’option d’un film intimiste dans le huis clos d’un l’hôpital. Un film de guerre certes mais où le champ de bataille est intérieur. 

Avec la Chambre des officiers, l’adhésion au travail du réalisateur ne peut qu’être totale du début à la fin, car le film parvient à éviter l’obstacle de la sensiblerie trop mièvre sans éluder la terrible situation d’hommes brisés dans leurs chairs et qui vont devoir reconstruire et leurs corps meurtris et leurs âmes.  

Dupeyron met en scène une lente résurrection et un retour heureux à la vie en dépit des ravages physiques. Plusieurs temps forts dominent son film : le suicide (trois tentatives dans la chambrée, une réussie), la prière (mais Adrien n’est pas croyant), l’art (un soldat sculpte des visages intacts dans des pièces de bois), le sexe (une scène dans une maison close). Autant de moments brillamment dépeints par un cinéaste qui emploie avec une maîtrise confirmée l’écran large.

Témoignage lucide et courageux sur une page méconnue de notre histoire, La chambre des officiers confirme l’éclatante santé du cinéma français.

Christophe Dordain

 

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