13 décembre 2018
Critiques

Last Flag Flying : Remords, Bromance et Traumatisme

Richard Linklater, auteur, entre autres, de la trilogie "Before" et de l'excellent "Boyhood", sorti en 2014, revient avec son thème de prédilection, la masculinité.

Dans "The Last Flag Flying", on retrouve trois vétérans du Vietnam, réunis par l'un d'entre eux afin de l'aider à surmonter une épreuve. Si la masculinité et le temps qui passe sont toujours bien présents dans chacune de ses œuvres, c'est en revanche dans différents registres qu'ils prennent racines.

Ici, plus que le film de vétéran, maintes fois abordé au cinéma, c'est le casting qui accroche aux premiers abords. Steve Carell, figure comique dans l'imaginaire cinématographique du grand public même si il tend de plus en plus vers un registre plus dramatique ces derniers temps, se retrouve entre Laurence Fishburne et Bryan Cranston, comme pris entre ange et démon. S'en suit alors un road movie touchant et spirituel.

La force de ce film réside donc dans ces trois acteurs drôles, émouvants et ravagés par la vie, au contexte politique fort, se déroulant durant la guerre en Irak et la traque de Saddam Hussein à la fin des années 2000. Il dépeint en un peu plus de deux heures, les ravages du temps sur trois hommes en prenant le temps de les écouter, de les laisser nous raconter leurs peines. A travers ce périple, il mêle judicieusement l'enjeu politique à l'intime, le passé  et le présent, comme pour montrer que les époques passent, les traumatismes restent. 

On pourra reprocher quelques longueurs au film, nécessaire sans doute pour que la logorrhée dévoile son propos de fond. Linklater continue de nous séduire, conquis de plus en plus, en atteste ce casting. Mention spéciale à Steve Carell qui nous offre sa meilleure prestation, tout en retenue, mais si bouleversante. 
Auteur :Hubert Wiart
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