21 novembre 2018
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Le Rôle de sa vie : La vie par procuration…

Les films sur le milieu du spectacle sont légions et plus particulièrement les portraits d'actrices. La grande référence reste Opening night, le chef-d'œuvre de Cassavetes avec Gena Rowlands. S'aventurer pour un premier film vers un terrain sillonné par des grands réalisateurs (on peut citer Bergman, Allen, Mankiewicz…) n'est pas une mince affaire. On peut sans hésiter dire que François Favrat reste à l'ombre de ses maîtres car si Le rôle de sa vie tient la route, c'est essentiellement grâce aux deux comédiennes, Agnès Jaoui et Karin Viard, toutes les deux formidables, ainsi qu'à leur partenaire Jonathan Zaccaï.

Le concept est simple, les personnages tout autant. Deux femmes: l'actrice dans la lumière avec l'égo et la fragilité de circonstance et la journaliste qui se cherche, servante de la première et aveuglée par son admiration. Claire est prête à n'importe quoi pour satisfaire les caprices de la star Elisabeth Becker qui finira très vite par se lasser de cette « beni-oui-oui ». Tout rentrera dans l'ordre lorsque Claire parviendra enfin à s'émanciper en éditant ses nouvelles et lorsque Elisabeth jouera le plus beau rôle de sa vie, celui de mère.

Le problème majeur du film est le manque de ton, d'originalité dans la narration.Tout s'enchaîne mécaniquement, de manière assez plate. Les bonnes scènes ne manquent pas, les caractères (certes assez sommaires) bien observés mais il manque une étincelle, une pertinence dans les dialogues et surtout un sens du rythme qui permettrait au film de décoller vraiment.

Le rôle de sa vie reste un joli petit film mais trop sage et trop lisse pour emporter totalement l'adhésion.
Auteur :Christophe Roussel
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