Un
regard qui invite à changer le cours des choses…
Voyageur
actif avant d’être cinéaste, Nicolas Vanier est un baroudeur
de l’extrême qui sait mieux que quiconque parler de l’or blanc,
ainsi qu’un amoureux et un ardent défenseur de la Nature sauvage
qu’il présente comme un trésor en voie de disparition. Ceci
permet de comprendre que ce qui compte avant tout dans ce long
métrage n’est pas tant le scénario et la mise en scène cinématographique
que le message à délivrer à travers des images d’une beauté
saisissante, baignées d’une aura quasi mystique. En tant que
spectateur, il convient donc d’aborder « le dernier trappeur »
comme un documentaire écolo-didactique, et non comme une véritable
fiction avec une narration recherchée, au risque d’être déçu.
Parce
que la contemplation permet de mieux faire avaler la pilule
de la connaissance, parce qu’une meilleure compréhension passe
par l’émerveillement, Nicolas Vanier avec son sens aigu de la
vie et de la survie et avec l’œil affûté du photographe, nous
emmène sur les terres extrêmes du Nord-Ouest canadien, au cœur
du Yukon. Il nous invite à rechercher des émotions authentiques,
à vivre avant tout ce voyage et à ne pas le subir.
Les
plans larges servent de prétexte à Nicolas Vanier pour s’attarder
à contempler un troupeau de caribous dans ce désert glacé, pour
accentuer le contraste entre le petit point noir qu’est Norman,
seul avec ses chiens sur les lacs gelés, et l’immensité de ces
terres froides qui semblent s’étirer jusqu’à l’horizon, ou simplement
pour saisir la majesté absolue des éléments naturels comme l’aurore
boréale. Les plans rapprochés, directement inspirés de la photographie
animalière, qui saisissent la pêche d’un ours, le regard d’un
prédateur, le pépiement éperdu des oiseaux au printemps, prolongent
l’instant du contact avec l’animal et inscrivent en filigrane
que Norman, en prédateur intelligent, mène la même quête, a
les mêmes attentes que ces animaux.

La
caméra qui suit le quotidien de Norman Winther (qui joue son
propre rôle), le dernier trappeur, symbolise le regard que cet
homme porte sur sa vie, sur son propre avenir mais aussi sur
l’avenir de notre société qui, trop préoccupée par son confort,
défie en permanence les lois de la Nature et flambe le capital
de la planète au risque de léguer aux générations futures une
Terre qui ne sera plus viable. On pourra objecter la démarche
quelque peu démagogique de Nicolas Vanier pour asséner ses convictions
- à savoir : l’homme par sa main assassine et son comportement
irresponsable tue la planète et ses merveilles à petit feu -
et prôner un retour aux sources. Mais en même temps, quel autre
discours peut-on adopter face au manque de réactivité de l’humanité
tout entière qui ne prend que trop lentement conscience de l’ampleur
de la catastrophe écologique qui nous menace ?
Tourné
dans des conditions extrêmes ( par des températures avoisinant
parfois les –35°C, rien que ça !), « le dernier trappeur »
est comme un grand livre d’images, qui conjuguent tous les superlatifs
mais à vertu pédagogique, que nous offre non pas un cinéaste
mais un amoureux de la Nature. Aussi, on passera outre l’excessive
linéarité du récit qui n’a d’égale que la beauté divine qui
affleure à chaque image.
« Le
dernier trappeur » est un immense cri d’amour de Nicolas
Vanier qui déchire le ciel de l’égoïsme, en même temps qu’un
hymne à un paradis presque perdu et qu’un hommage à un mode
de vie fondé sur la symbiose entre la Nature et l’homme. Et
puis, de toute façon, même si l’aspect moralisateur de ce voyage
fera grimacer une partie du public, peut-on objectivement incriminer
une vision bouleversante de beauté sensible, dès lors qu’elle
engendre la prise de conscience et la réflexion, ce qui était
l’objectif avoué de Nicolas Vanier en réalisant ce reportage
situé à deux pas de la réalité ?
Nathalie
Debavelaere

L'AVIS
DE NOS LECTEURS
3C'est
un très beau film, aux images sublimes et émouvant quant à la
relation qu'entretient Norman avec ses chiens de traîneaux et
avec la nature. A noter que Norman, le héros du film, y joue
son propre rôle donc authenticité assurée ! Idéal en cette période
de Noël et pour toute la famille. Je veux devenir trappeur dans
le grand Nord Canadien depuis hier soir (l'avant-première
à eu lieu à Lille le mercredi 24 novembre), date
à laquelle j'ai vu ce film; en tout cas, cela fait rêver..."
Sophie
Pauvers (Lille)
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