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LE PAPILLON

Un film de Philippe Muyl avec Michel Serrault.

Sortie le 18 décembre 2002.

 

 

 

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Grand collectionneur, Julien se lance à la recherche de l'Isabelle, un papillon de nuit dont la beauté n'a d'égale que la rareté. Un périple de rêve dans les montagnes du Vercors. Mais c'est compter sans Elsa, une fillette de huit ans délaissée par sa mère, qui, sans le dire, a décidé de faire partie du voyage...

Un film à l'image d'un rêve d'enfant qui se réalise...

Elsa est une gamine livrée à elle-même qui rêve d'un MacDo et d'un ciné avec sa maman après les cours. Mais sa maman a des " impératifs " : personne ne vient attendre Elsa à la sortie de l'école. Un jour, Julien, un voisin de son immeuble, recueille Elsa chez lui après les cours en attendant sa maman. Mais le vieil homme un peu " ours " n'a pas vraiment l'habitude de s'occuper d'une petite fille de 8 ans qui n'a jamais vu la Nature autrement que sur un calendrier, et qui est fascinée par sa collection de papillons. Le rêve de Julien, c'est de découvrir un papillon rarissime, l'Isabelle, une espèce très rare, qui est devenue son unique raison de vivre. Il part donc faire un voyage de quelques jours dans les montagnes du Vercors pour tenter de voir aboutir son rêve. Mais ce qu'il ignore, c'est qu'Elsa, " Poil-de-Carotte " au féminin esseulée dont le rêve est de voir la Nature en vrai, s'est invitée à ce voyage sans y être conviée...

Et voilà nos deux compères, duo pour le moins insolite, partis pour une longue balade en montagne. A priori, ces deux-là n'ont pas grand-chose en commun, mais comme l'a dit Susanna Tamaro dans "Va où ton cœur te porte", l'enfance et la vieillesse se ressemblent, dans les deux cas, pour des raisons différentes, on est plutôt désarmé. "Le papillon" est un voyage au cœur de la vie pour deux générations qui vont finir par se rapprocher : pas à pas, ils vont se chercher, se trouver, devenir inséparables. L'un se voit porté aux nues par les yeux émerveillés d'une petite fille qui boit les paroles de "son Papy", l'autre voit en ce vieux Monsieur celui qu'elle aimerait tant appeler "Papy, son Papy". Il faut dire que Julien, finalement, se révèle être le "Papy" qu'on voudrait tous avoir, malgré ses airs bougons, sa mine renfrognée et son côté pince-sans-rire. Et comment ne pas se laisser attendrir par cette fillette qui pose dix mille questions, qui sort des "Pourquoi?" à tout bout de champ.

Les fêlures de leur existence laissent la place à une amitié qui se lit dans les yeux et dans les gestes. Des images magnifiques qui prônent un retour aux sources et aux plaisirs simples de la vie, un Michel Serrault aussi charismatique que humble, une Claire Bouanich qui fait là ses débuts (prometteurs) au cinéma et qui est craquante de spontanéité, de fraîcheur et d'innocence, une mise en scène sans artifice, font du "Papillon" un film, où, le bonheur, c'est de ne jamais regarder en arrière. Et puis, il y a les expressions à croquer de cette gamine qui n'a pas encore eu la chance de goûter la vie. Avec une maman "aide-soigneuse" tout le temps absente, elle a peur d'être mise à la "CASSE" (= la DDASS). Pour elle, l'Isabelle est une "marque" de papillon qui, au départ, était une chenille dans un "chrysanthème" (= une chrysalide), et qui, devenue adulte, "fait l'aumône" pour attirer le mâle ! (= attire le mâle avec ses phéromones). Mais quand Julien explique certaines choses de la vie à Elsa avec des répliques savoureuses, c'est un vrai plaisir pour nous spectateurs d'assister à une telle complicité. On vous avez déjà dit, à vous, que "Les étoiles filantes, c'est le bon Dieu qui perd ses cheveux", que "Liberté, égalité, fraternité, ça sonne bien mais ça fonctionne mal" ? Les élans du cœur de ces deux êtres qui souffrent de la solitude font la force de ce film où le fossé entre les générations devient inexistant.

Transcendé par des images poétiques et grâce au mélange subtil de tendresse et d'humour et aux élans du cœur de deux êtres souffrant de la solitude, "le papillon" est comme une envolée divine qui porte haut les couleurs de la vie avec ce formidable hommage aux valeurs vraies et authentiques, notre société envahie par le modernisme et la technique à outrance se prend une belle claque dans la figure ! Parfois, à l'image de Julien et d'Elsa, on va chercher loin ce qu'on a sous les yeux mais, comme l'a dit si justement un célèbre écrivain : "l'amour c'est comme un papillon, il est hors de portée quand on le chasse; mais si on le laisse tranquille, il peut très bien venir se poser sur notre épaule".

Un film coup de cœur à ne manquer sous aucun prétexte ! Merci Monsieur Muyl pour ce grand moment de cinéma. Au fait, vous connaissez la recette des œufs au chocolat ? "C'est comme des œufs au plat, mais avec du Nesquik dessus" !

Nathalie Debavelaere

 

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