21 novembre 2018
Critiques

Maggie : Critique n° 2

"Maggie" de Henry Hobson est un long-métrage comme on en a rarement vu. Un de ces films étrangement terrifiants et ce grâce à une simple idée au centre du récit. Une oeuvre épuisante et dans le bon sens du terme, car grisante du début à la fin. La réalisation impeccable nous garde sous tension en permanence et la libération n'arrive qu'au générique.

Nous retrouvons avec grand plaisir au casting la jeune Abigail Breslin qui a parcouru du chemin depuis ses débuts de filette dans "Little Miss Sunshine" (datant de 2006) et l'homme capable de tout, le grand Arnold Schwarzenegger dans un registre qu'on lui connaît peu voire pas : la sensibilité. Pourtant à l'écran on sent difficilement l'alchimie et la complicité entre ces deux acteurs dans le début du film, mais cela finit par s'estomper et ils forment un père et une fille bien plus crédibles dans les scènes finales.

La cinématographie joue également un rôle capital dans l'aspect très sensoriel du film par le montage dynamique, une caméra très immersive ou encore ce travail de quasi dépigmentation et de texturation des lumières grisâtres. Tout dans cette oeuvre converge en une parfaite adéquation entre l'esthétique et l'univers mental et physique dans lequel évoluent les personnages.

Le scénario apporte aussi un élément nouveau qui est de toute évidence non-négligeable dans la réussite globale du projet, le pari osé de proposer un film de zombies sans violence, sans hémoglobine, sans héros charismatique qui défouraille son fusil à pompe et tire sur tout ce qui bouge. Une approche somme toute réaliste et intimiste de la vie après une épidémie globale du fameux virus poussant au cannibalisme.

C'est d'ailleurs bien plus un long-métrage traitant du quotidien des survivants, que de la fin du monde elle-même. Vous me direz que c'est le principe du genre post-apocalyptique, que des personnages confrontés à ce type de situations vont tout naturellement se heurter aux questions difficiles de savoir si les infectés ont encore une conscience, s'il faut les tuer, si on peut les enfermer jusqu'à la découverte d'un remède et reprendre le cours de sa vie comme si tout n'était qu'un mauvais rêve. Certes. Cependant, le fait est que Henry Hobson propose une originalité dans le traitement de ces questions, notamment sous l'angle de l'amour filial qui pousse à la réflexion.

Je finirais en allant même jusqu'à employer le terme chef-d'oeuvre qui n'est pas anodin à mes yeux, c'est vous dire si à mon humble avis le film mérite l'attention. Rares seront les occasions de voir une oeuvre aussi complète, unique en son genre, captivante et pleine d'effroi. Une réalisation qui fait mal tant elle est incisive.
Auteur :Chris Carlin
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