17 janvier 2019
Critiques

Nicky Larson : Une adaptation réussie

La critique du film Nicky Larson

Par Victor Van De Kadsye


Phillipe Lacheau ne craint personne. Ni Tsukasa Hojo, créateur du manga City Hunter, ni la société de production Columbia. Touts deux ont fait confiance au réalisateur de "Babysitting" pour une adaptation cinématographique française du manga et essentiellement de la série animée diffusée au Club Dorothée. Le réalisateur n'a pas aussi craint le mauvais goût potache, dans ce film étonnamment réussi.

"Nicky Larson – Le Parfum de Cupidon", c'est un peu le "Ready Player One" de l'humour français. Dis comme ça, il y a de quoi avoir peur étant donné le vide abyssal du film de Spielberg. Lacheau, enfant des années 80, voit le matériau de base Nicky Larson comme un véritable coffre à jouet.

L'ambiance est davantage axée sur un humour Club Dorothée plutôt que l'anime diffusée sur la même émission. Dorothée fait son apparition, on demande une demi-pinte à Ramma, on recherche un appartement situé au C-17 et on se combat de la même façon subjective que dans le film Hardcore Henry.

Lacheau s'éclate comme un gosse avec les références, sans pour autant en faire trop et pense aussi à sa base : City Hunter. Quiconque aura déjà regardé un épisode de la série sur TF1, MCM ou Mangas retrouvera l'esprit de la série chez Lacheau : Le corbeau et le marteau sont là, mais aussi le côté très beauf de notre personnage principal ; obsédé et maladroit.

La team Bande à fifi (composé de Lacheau donc, mais aussi de Tarek Boudali et Julien Arruti) s'installe bien dans cet univers et en fait un film réussi. Un film réussi qui ne résout pas l'éternel problème du cinéma Lacheau malheureusement...

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La bande à fifi au coeur des aventures de Nicky Larson

L'équipe enchaîne les succès depuis cinq ans au cinéma, mais une tendance à un humour vite offensant. Usant des clichés à tout va, de manière exaspérante, il est très dommage que l'intention de base des comédiens passe forcément selon eux par des caricatures outrancières.

Pourquoi, en 2019, on peut encore écrire des gags dont le seul point comique est « C'est marrant, deux hommes qui s'embrassent ! » ? "Epouse-moi mon pote" tentait de s'excuser de cela sans jamais réussir à se faire pardonner, ce Nicky Larson semble avoir presque écouter les critiques des spectateurs.Ces quelques vannes arrivent et font intermittence à la bonhommie du film, qui est habilement rythmé par un humour non-stop et spectaculaire.

Le cinéma de Lacheau frappe par ses imperfections provoquées par une intention forcément touchante : Implanter l'humour potache US en France, quitte à ne pu avoir de limites et tomber malheureusement dans la gêne.

Dommage que ces bugs apparaissent car l'investissement de Lacheau est à saluer. Sans aller dans la traditionnelle phrase-cliché du « du genre en France, on a jamais vu ça ! », certaines scènes font plaisir à voir et surprennent par une action très punchy.

"Nicky Larson et le parfum de Cupidon" touche par sa sincérité à vouloir adapter le cœur de son matériau de base, et son humour bon enfant. Pari réussi !

Auteur : Victor Van de Kadsye

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