19 novembre 2018
Critiques

No Dormiras : A la folie !

"No Dormiras" se trouve être le film d'horreur d'Amérique Latine, le plus attendu cette année. Réalisé par Gustavo Hernandez, il succède à "La Casa Muda" ("The Silent House"), qui aura connu un grand succès au Festival de Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs, c'était en 2011.

L'ensemble prend place dans un ancien asile psychiatrique abandonné, où une troupe de théâtre, menée par une metteure en scène plus que radicale, décide d'expérimenter un niveau d'insomnie particulier afin de préparer ses acteurs pour une nouvelle pièce. Plus le temps passe et plus le manque de sommeil se fait ressentir, jusqu'à la déchirure. Les acteurs arrivent donc au seuil de leur perception, entre le réel et des hallucinations effrayantes qui émanent de ce lieu angoissant où plus d'une histoire tragique s'est déroulée.

"No Dormiras" est brillamment mené par les jeunes actrices Eva De Dominici et Natalia de Molina qui sont toutes deux épaulées par la sublime Belen Rueda. Cette dernière joue un rôle ambigü pour lequel son leitmotiv est : « sans folie il n'y a pas de création. » Elle crée ainsi une atmosphère pesante et mystérieuse, instiguant une relation presque dérangeante entre ses deux actrices principales.

Le film est écrit par Juma Fodde, et s'intègre parfaitement dans la structure des thèmes privilégiés par Hernandez, la claustrophobie et le passé ressurgissant afin d'hanter le présent, ici au sens propre comme au sens figuré ; la théorie principale étant que l'insomnie ouvrirait la porte d'une autre dimension, propice aux rencontres surnaturelles entre les vivants et les morts. En effet, dans ce cadre précis, le film profite d'un renversement de situation très bien mené par le scénariste. Cependant, et pour conclure, malgré une histoire initiale plus qu'intéressante, celle-ci est polluée par des narrations parallèles un peu lourdes et nullement nécessaires à l'histoire, comme la relation entre Bianca et son père mentalement malade et lui aussi interné dans un hôpital psychiatrique. Cela dit, "No Dormiras" mérite largement votre attention.
Auteur :Alexa Bouhelier-Ruelle
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