20 novembre 2018
Critiques

Ocean’s 8 : Spin off réussi !

Un film de la franchise "Ocean's" se déroule toujours de la même manière : grâce à un plan sur-mesure, on sait déjà que tout se déroulera sans grande difficulté et pourtant, certaines choses arrivent toujours à surprendre et à nous captiver tout du long. De plus, si on y ajoute l'élégance de l'image Soderbergh, difficile de ne pas succomber. Plus d'une dizaine d'année après un dernier volet en demi-teinte mais toujours sympathique en compagnie d'Al Pacino, la famille Ocean est déclinée dans un spin-off réussi avec un casting féminin d'une grande classe sous la caméra de Gary Ross.

Déclinaison féminine de la trilogie créée par Soderberg, ce spin-off se présente dans la parfaite continuité des renouvellements de franchises actuelles : faire disparaître le passé pour passer à autre chose. "Star Wars" a perverti les notions de bien et du mal dans sa nouvelle trilogie, "Jurassic World : Fallen Kingdom" a détruit l'île mythique pour ouvrir vers un environnement plus large et probablement plus apocalyptique. "Ocean's 8", quant à lui, inverse les pouvoirs de genres. A l'ère « Me Too », ce ne sont plus aux beaux gosses bien habillés que l'on donne la liberté de cambrioler avec classe. Maintenant que Danny Ocean a disparu pour du bon, n'apparaissant uniquement à travers une plaque mortuaire et un cadre photo, l'histoire se tourne davantage vers sa sœur Debbie, aussi classe et rusée que son frère, et son équipe de choc composée de Cate Blanchet, Helena Bohan Carter, Awkwafina, Sarah Paulson, Rihanna et Mindy Kalling : rien que ça ! Et n'oublions pas Anne Hathaway, exceptionnelle dans ce rôle d'actrice faussement naïve.

Mais si la franchise est renversée par cette inversion de genre, le film reste quand même dans le cadre familial en laissant Debbie appliquer le même mode opératoire que son frère : faux-semblants, tour de passe-passe, piratage et arnaques en tout genre, chaque étape présentée dans toute sa factualité par un montage au carré rappelant les films de Steven Soderbergh. On pense aux précédents volets mais aussi à "Logan Lucky". Heureusement, le film a tout de même l'intelligence de ne pas laisser les spectres du passé prendre trop d'importance au passé. Non, George Clooney et Brad Pitt n'apparaîtront pas au dernier moment tout comme Vincent Cassel ne fera pas de gymnastique spectaculaire au son de Thé à la mente. Hormis deux caméos de courte durée, rien ne parasitera ce nouveau chapitre et tant mieux !

Chaque comédienne apparaît suffisamment pour avoir sa place et sa caractérisation lors du casse. Si certains reprochent un manque de profondeur à ces anti-héroïnes, dois-je rappeler que c'était le cas aussi pour la quasi-totalité du groupe de Clooney ? Et ce n'est pas un défaut pour autant puisque ce côté si factuel des plans s'agence très justement à ces personnages-fonctions. Ils existent par leurs talents et aident à faire avancer la narration, avec leurs propres personnalités faisant toujours mouche à l'écran.

"Ocean's 8" a réussi son hold-up en ramenant comme trophées les parfaits ingrédients d'un divertissement de grande classe. Dès lors que l'on quitte la salle, on redemande aussitôt une suite.
Auteur :Victor Van De Kadsye
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