13 décembre 2018
Critiques

Premier Contact : De la SF au sommet !

Que dire messieurs dames si ce n'est que Denis Villeneuve persiste et signe ici son statut de réalisateur majeur de la décennie ... En quelques années ce monsieur nous aura tout de même offert depuis 2010: "Incendies", "Prisoners", "Enemy", "Sicario" et maintenant "Premier Contact" (sans oublier la suite de "Blade Runner" qui sortira en octobre 2017).  Des oeuvres soit dit en passant aussi diverses que marquantes.

Autant dire que le réalisateur pose ici une de ses oeuvres les plus poétiques, ce qui est une évidence dès la séquence d'ouverture où l'on entend avec plaisir les notes mélancoliques de On the nature of daylight du génial compositeur Max Richter. Les thèmes évoqués sont des incontournables de la science fiction: la vie extra-terrestre, l'amour ou encore le temps. Le film les traite tous de manière captivante et avec une esthétique à couper le souffle et c'est avec joie qu'on retrouve la patte Villeneuve qui joue sur notre perception du réel. On ne voit que ce que l'on veut voir et c'est d'ailleurs l'un des enjeux du récit où notre protagoniste doit prendre la route rationnelle de l'écoute et s'appuyer sur le factuel pour comprendre, dans un monde où tous les repères sont bousculés et où chacun veut interpréter afin d'obtenir des réponses.

Les effets visuels sont excellents et on se régale de plans iconiques à la pelle, le tout avec un rythme lent et une mise en scène des plus sobres (cf. la patte Villeneuve).  On ne saurait assez chanter les louanges du metteur en scène mais on est loin d'oublier la performance d'Amy Adams qui interprète ici un de ses plus beaux rôles et qui de son visage angélique nous pose des questions indiscutablement complexes. Sommes-nous des instruments d'une Vie qui doit arriver peu importe le chemin ? Connaître notre avenir nous permet-il d'en changer ? Le voudrait-on ? Sommes-nous aveugles à nous-mêmes parce que notre perception est limitée par nos concepts ?

Chaque instant de "Premier Contact" est plus immersif que le précédent et nous découvrons avec satisfaction et désarroi que notre nature reptilienne et notre propension au conflit nous emprisonne dans des rapports de force plutôt que de nous rapprocher et nous unir dans un but commun: répondre à nos incertitudes. Ce qui naît donc au visionnage c'est l'espoir. Celui d'un temps hors de notre portée où notre humanité, plus précisément notre peur de l'autre et de nous mêmes, ne sera plus un frein à notre existence mais l'élément réconciliateur qui nous manque.

Quoiqu'il en soit on ne peut que souhaiter le meilleur à Denis Villeneuve et espérer le prolongement de sa carrière dans cette direction car tant qu'il continue à faire des films d'une qualité aussi mémorable, nous continuerons à être au rendez-vous.
Auteur :Chris Carlin
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