21 novembre 2018
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Quartier VIP : Critique n° 1

Les portes du pénitencier.  

On connaissait la question de la surpopulation carcérale, d'ailleurs vaguement évoquée par Quartier VIP au cours d'une discussion bon chic bon genre, moins celle de la surpopulation des caricatures, problème dont souffre pourtant ce film. Car, toutes ne peuvent tenir dans cette étroite cellule d'une heure et demie.

Alex (Johnny Hallyday) est gardien de prison. Avec son ami René (Pascal Légitimus, ils mènent une existence triste. Jusqu'au jour où Bertrand (François Berléand), un patron véreux, est incarcéré dans leurs murs. Alex est alors muté au quartier VIP et se voit proposer un marché par celui-ci. C'est là que cela se complique. Trompé par sa femme (Valérie Bruni-Tedeschi), il décide de la piéger en lui proposant, par l'entremise d'Alex, un investissement juteux dans une société basée aux Bahamas. Parfois chaotique, le scénario se raccroche à des lieux communs qui lui permettent de se dérouler sans trop d'accroches. Et sur ce canevas s'installe une comédie banale mais parfois divertissante.

Si l'on ne s'ennuie pas, c'est grâce à un Pascal Légitimus convaincant dans le rôle d'un benêt au grand cœur. Puisqu'il faut passer en revue le reste du casting, disons-le de suite, il déçoit. L'affiche est alléchante. On y retrouve aux côtés des premiers rôles Catherine Jacob, Jean-Claude Brialy et les Deschiens Bruno Lochet et Philippe Duquesne. Mais tous semblent oublier l'esprit d'équipe et oeuvrant chacun dans leur coin, le film perd en cohérence. Comme souvent, cette comédie française ne tient pas la longueur et oublie de faire rire au bout d'une demi-heure pourtant plaisante.

Ensuite, c'est la débandade. Que l'histoire d'amour prenne le dessus – c'est d'ailleurs l'occasion de montrer une scène carte postale dans laquelle s'immiscent feu de cheminée, verre de vin et cascades de violons – rien de bien étonnant. Mais que Quartier VIP tire franchement du côté mafieux, ce n'est pas bien sérieux. Le nouveau film de Laurent Firode perd toute crédibilité et gâche un capital sympathie pourtant déjà mince. Mais revenons aux caricatures. Elles amusent lorsque le réalisateur s'en moque. Ainsi, Jean-Claude Brialy incarne le rôle d'un homosexuel féru d'art et de jeunes minets. C'est l'exception qui ne parvient pas à faire oublier le reste. Les jeunes détenus sont drogués et tentent de violer un de leurs camarades, l'artiste d'art contemporain est complètement déjanté, la femme au foyer rêve d'un camping car dans lequel elle pourra boire son Ricard, etc...

L'épine dorsale de Quartier VIP est tout autant caricaturale : un pauvre devient riche et un riche devient prisonnier. Faible interrogation de la fracture sociale et de l'état des prisons françaises, Quartier VIP pourra séduire les fans de comédies même si le film n'en est une qu'à moitié. En tout cas, une chose est sûre : Johnny Hallyday n'est pas un comédien. Il en apporte une nouvelle fois la preuve.
Auteur :Matthieu Deprieck
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