21 novembre 2018
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Quatre frères : Voilà les Daltons !

Sur le podium des sentiments les plus explorés par le cinéma, la vengeance occupe une place incontestable. Place que tient à renforcer John Singleton avec son dernier long-métrage, Quatre frères. Et pour assurer l'adhésion du public à la sombre entreprise de ses héros, le réalisateur de Boyz'n The Hood et du remake de Shaft fait en sorte que le meurtre, point de départ de la vengeance, soit particulièrement injuste. Aussi, les quatre garçons ont été élevés par une mère d'accueil, vieille Dame aux allures de Mamie Nova. Et celle-ci alors qu'elle remplissait son caddie, le sourire aux lèvres, se fait abattre par deux braqueurs d'épiceries.

Malgré le sentimentalisme des premières minutes, le film parvient à éviter toutes les mièvreries que l'on pouvait attendre. En partie parce que ces quatre frères ne sont pas des anges. Petites frappes au début du film, ils le resteront (presque !) jusqu'à la fin. Alors, on découvre leurs coups bas. Ca trépigne, ça castagne, ça rue dans les brancards. L'ambiance que bâtit le cinéaste est noire. La ville est décrépie, obscure, accueille toute sorte de délits. Mais elle reste bon enfant à la manière de celle de l'Inspecteur Harry. Alors le film divertit.

Sur un air joyeux et un rythme enlevé, l'action déroule son intrigue attendue. Attendue ? Peut-être trop a dû craindre John Singleton ! Si bien qu'il s'efforce de resserrer les nœuds de l'intrigue et, par la même occasion, d'emmêler le spectateur. D'une simple histoire de vengeance, on passe à une enquête policière dans laquelle les quatre frères jouent les Sherlock Holmes avant d'aborder une saugrenue histoire de complot dans laquelle seraient mouillés les personnages. Que signifie tant de méandres dans le scénario ? C'est finalement la seule question que le spectateur se pose et qui le préoccupe plus que de savoir si les héros arriveront au terme de leur aventure.

Fort heureusement, quelques scènes d'action réussies, notamment une fusillade, permettent d'oublier les égarements des scénaristes. S'il faut chercher à démarquer Quatre frères des autres films traitant de la vengeance, c'est plus du côté de la réalisation qu'il faut se tourner. L'effort sur le plan narratif est vain et même nuisible. Témoin de cette dérive, les comédiens peinent à tenir des rôles épuisés. Et ce n'est pas le physique fatigué de Mark Wahlberg qui prouvera le contraire. Ce dernier parvient tout de même à mener toute cette joyeuse troupe jusqu'à la morale finale : les apparences sont parfois trompeuses. Autrement dit, les criminels ne sont pas toujours ceux que l'on croit.

Pas très original mais divertissant. La question se pose alors : faut-il préférer un bon divertissement superficiel ou un scénario épais mais raté ? En ce qui concerne Quatre frères, la réponse est toute trouvée !
Auteur :Matthieu Deprieck
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