18 décembre 2018
Critiques

Red Sparrow : Au pays des tsars

Effervescence au pays des tsars où la capitale moscovite éclaire nos salles obscures. Après "La Mort de Staline" d'Armando Lannucci, Francis Lawrence récidive avec "Red Sparrow", un thriller aux allures de film d'espionnage. Après la trilogie « teenager » d'"Hunger Games", le réalisateur compose à nouveau avec l'actrice Jennifer Lawrence dans une adaptation libre du roman éponyme de Jason Matthews.  

L'histoire met en scène Dominika Egorova, une danseuse étoile déchue à la suite d'une grave blessure au tibia. Devant subvenir aux besoins d'une mère alitée, la jeune femme accepte de travailler pour son oncle au SVR, un service de renseignement secret russe. Elle est entrainée à l'école des moineaux où elle devient une manipulatrice hors pair et experte en séduction. Sa mission : séduire un agent américain et lui soutirer l'identité de la taupe dissimulée au Kremlin.

Avis aux amateurs de James Bond ou d'OSS 117, "Red Sparrow" est un film d'espionnage qui ne comporte ni gadgets, ni scènes d'action. Le long-métrage privilégie l'aspect psychologique et la discrétion de l'espion qui use de la manipulation mentale pour parvenir à ses fins. Les scènes sont violentes, crues, perverses et nous livrent une vision froide et brutale de l'espionnage à la russe. 

"Red Sparrow" possède des atouts indéniables : d'abord l'intrigue est divertissante et le climat de guerre froide fait fortuitement écho à l'actualité où la Russie entame un bras de fer avec l'Angleterre à la suite de l'empoisonnement de Sergueï Skripal. Plongé dans une atmosphère moite et angoissante, les décors nous font voyager de Vienne à Budapest, en passant par Londres. Le casting est prestigieux avec des acteurs comme Jennifer Lawrence dans le rôle principal, Joel Edgerton, Jeremy Irons et Charlotte Rampling. Matthias Schoenaerts crée la surprise en interprétant l'abject oncle de Dominika et dénote une étrange ressemblance avec Vladimir Poutine.

Toutefois, malgré ces bons ingrédients, l'ensemble manque de la profondeur requise. L'intrigue est prévisible et les clichés sont bien trop omniprésents. L'accent slave des acteurs anglophones ne convainc pas et il est dommage de constater l'absence d'acteurs russophiles. Quant à la romance entre Dominika et Nate Nash, elle demeure élémentaire, sans susciter d'émotion particulière chez le spectateur. Enfin, les scènes violentes relèguent le cœur de l'intrigue au second plan et les incohérences pèchent à donner sens aux événements.

Malgré un scénario prometteur avec à l'affiche une héroïne badass dans l'esprit Mata Hari ou Black Widow, "Red Sparrow", bien qu'il soit divertissant, demeure oubliable. Les spectateurs en quête d'énigmes et attentifs aux détails seront néanmoins attirés par la nouvelle réalisation de Francis Lawrence. 
Auteur :Pauline Clément
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