21 novembre 2018
Critiques

Silence : Un film sans rythme

Adieu mafieux, adieu gangsters. Ici, finis les Robert de Niro et Leonardo Dicaprio, le dieu Scorsese change radicalement de ton et de formes pour s'attaquer au genre historique avec la conquête chrétienne du Japon au XVIIème siècle. Accompagné d'un Andrew Garfield décidément très chrétien depuis quelques films et d'un Adam Driver très surprenant après son rôle de Kylo Ren, Scorsese propose ici une vision très religieusement engagée de cette époque controversée.

Néanmoins, on se divertissait tout de même plus quand il s'amusait à faire joujou avec revolvers, drogues et affranchis et lorsque les morts se comptaient à la pelle. En effet, avec Silence le temps semble s'être arrêté et se rallonge même parfois alors qu'Andrew Garfield crapahute dans les terres japonaises. On savait Scorsese grand réalisateur et metteur en scène, maîtrisant à merveille l'art du rebondissement et de la surprise. C'est pourquoi on peut légitimement se demander si c'est bien lui qui dirigeait ce film, tant le rythme est absent, au même rang que les rebondissements. 

Face à cette lenteur hors norme, on perd également les acteurs, eux-mêmes perdus dans des discussions et dialogues interminables et bien trop longs pour convaincre. Reconnaissons tout de même les plans magnifiques qui parsèment le film, et le degré d'écriture, profondément intelligent, qui pose plus de questions qu'il n'impose de vérités. 

Pour son nouveau film, Scorsese propose une version rallongée et bien trop textuelle de cette époque pour maintenir le spectateur dans une attirance hors que visuelle. Perdant ses acteurs et son rythme en cours de route, le maestro des seventies rate le coche sur bien des aspects et impose une vision ennuyante d'une histoire pourtant à la base si attirante.

Auteur :Grégoire Deux
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