19 décembre 2018
Critiques

Taxi 5 : Un petit plaisir trop coupable

On ne l'avait pu revu depuis onze ans, l'une des franchises les plus cultes du cinéma français populaire revient sur nos écrans. Toujours à la ville de Marseille et produit par Luc Besson, ce cinquième volet de "Taxi" a pour enjeu de rebooster la franchise avec l'arrivée de Franck Gastambide à la réalisation. Un nouvel opus qui, toutefois, cale énormément dans son trajet…

Avec l'arrivée de Franck Gastambide dans l'univers lancé par Gérard Pirès et Luc Besson, on constate qu'il y a plusieurs écoles dans la cinéma français pour créer des blagues bas-de-plafonds. Les précédents films réalisés par les deux Gérard, Pirès et Krawczyk, utilisaient un rapport de force manichéen en vannant gentiment les forces de l'ordre pour en revanche, étaler ensuite une bêtise crasse en faisant des méchants des punching-balls à vannes racistes. Le tout en pompant des films-cultes tels que "Heat" ou "Scarface".

Chez Franck Gastambide, une relève est toutefois assurée. Car ce ne sont pas uniquement les antagonistes qui font les frais d'un humour vaseux, mais touts les personnages. Chaque protagoniste du film aura comme destiné une scène où il sera victime d'un humour scatologique ou pointant sa différence. Pour faire simple : l'humour de "Pattaya" est arrivé à Marseille. Pour le meilleur (quand il ne dit pas des idioties sur Twitter pour se plaindre d'une version féministe de Carmen, l'humoriste Monsieur Poulpe s'avère excellent) mais très souvent pour le pire (attention, défilé de blagues misogynes en vue ; on est chez Luc Besson quand même) …

Mais après tout, nous sommes devant un film mixant "Pattaya" et "Taxi" : fallait-il s'attendre à autre chose ? Au-delà de ce postulat, "Taxi 5" tombe en panne dans son scénario sans surprise. Comme si l'arrivée d'un nouvel auteur de comédie à l'humour gras donnait l'impression de suivre davantage un reboot plutôt qu'une suite, recopiant l'histoire du premier opus avec le duo de héros aux différences (l'un est un super-flic muté à Marseille, l'autre est un chauffeur Uber gaffeur) voulant arrêter un groupe de braqueurs passionné de voitures, alors que ce nouveau film fait maintes fois allusion au duo Daniel/Emilien (notamment lors d'une scène étirée jusqu'à la gêne où les quatre films sont résumés par Edouard Montoute).

Il restera quand même la sympathie accordée au duo mené par Franck Gastambide et Malik Bentalha. Ils ne sont peut-être pas « Will Smith et Martin Lawrence » comme l'un des personnages le souhaitait mais il permet d'opérer le genre du buddy-movie avec efficacité. Des retrouvailles qu'on attendait pas, qui passent parfois mal avec le recul que l'on a en grandissant mais qui offrent tout de même un petit plaisir coupable qu'on ne va pas renier…
Auteur :Victor Van de Kadsye
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