21 novembre 2018
Critiques

The Passenger : Liam Neeson en pilotage automatique

Après Liam Neeson amnésique, Liam Neeson traqué et Liam Neeson dans un avion, Jaume Collet-Serra nous propose Liam Neeson dans un train pour "The Passenger", hybride étrange entre thriller hitchcockien paresseux et série B décomplexé à la Jerry Bruckheimer.

Liam Neeson, à l'instar de vedettes comme Keanu Reeves ou dans une autre mesure Steven Seagal, est devenu un genre de films à lui tout seul. Si on excepte son escapade chez Martin Scorsese dans "Silence", l'an dernier, difficile de voir autre chose dans sa carrière actuelle qu'une succession de séries B où l'acteur distribue son lot de mandales à des méchants voulant tuer sa famille. Pour ce cru 2018, le Liam Neeson Movie nous propose d'embarquer dans un train où son héros plongera petit à petit dans une conspiration cauchemardesque.

Lorsque Collet-Serra filme un monsieur tout-le-monde pris au piège, cela démarre comme un exercice-de-style contemporain en pleine inspiration des classiques d'Alfred Hitchcock. Par une utilisation des effets numériques (piquant parfois des yeux, il faut le dire), le metteur-en-scène prend un malin plaisir à explorer chaque recoin de son lieu pour mettre constamment à l'épreuve son acteur fétiche. Cependant, cette complicité a du mal à être partagée avec le spectateur tout le long, devinant facilement ce qu'il va se passer.

SAUF QUE…

D'un thriller extrêmement classique en somme, le film déraille dans sa dernière partie à une série B complètement dingue, entre baston à coup de guitares, effets numériques cheap et sur-accélération du train à en rappeler "Speed". A ce stade, "The Passenger" révèle ce qu'il aurait dû être tout le long : là où on a compris que Collet-Serra veut constamment se prendre au sérieux, il serait peut-être mieux de voir le réalisateur signer un véritable actioner décomplexé où il pourrait user de son don à utiliser des lieux au service d'un pur divertissement régressif comme au temps de "La Maison de Cire", en 2005.

En conclusion, si vous êtes un fan absolu du Liam Neeson-movie, vous trouverez votre bonheur au sein de ce petit film en pilotage automatique, mais qui se bonifie au terminus.
Auteur :Victor Van de Kadsye
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