20 novembre 2018
Critiques

Un Beau Soleil Intérieur : Faussement intelligent, Vraiment ennuyeux

Quelle mauvaise idée fût la mienne en posant le pied dans la salle de cinéma où j'étais venu assister à ce qui allait être la débâcle cinématographique de Claire Denis, j'ai nommé "Un Beau Soleil Intérieur".

Sur le papier, rien ne présageait un tel désastre, une Juliette Binoche quarantenaire qui vit d'aventure en aventure tout en cherchant le bon, le vrai amour. Une affiche rassurante aux couleurs apaisantes.  Et pourtant... C'est toujours triste de voir de bons acteurs se vautrer dans des projets où ils n'auraient jamais dû mettre les pieds, que ce soit Juliette Binoche, Nicolas Duvauchelle ou même l'immense Gérard Depardieu, chacun nous insupporte en récitant sans conviction aucune des textes d'une indigence inqualifiable. 

C'est quand même un comble quand les meilleurs moments du film sont ceux où personne ne parle ! Si seulement la musique ne souffrait pas du même défaut que le reste : La vanité. Tout dans ce long-métrage en est profondément empreint, et on soupire dès la dixième minute quand on comprend d'ores et déjà que l'entreprise ne va nulle part. 

Les personnages font deux pas en avant, un pas en arrière, un en avant puis deux en arrière, puis deux en avant et deux en arrière ce qui croyez-moi est aussi fastidieux que de lire cette phrase. Les dialogues sont aussi faux qu'une jambe de bois, le tout est complètement surjoué. Personne de sain d'esprit ne saurait s'attacher à ces êtres faussement nuancés et sans dimension humaine. 

Le pire, c'est qu'à l'arrivée de Gérard Depardieu, une lueur d'espoir se distille en nous, comme s'il suffirait d'une scène réussie pour tout pardonner. Un éclair rédempteur venu tout droit du ciel. C'est malheureusement lors d'une tirade interminable de l'acteur lui-même que j'ai fermé les yeux, la fatigue et le désespoir devenant trop lourds pour mes paupières, pour les rouvrir plusieurs minutes plus tard en découvrant que nous sommes mi-générique et que la tirade en question n'est pas finie. J'ai ainsi vu que la médiocrité du cinéma français avait de beaux jours devant elle.

Peut-être ai-je trop facilement tendance à critiquer le cinéma français, à tel point que l'adjectif "français" avec le temps qui passe devient de plus en plus synonyme de mauvais ou ennuyeux, ce qui est déplorable, mais bien réel à mes yeux. Le cinéma hexagonal a un grave problème et cette réalisation inénarrable présentée à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes est une goutte d'eau dans l'océan qui étaye cette conclusion. 

Moi qui venait sereinement, me détendre dans une salle obscure devant un quelque chose de simple, de naturel et de léger... J'ai souffert et trouvé une bonne raison de picoler.
Auteur :Chris Carlin
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