15 décembre 2018
Critiques

Les Animaux Fantastiques 2 : Un récit connecté à la saga Potterienne

Après un premier volet qui remporta un franc succès, la désormais franchise des animaux fantastiques est de retour. Un second volet qui se différencie du premier par son scénario avant tout.

Tout avait commencé en douceur. Plus de cinq ans après la fin des aventures d’Harry Potter au cinéma, J.K Rowling proposait ce qu’elle définit elle-même comme une extension de l’univers qu’elle a imaginé. Une volonté que David Yates, réalisateur du premier opus et des quatre derniers films « Harry Potter » a respecté en 2016 en limitant les références pour s’efforcer à mettre en avant l’univers de Norbert Dragonneau. Faire du « Harry Potter » tout en faisant oublier son héros qui n’apparait que 70 ans plus tard.

Cette histoire-ci est plus dense et complexe, mettant en scène de nouveaux personnages qui connaissent une vraie trajectoire, et elle est aussi beaucoup plus sombre
David Yates


En 2018, David Yates, cinéaste désigné pour toute la nouvelle saga, est de retour derrière la caméra tout comme J.K Rowling au scénario. L’histoire de ce second opus reprend là où elle s’était arrêtée dans le film précédent : à New York, où, depuis son arrestation, Grindelwald est emprisonné. Pas pour longtemps d’ailleurs. La scène d’introduction offre une évasion qui affiche déjà les ambitions d’un film qui se veut spectaculaire. Le film met en scène de nombreuses créatures magiques, et orchestre notamment le retour de plusieurs d’entre elles, parmi les favorites du premier opus. Pickett, le petit Botruc ou le Niffleur à l’affût de tout ce qui brille. Ce n’est pas tout, il y a bien sur de nouvelles créatures mais il y a aussi au cœur du scénario deux thèmes précis.

La promotion de la peur et la persécution de l’altérité font partie de l’histoire. Ce qui est effrayant, c’est que ces deux choses sont plus que jamais d'actualité
David Yates


"Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald" marque, en effet, ses différences au premier opus dans les thèmes qu’il aborde. David Yates a voulu que le long métrage ait, via son scénario et ses thèmes, une portée politique faisant écho à ce qui se passe dans le monde d'aujourd'hui. "Les Crimes de Grindelwald", se positionne comme un récit de la montée du fascisme dans l’entre-deux-guerres. Un écho au nationalisme ambiant en Europe.

Coté cinéma, c’est un long métrage qui affirme les personnages du premier opus dont Gellert Grindelwald, un sorcier charismatique et manipulateur interprété par Johnny Depp et qui en un discours affiche ses différences avec Voldemort. C’est le moment de souligner l’autre thème omniprésent dans ce film : L’univers d’Harry Potter. La présence d’un jeune Dumbledore, incarné par Jude Law, était un premier signal affiché il y a déjà plusieurs mois. Les animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald offre aussi le premier retour à Poudlard, des personnages dont les patronymes ne seront pas inconnus… Bref, ce deuxième film plonge, cette fois ci, pleinement dans l’univers du petit sorcier.

J’ai jugé important que Jude sache quel poids repose sur les épaules de Dumbledore
J.K Rowling


Si quelques références éparpillées par ci par là pourraient être considérées comme du simple fan service, c’est, au contraire, un réel parti pris de la scénariste et auteur J.K Rowling illustré par le personnage d’Albus Dumbledore. Il n’est pas question ici de seulement montrer un jeune Dumbledore comme simple référence pour faire plaisir aux fans. Le scénario s’oriente plutôt sur la construction du célèbre mentor d’Harry Potter. Comprenez que ce film se positionne dans l’univers des dix films comme le début du chemin qui mènera jusque Harry. De nombreux fans auront sans doute l’envie de replonger dans les aventures de Harry pour faire les liens avec les nouveaux personnages, pour se reconnecter avec l’univers dans lequel ils ont plongé plus jeune.

Est-ce vraiment un hasard alors que les 20 ans de la saga viennent d’être célébré ? C’est sur ce choix narratif que « Les crimes de Grindelwald » se montre intéressant et même audacieux compte tenu de ce que représente l’univers « Harry Potter » pour beaucoup, beaucoup de monde. Si toute une génération a grandi avec une célèbre saga dans une galaxie lointaine, très lointaine, il est clair qu’une plus jeune génération a grandi en compagnie du jeune sorcier. Étendre un tel univers est pour le moins risqué. La magie peut ne plus opérer. D’autant plus quand il s’agit d’ancrer un spin off dans la trame globale de la saga originale.

Norbert Dragonneau doit faire oublier Harry Potter tout en évoluant dans son univers. Alors il peut compter sur ses amis et sa famille, que le spectateur découvre un peu plus et sur ses animaux. Des créatures un peu moins présentes il est vrai. Cela se ressent d’ailleurs à la réalisation. David Yates ne fait pas du mauvais travail mais il fut plus inspiré et surtout plus lisible à l’image des scènes « fantastiques ». Difficile de voir ce qui se passe lors de l’évasion d’introduction par exemple. Le cinéaste britannique a fait mieux dans le même genre lorsque plusieurs Harry Potter échappaient aux mangemorts sous l’orage.

Avoir une réalisation au second plan est, néanmoins, cohérent compte tenu du scénario qui dévoile les éléments majeurs de cette nouvelle saga. Il faut rappeler que les créatures sont au cœur du premier film. Grindelwald n’apparaît réellement qu’à la fin alors qu’il est au centre d’un deuxième volet plus sombre qui s’articule autour d’un conflit naissant dans le monde de la magie. C’est une étape dans un parcours qui en comptera cinq. La priorité était clairement de mettre en places les pièces sur l’échiquier, choisir son camp pour la suite. Preuve que J.K Rowling et ses personnages ont encore des choses à raconter.

Auteur : François Bour

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