Note
de la rédaction : afin d'être aussi complet que possible,
vous pourrez lire ci-dessous une présentation de l'univers
de "X-Men", la critique du premier film et l'avis de
la rédaction sur le second opus.

LA
SAGA DES MUTANTS
Dans
les années 60, le mouvement pour les droits civiques bat son plein
aux Etats-Unis notamment avec le débat sur l’intégration des minorités.
C’est à cette période que le scénariste Stan Lee et l’illustrateur
Jack Kirby de la fameuse firme Marvel Comics, créent les X-Men,
des surhommes dont les facultés hors normes (certains maîtrisent
l’un des quatre éléments) proviennent de mutations génétiques
qui se manifestent à l’adolescence.
Le
premier épisode qui paraît en septembre 63, relate comment le
Professeur Charles Xavier, un puissant télépathe paraplégique,
fondateur d’une école pour jeunes surdoués se retrouve à la tête
d’une communauté de super-héros constituée de Cyclope, Jean Grey,
Iceberg, Angel et le Fauve. Le discours politique et philosophique
est mis en évidence dans le comics où se profile une allégorie
sur la discrimination. « Les étranges X-Men » doivent
non seulement faire face à une humanité qui les rejette et les
montre du doigt mais également protéger celle-ci des attaques
de mutants mal intentionnés. Sur près de quatre décennies, l’équipe
ne cessera de s’élargir avec de nouveaux membres comme Tornade,
Colossus, Diablo, Serval et de nombreux autres.
A
la fin des années 70, les adaptations de super-héros de la Marvel
n’ont pas bénéficié d’un traitement de faveur. Ainsi des figures
marquantes comme Captain America, Spider-Man ou Hulk ont été employés
dans des téléfilms (souvent exploités dans les salles européennes)
avec des acteurs habillés de costumes kitsch s’illustrant dans
des scénarios sans la moindre ambition.
Le
vent tourne en 1995 lorsque la Fox rachète les droits de la saga
des "X-Men" et convainc Bryan Singer, brillant auteur
d’"Usual Suspects" et d’"Un élève doué", de
mettre en scène leurs aventures. Totalement néophyte en la matière,
le jeune réalisateur mise sur la crédibilité et s’imprègne des
thèmes, des caractères et des relations entre chaque individu
à travers les comic-books et la série animée.
Fabien
Rousseau

X-MEN
(2000) de Bryan Singer avec Patrick Stewart (Professeur Charles
Xavier), Ian Mc Kellen (Erik Lehnsherr/Magneto), Hugh Jackman
(Logan/Wolverine), Famke Janssen (Jean Grey), James Mardsen (Scott
Summers/Cyclope), Anna Paquin (Malicia), Halle Berry (Ororo Munroe/Tornade),
Bruce Davison (sénateur Robert Kelly), Rebecca Romijn Stamos (Mystique),
Ray Park (Crapaud), Tyler Mane (Dents de sabre).
« Nous
ne sommes pas ce que vous croyez. » (Charles Xavier s’adressant
au sénateur Kelly)
Cyclope,
Jean Grey et Tornade, un groupe de jeunes mutants mené par le
Professeur Xavier, tentent de convaincre le sénateur Kelly et
la société du bien fondé de leur institut. Dans le même temps,
Malicia et Logan décident de se joindre à leur équipe. Les X-Men
vont devoir combattre une autre confrérie composée de Dents de
sabre, Mystique et Crapaud dont le maître Magneto ambitionne de
réduire l’humanité à néant.
Au
vu du potentiel de la BD, il n’était pas facile d’adapter l’univers
des X-Men au langage cinématographique et c’est ce que réussit
avec brio, Bryan Singer qui a su transposer dans ce premier chapitre,
l’esprit du célèbre comics en y apportant une vision personnelle
et moderne. Plutôt que de s’inspirer d’un épisode, il choisit
de rassembler des personnages issus de différentes époques de
la série et d’uniformiser leurs costumes à l’origine plus fantaisistes.
Sans
pour autant déverser les flots d’effets spéciaux coutumiers, le
cinéaste tempère habilement les scènes d’action avec un scénario
qui fait l’objet d’un véritable postulat contre l’exclusion en
véhiculant un message de tolérance. D’ailleurs, le mot est lancé
dès la séquence d’ouverture dans le camp de concentration. Le
film se veut également une métaphore sur la lutte idéologique
entre Martin Luther King et Malcolm X symbolisée par le Professeur
Xavier et Magneto, l’un aspirant à une cohabitation pacifique
avec les hommes alors que l’autre veut s’imposer par la force.
En
incarnant ces leaders symboliques, Patrick Stewart (le capitaine
Picard de Star Trek Next Generation) et Ian Mc Kellen (Gandalf
dans "Le Seigneur des Anneaux"), deux comédiens issus
de la prestigieuse école shakespearienne nous livrent une excellente
prestation. Le récit se focalise principalement sur le personnage
de Logan (Wolverine en VO et Serval en VF) qui a les traits de
Hugh Jackman, acteur australien habitué aux rôles de séducteur.
Ce dernier s’est immiscé à la perfection dans la peau de ce mutant
déchiré entre haine et compassion, afin de lui conférer une réelle
profondeur (la quête de son identité) et une dimension humaine
notamment dans sa relation avec Malicia (l’étonnante Anna Paquin),
une adolescente pourvue d’un don qui lui apparaît comme une malédiction.
Une
version cinéma qui apporte un nouveau souffle au mythe en donnant
du relief à cette équipe hors du commun qui ne se révèlera pas
sans failles psychologiques. Le succès de "X-Men" a
relancé la mode des comics sur grand écran puisqu’il a ouvert
la voie à une autre adaptation réussie, celle de Spider-Man.
Fabien
Rousseau

X-MEN
2 (2003) de Bryan Singer avec Patrick Stewart, Ian Mc Kellen,
Hugh Jackman, Brian Cox (William Stryker), Famke Janssen, James
Mardsen, Anna Paquin, Halle Berry, Rebecca Romijn Stamos, Alan
Cumming (Kurt Wagner/Diablo), Shawn Ashmore (Bobby Drake/Iceberg),
Aaron Stanford (St.John Allerdyce/Pyro), Kelly Hu (Anne Reynolds/Lady
Deathstrike).
1°)AVIS
: POUR
Une
mystérieuse créature fait irruption dans le bureau du président
des Etats-Unis et attente à sa vie. Suite à cette agression, le
militaire William Stryker ordonne à ses commandos d’emprisonner
tous les mutants. Les X-Men éparpillés dans la nature vont accepter
de faire alliance avec Magneto et Mystique afin de libérer le
Professeur Xavier.
Alors
que le précèdent opus se terminait sur l’affrontement entre bons
et mauvais surhommes, ce X2 annonce la guerre entre hommes et
mutants, présagée par Magneto. La question était de savoir si
Bryan Singer, qui devait s’atteler à une nouvelle version de Battlestar
Galactica, allait privilégier la profusion d’insertions numériques
au détriment des personnages.
Heureusement,
Bryan Singer nous offre une vraie suite à l’heure où les séquelles
sont bien souvent catastrophiques et continue d’exploiter la mythologie
ainsi que l’essence de la BD. Ainsi, il prolonge l’intrigue du
premier en développant un héros emblématique, en l’occurrence,
Logan/Wolverine (Hugh Jackman toujours impeccable) en levant le
voile sur son passé énigmatique tandis que Jean Grey se voit attribuer
un rôle plus important. A travers ces péripéties, on nous dévoile
une nouvelle lignée de mutants tels que Iceberg épris de Malicia,
Pyro attiré par le mal et Diablo à la foi religieuse inébranlable,
particulièrement émouvant grâce à l’interprétation d’Alan Cumming.
Ce ne sont pas moins de trois générations qui sont représentées
et près de douze personnages qui évoluent à l’écran. Quant à Brian
Cox (remarquable dans "La 25ème heure"),
il symbolise tout ce qu’il y a de plus étroit et de plus vil dans
l’esprit d’un homme.
Si
le propos sur le droit à la différence est nettement moins perceptible,
celui sur l’esprit de cohésion du groupe reste de rigueur et se
renforce même dans les moments d’adversité. A ce titre, le récit
ne manque pas de nous gratifier de spectaculaires séquences d’action
comme l’attaque de l’école, la poursuite dans les airs ou la succession
de morceaux de bravoure dans la base souterraine. Même si le film
sacrifie aux impératifs du blockbuster (les dirigeants de la Fox
sont derrière la production), il bénéficie toutefois d’effets
visuels soignés qui se mettent au service de l’histoire (l’évasion
de Magneto en est l’illustration) et non pas l’inverse comme l’avait
démontré le désastreux Daredevil.
"X-Men
2" remplit honorablement son contrat en se présentant comme
un divertissement haut de gamme. Comme ce second épisode ouvre
quelques pistes et esquisse de nouveaux protagonistes (une brève
apparition de Colossus), il est fort à parier qu’un "X-Men"
3 verra le jour d’ici trois ans. Mais l’aventure Marvel ne s’arrête
pas pour cette année puisque la fracassante arrivée de "L’incroyable
Hulk" réalisé par Ang Lee, est annoncée pour le 2 juillet.
Fabien
Rousseau

2°)AVIS
: CONTRE
La
scène d’ouverture résume à elle seule le deuxième épisode d’une
des plus célèbres comics américaines, genre qui fait recette au
cinéma ces temps-ci. La scène se passe dans
la Maison Blanche (e viva America…). Un étranger aux multiples
pouvoirs, a priori invincible et dangereux, met en déroute grâce
à la téléportation la horde armée des protecteurs du Saint Président,
autrement dit de la Nation Américaine. Heureusement, un garde
du corps héroïque et salvateur met hors de danger le président
et met en fuite le mutant au visage noir. Sauf que, ô surprise !,
cet assaillant est un bon et que le méchant, ce n’est pas le président
(n’allons pas jusque là) mais un de ses sous-fifres qui veut éliminer
la race des mutants. Bilan : des effets
soi-disant spéciaux et grandioses, en réalité efficaces mais pas
crédibles, des personnages déguisés ridicules, et une tentative
d’assassinat du président des Etats-Unis manquée (dommage…) :
un ratage complet.
Alors oui, ces mutants
réclament le droit d’exister, délivrent un message de tolérance
et de solidarité puisqu’ils ne peuvent vivre qu’unis (comme les
Etats-…), puisqu’ils ne peuvent vivre que grâce aux autres. D’ailleurs
ce n’est pas un hasard si l’on en veut spécialement à des créatures
souvent plus intelligentes, sensibles, munies de multiples pouvoirs
que les hommes « normaux » ne peuvent maîtriser. D’où
la peur, d’où la menace, d’où l’élimination. Ceci est une parabole
d’autant plus louable en ces temps qui courent.
Il n’empêche, l’on s’ennuie
ferme pendant plus de 2 heures. On, ce sont bien sûr les personnes
qui, comme moi, ne font pas partie des innombrables fans des X-Men.
Sans pour autant être un adversaire du genre, j’avoue un brin
de mauvaise foi. Mauvaise foi qui devient réel dépit lorsqu’il
s’agit d’évoquer un scénario et des dialogues plus que faibles,
sans compter les pop-corn qui craquent dans vos oreilles dans
la salle.
Pour les déçus de Bryan
Singer (réalisateur du film culte "Usual Suspects")
et pour les non fans de ces célèbres mutants, c’est joker !
Alessandro
Di Giuseppe
Le
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