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X-MEN 2

Un film de Bryan Singer avec Patrick Stewart, Hugh  Jackman, Ian McKellen, Halle Berry et Famke Janssen.

Sortie le 30 avril 2003.

 

 

 

Pour voir les images du film, cliquez ici.

Toujours considérés comme des monstres par une société qui les rejette, les mutants sont une nouvelle fois au centre des débats alors qu'un crime effroyable commis par l'un d'eux relance la polémique autour de l'Acte d'Enregistrement des Mutants et le mouvement anti-mutants, dirigé par l'ancien militaire William Stryker. Quand ce dernier lance une attaque contre l'école de mutants du Professeur Charles Xavier, les X-Men se préparent à une guerre sans merci pour leur survie, aidés de Magnéto, récemment évadé de sa cellule de plastique. Parallèlement, Wolverine enquête sur son mystérieux passé, auquel Stryker, dont on dit qu'il a mené de nombreuses expériences sur les mutants, ne serait pas étranger...

Note de la rédaction : afin d'être aussi complet que possible, vous pourrez lire ci-dessous une présentation de l'univers de "X-Men", la critique du premier film et l'avis de la rédaction sur le second opus.

 

LA SAGA DES MUTANTS 

Dans les années 60, le mouvement pour les droits civiques bat son plein aux Etats-Unis notamment avec le débat sur l’intégration des minorités. C’est à cette période que le scénariste Stan Lee et l’illustrateur Jack Kirby de la fameuse firme Marvel Comics, créent les X-Men, des surhommes dont les facultés hors normes (certains maîtrisent l’un des quatre éléments) proviennent de mutations génétiques qui se manifestent à l’adolescence.

Le premier épisode qui paraît en septembre 63, relate comment le Professeur Charles Xavier, un puissant télépathe paraplégique, fondateur d’une école pour jeunes surdoués se retrouve à la tête d’une communauté de super-héros constituée de Cyclope, Jean Grey, Iceberg, Angel et le Fauve. Le discours politique et philosophique est mis en évidence dans le comics où se profile une allégorie sur la discrimination. « Les étranges X-Men » doivent non seulement faire face à une humanité qui les rejette et les montre du doigt mais également protéger celle-ci des attaques de mutants mal intentionnés. Sur près de quatre décennies, l’équipe ne cessera de s’élargir avec de nouveaux membres comme Tornade, Colossus, Diablo, Serval et de nombreux autres.

A la fin des années 70, les adaptations de super-héros de la Marvel n’ont pas bénéficié d’un traitement de faveur. Ainsi des figures marquantes comme Captain America, Spider-Man ou Hulk ont été employés dans des téléfilms (souvent exploités dans les salles européennes) avec des acteurs habillés de costumes kitsch s’illustrant dans des scénarios sans la moindre ambition.

Le vent tourne en 1995 lorsque la Fox rachète les droits de la saga des "X-Men" et convainc Bryan Singer, brillant auteur d’"Usual Suspects" et d’"Un élève doué", de mettre en scène leurs aventures. Totalement néophyte en la matière, le jeune réalisateur mise sur la crédibilité et s’imprègne des thèmes, des caractères et des relations entre chaque individu à travers les comic-books et la série animée.

Fabien Rousseau

 

 

X-MEN (2000) de Bryan Singer avec Patrick Stewart (Professeur Charles Xavier), Ian Mc Kellen (Erik Lehnsherr/Magneto), Hugh Jackman (Logan/Wolverine), Famke Janssen (Jean Grey), James Mardsen (Scott Summers/Cyclope), Anna Paquin (Malicia), Halle Berry (Ororo Munroe/Tornade), Bruce Davison (sénateur Robert Kelly), Rebecca Romijn Stamos (Mystique), Ray Park (Crapaud), Tyler Mane (Dents de sabre).

« Nous ne sommes pas ce que vous croyez. » (Charles Xavier s’adressant au sénateur Kelly)

Cyclope, Jean Grey et Tornade, un groupe de jeunes mutants mené par le Professeur Xavier, tentent de convaincre le sénateur Kelly et la société du bien fondé de leur institut. Dans le même temps, Malicia et Logan décident de se joindre à leur équipe. Les X-Men vont devoir combattre une autre confrérie composée de Dents de sabre, Mystique et Crapaud dont le maître Magneto ambitionne de réduire l’humanité à néant.

Au vu du potentiel de la BD, il n’était pas facile d’adapter l’univers des X-Men au langage cinématographique et c’est ce que réussit avec brio, Bryan Singer qui a su transposer dans ce premier chapitre, l’esprit du célèbre comics en y apportant une vision personnelle et moderne. Plutôt que de s’inspirer d’un épisode, il choisit de rassembler des personnages issus de différentes époques de la série et d’uniformiser leurs costumes à l’origine plus fantaisistes.

Sans pour autant déverser les flots d’effets spéciaux coutumiers, le cinéaste tempère habilement les scènes d’action avec un scénario qui fait l’objet d’un véritable postulat contre l’exclusion en véhiculant un message de tolérance. D’ailleurs, le mot est lancé dès la séquence d’ouverture dans le camp de concentration. Le film se veut également une métaphore sur la lutte idéologique entre Martin Luther King et Malcolm X symbolisée par le Professeur Xavier et Magneto, l’un aspirant à une cohabitation pacifique avec les hommes alors que l’autre veut s’imposer par la force.

En incarnant ces leaders symboliques, Patrick Stewart (le capitaine Picard de Star Trek Next Generation) et Ian Mc Kellen (Gandalf dans "Le Seigneur des Anneaux"), deux comédiens issus de la prestigieuse école shakespearienne nous livrent une excellente prestation. Le récit se focalise principalement sur le personnage de Logan (Wolverine en VO et Serval en VF) qui a les traits de Hugh Jackman, acteur australien habitué aux rôles de séducteur. Ce dernier s’est immiscé à la perfection dans la peau de ce mutant déchiré entre haine et compassion, afin de lui conférer une réelle profondeur (la quête de son identité) et une dimension humaine notamment dans sa relation avec Malicia (l’étonnante Anna Paquin), une adolescente pourvue d’un don qui lui apparaît comme une malédiction.

Une version cinéma qui apporte un nouveau souffle au mythe en donnant du relief à cette équipe hors du commun qui ne se révèlera pas sans failles psychologiques. Le succès de "X-Men" a relancé la mode des comics sur grand écran puisqu’il a ouvert la voie à une autre adaptation réussie, celle de Spider-Man.

Fabien Rousseau

 

X-MEN 2 (2003) de Bryan Singer avec Patrick Stewart, Ian Mc Kellen, Hugh Jackman, Brian Cox (William Stryker), Famke Janssen, James Mardsen, Anna Paquin, Halle Berry, Rebecca Romijn Stamos, Alan Cumming (Kurt Wagner/Diablo), Shawn Ashmore (Bobby Drake/Iceberg), Aaron Stanford (St.John Allerdyce/Pyro), Kelly Hu (Anne Reynolds/Lady Deathstrike).

 

1°)AVIS : POUR

Une mystérieuse créature fait irruption dans le bureau du président des Etats-Unis et attente à sa vie. Suite à cette agression, le militaire William Stryker ordonne à ses commandos d’emprisonner tous les mutants. Les X-Men éparpillés dans la nature vont accepter de faire alliance avec Magneto et Mystique afin de libérer le Professeur Xavier.

Alors que le précèdent opus se terminait sur l’affrontement entre bons et mauvais surhommes, ce X2 annonce la guerre entre hommes et mutants, présagée par Magneto. La question était de savoir si Bryan Singer, qui devait s’atteler à une nouvelle version de Battlestar Galactica, allait privilégier la profusion d’insertions numériques au détriment des personnages.

Heureusement, Bryan Singer nous offre une vraie suite à l’heure où les séquelles sont bien souvent catastrophiques et continue d’exploiter la mythologie ainsi que l’essence de la BD. Ainsi, il prolonge l’intrigue du premier en développant un héros emblématique, en l’occurrence, Logan/Wolverine (Hugh Jackman toujours impeccable) en levant le voile sur son passé énigmatique tandis que Jean Grey se voit attribuer un rôle plus important. A travers ces péripéties, on nous dévoile une nouvelle lignée de mutants tels que Iceberg épris de Malicia, Pyro attiré par le mal et Diablo à la foi religieuse inébranlable, particulièrement émouvant grâce à l’interprétation d’Alan Cumming. Ce ne sont pas moins de trois générations qui sont représentées et près de douze personnages qui évoluent à l’écran. Quant à Brian Cox (remarquable dans "La 25ème heure"), il symbolise tout ce qu’il y a de plus étroit et de plus vil dans l’esprit d’un homme.

Si le propos sur le droit à la différence est nettement moins perceptible, celui sur l’esprit de cohésion du groupe reste de rigueur et se renforce même dans les moments d’adversité. A ce titre, le récit ne manque pas de nous gratifier de spectaculaires séquences d’action comme l’attaque de l’école, la poursuite dans les airs ou la succession de morceaux de bravoure dans la base souterraine. Même si le film sacrifie aux impératifs du blockbuster (les dirigeants de la Fox sont derrière la production), il bénéficie toutefois d’effets visuels soignés qui se mettent au service de l’histoire (l’évasion de Magneto en est l’illustration) et non pas l’inverse comme l’avait démontré le désastreux Daredevil.

"X-Men 2" remplit honorablement son contrat en se présentant comme un divertissement haut de gamme. Comme ce second épisode ouvre quelques pistes et esquisse de nouveaux protagonistes (une brève apparition de Colossus), il est fort à parier qu’un "X-Men" 3 verra le jour d’ici trois ans. Mais l’aventure Marvel ne s’arrête pas pour cette année puisque la fracassante arrivée de "L’incroyable Hulk" réalisé par Ang Lee, est annoncée pour le 2 juillet.

Fabien Rousseau

 

2°)AVIS : CONTRE

La scène d’ouverture résume à elle seule le deuxième épisode d’une des plus célèbres comics américaines, genre qui fait recette au cinéma ces temps-ci. La scène se passe dans la Maison Blanche (e viva America…). Un étranger aux multiples pouvoirs, a priori invincible et dangereux, met en déroute grâce à la téléportation la horde armée des protecteurs du Saint Président, autrement dit de la Nation Américaine. Heureusement, un garde du corps héroïque et salvateur met hors de danger le président et met en fuite le mutant au visage noir. Sauf que, ô surprise !, cet assaillant est un bon et que le méchant, ce n’est pas le président (n’allons pas jusque là) mais un de ses sous-fifres qui veut éliminer la race des mutants. Bilan : des effets soi-disant spéciaux et grandioses, en réalité efficaces mais pas crédibles, des personnages déguisés ridicules, et une tentative d’assassinat du président des Etats-Unis manquée (dommage…) : un ratage complet. 

Alors oui, ces mutants réclament le droit d’exister, délivrent un message de tolérance et de solidarité puisqu’ils ne peuvent vivre qu’unis (comme les Etats-…), puisqu’ils ne peuvent vivre que grâce aux autres. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si l’on en veut spécialement à des créatures souvent plus intelligentes, sensibles, munies de multiples pouvoirs que les hommes « normaux » ne peuvent maîtriser. D’où la peur, d’où la menace, d’où l’élimination. Ceci est une parabole d’autant plus louable en ces temps qui courent. 

Il n’empêche, l’on s’ennuie ferme pendant plus de 2 heures. On, ce sont bien sûr les personnes qui, comme moi, ne font pas partie des innombrables fans des X-Men. Sans pour autant être un adversaire du genre, j’avoue un brin de mauvaise foi. Mauvaise foi qui devient réel dépit lorsqu’il s’agit d’évoquer un scénario et des dialogues plus que faibles, sans compter les pop-corn qui craquent dans vos oreilles dans la salle.

Pour les déçus de Bryan Singer (réalisateur du film culte "Usual Suspects") et pour les non fans de ces célèbres mutants, c’est joker ! 

Alessandro Di Giuseppe

 

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