16 janvier 2019
DVD / Blu-ray

La Sentinelle des Maudits : Le Bluray

LA SENTINELLE DES MAUDITS

Sortie en Bluray chez Elephant Films

Par Fabrice Simon

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Un film réalisé par Michael Winner en 1977.

Synopsis

Mannequin très connue, Allison Parker emménage dans un appartement au cœur d'un immeuble de New York où un prêtre aveugle occupe le dernier étage et passe l’intégralité de son temps posté à la fenêtre.

Alors qu’Allison fait connaissance avec ses nouveaux voisins, son quotidien se dérègle. La jeune femme souffre de migraines de plus en plus prenantes, et ses cauchemars la confrontent à ses traumatismes les plus profonds : une figure paternelle autoritaire et perverse, qui la poussa autrefois à commettre une tentative de suicide...

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Chris Sarandon et Christina Raines.

A propos du film

Considéré comme un mixte entre « Rosemary's baby » et « L'Exociste », « La Sentinelle des maudits », sorti récemment dans une excellente copie Blu-ray chez l'éditeur Elephant, doit essentiellement sa genèse au film de Roman Polanski.

Suite au succès public du film du cinéaste polonais, à la fin des années soixante, de nombreux studios hollywoodien enchaînèrent les projets de ce type soit des productions horrifiques relativement grand public mélangeant aspect fantastique (à la limite du satanisme), milieu urbain (et donc ancré dans le quotidien des spectateurs) et folie individuelle du personnage principal.

Après le chef d’œuvre de Friedkin , datant de 1973, puis celui de Richard Donner (« La Malédiction » en 1976), le studio Universal – pourtant connu par ses films de monstres, comme ceux avec Frankenstein ou Dracula par exemple, dans les années trente et donc précurseur en la matière – se retrouve à la traîne et se hâte de concrétiser un projet de même nature.

En 1977, l'idée est alors d'acheter à prix d'or, le roman The Sentinel de Jeffrey Konvitz qui vient de se vendre à plus d'un million d'exemplaire dans tous les États-Unis. Seule contrainte : l'écrivain, échaudé par certaines adaptation de ses livres, décide d'en écrire le scénario. Une mauvaise idée au final tant celui-ci sera le point faible du film.

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Ava Gardner.

Un casting hétéroclite

Au niveau des acteurs, comme souvent lors des œuvres datant des années soixante-dix, un mélange d'immense gloire du passé et de jeunes pousses du futur constituent le casting. Ainsi, d'un côté, Ava Gardner, Eli Wallach, Burgess Meredith, John Carradine et José Ferrer côtoient Jeff Goldblum, Tom Berenger, Christopher Walken et même Richard Dreyfuss pour un caméo des plus furtifs.

Les deux personnages principaux sont, quant à eux, interprétés par deux acteurs à la carrière décevante : l'héroïne est ainsi interprétée par la lumineuse Christina Raines – dont la carrière s'arrêtera malheureusement très vite – et son compagnon par Chris Sarandon, dont l'un des faits de gloire est d'avoir incarné le méchant dans le cultissime « Vampire, vous avez dit vampire ? » en 1985.

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Jeff Goldblum à ses débuts.

Le choix du réalisateur

Du côté du cinéaste en tête du projet, après avoir porté ses choix sur Don Siegel ou Fred Zinneman (voire d'après la légende l'immense Sam peckinpah), le studio engage Michael Winner dont le film « Un justicier dans la ville » vient d'impressionner critique et spectateurs par son côté transgressif.

Un côté transgressif que le cinéaste poursuivra dans « La Sentinelle des maudits » en engageant, à la façon d'un Tod Browning dans « Freaks », des acteurs difformes pour les séquences cauchemardesques des séquences finales.

Désireux de tourner en décors naturels et non en studio (dans une magnifique demeure située au 10 Montague Terrace de New York et objet d'un supplément de Julien Comelli et Erwan le Gac dans la partie bonus du Blu-ray) Winner entreprend alors une œuvre gore, terrifiante et transgressive qui déroute plus d'un spectateur mais qui, au final, pêche d'un scénario pour le moins prévisible.

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Christina Raines.

Pour quel résultat ?

Le gros défaut du film est finalement d'éviter de tomber dans tous les clichés de ce type de production : sexualité trouble avec le père, traumatisme de l'enfance, couple indécis sur sa vie à deux, maison hantée qui n'est rien d'autre qu'une porte ouverte sur l'enfer, religieux censés être les gardiens d'une possible invasion démoniaque au risque de perdre la vue.

Si l'on ajoute les scènes de sexe à trois, des héros particulièrement fades, on se dit que le résultat ne tient que par son ambiance particulièrement oppressante et par un nihilisme qui semble être l’empreinte majeure du cinéma de Winner.

Sorti en même temps que nombre de longs-métrages de même acabit, « La Sentinelle des maudits » connaîtra un bide retentissant au box-office américain.

Les suites programmées resteront à l'état de projet et « La Sentinelle des maudits » demeure dans l'histoire comme un film sulfureux muni d'une mauvaise réputation, à tel point que le studio sera contraint d'expurger de nombreuses scènes pour que son œuvre puisse passer à la télévision américaine.

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Une édition en Bluray d'Elephant Films.

A propos des bonus du Bluray

Les Bonus : comme souvent, bandes-annonces du film et des autres longs-métrages de la collection sont proposés. Mais deux documentaire relativement passionnants viennent compléter une édition qui mérite véritablement le détour.

Dans le premier « Le Locataire » de Julien Comelli et Erwan Le Gac, le spectateur apprend quelques anecdotes sur ce films alors que dans le second « 10 Montague Terrace » des deux mêmes auteurs, une visite de la demeure new-yorkaise où fut tourné ce film est proposée. Une idée originale et passionnante.

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