15 décembre 2018
Festivals

Arras Film Festival 2018 : Clap de fin en beauté !

Clap de fin pour ma venue au Arras Film Festival ! Ce samedi 10 Novembre, on a enchaîné quatre projections pour conclure en beauté ce festival. On reviendra plus tard sur le bilan de cet agréable festival mais pour le moment, revenons sur les temps forts de cette dernière journée passée là-bas ! Au programme : Un grand film colombien, une fantaisie belge, une pause animée et le retour tant attendu de Yorgos Lanthimos.

La journée a commencée timidement avec "Emma Peeters", réalisé par Nicole Palo. Cette fantaisie tout droit venue de Belgique débute par ce que l'on a vu depuis plusieurs années : La chronique d'une apprentie actrice (jouée par la toujours aussi géniale Monia Chokri) galérant à Paris en alternant entre petit boulot dans un magasin d'électro-ménager et castings ratés.  On a déjà vu ça, ne serait-ce que chez Noah Baumbach et son "Frances Ha" cultissime, mais ça ne déplaît pas à regarder. En plus, quand ça évoque Gena Rowlands et Bergman, forcément ça nous parle. Mais, soudainement, le film prend un virage inattendu en partant vers une comédie romantique particulièrement macabre. Ayant marre d'attendre, notre héroïne décide de mettre fin à ses jours et commence à entretenir une relation avec son croque-mort. Un détour surprenant, qui accroche pendant un moment puis fini rapidement par s'essouffler. Le film accumule les quiproquos et les effets de styles pompeux pour aboutir à une conclusion très prévisible. Ni raté, ni réussi, juste un objet sympathique qui sera vite oubliable.

En revanche, difficile de dire cela des "Oiseaux de passages" du duo colombien Ciro Guerra/Cristina Gallego. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce film est définitivement mon ultime coup de cœur de ce Festival ! Relatant la naissance et la chute d'un cartel de drogues chez une famille d'indigènes Wayuu dans les années 70, ce nouveau long-métrage des auteurs de "L'empreinte du serpent" frappe par sa densité. Une densité romanesque, d'abord, en raison de l'attention des auteurs à approfondir les relations entre les personnages. Les dilemmes auxquels est confronté Rapayet, personnage principal, marquent instantanément l'esprit du spectateur.

Etalé sur plusieurs années, le film prend le temps de développer des problématiques quant à la question de la loyauté en famille, en amitié et aux croyances. C'est un film qui fait mal mais qui en même temps, est sublimé par sa photographie merveilleuse, accordant une grande importance aux espaces. Diaphana Films n'a toujours pas annoncé de date de sortie, alors qu'il a pourtant été présenté en ouverture à la Quinzaine des réalisateur. Il serait enfin temps de sortir cette pépite de genre dans les salles !

Après tant de violence, il fallait faire une petite pause et pour cela, on a été voir un dessin animée français : "Pachamama". D'une courte durée (1h10), ce film de Juan Antin se regarde comme un agréable film d'aventures pour toute la famille (fin, surtout pour les enfants en fait). L'histoire, somme tout assez classique, parvient à captiver et à émouvoir dans cette quête de la maturité.

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La Favorite (sortie prévue le 06 février 2019).

Puis, il est venu le moment de la dernière séance. Une séance très attendue, en tant que fan du réalisateur, et avec une présence de luxe chez les spectateurs puisque Gilles Legrand et Agnès Jaoui ont assisté à la projection. Ce film n'était rien d'autre que "La Favorite" de Yorgos Lanthimos. Un an après avoir provoqué rire et effroi dans sa tragédie comique "Mise à mort du cerf sacré", l'auteur revient avec un projet encore atypique : la réinvention du film-à-costume.

Avec un casting royal (Emma Stone, Rachel Weisz et Olivia Coleman en trio de tête, rien que ça), Lanthimos signe une bouffonnerie tragique où la trahison est de rigueur. Sans ressortir l'imagerie graphique et sanguinolente de ses précédents films, Lanthimos fait éclater de rire dans les attaques cruelles de ses personnages. On ressort de ce film en étant content de terminer le Festival par un spectacle d'une grande beauté et surtout très drôle.

C'est tout pour moi à cette édition du Arras Film Festival ! Un immense merci à l'organisation du Festival pour son accueil et pour nous avoir permis de découvrir une variété infinie de films. Cette édition touche à sa fin ce dimanche, mais il sera encore d'actualité prochainement sur Le Quotidien de Cinéma avec de nombreuses critiques à venir !

Victor Van De Kadsye

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