15 décembre 2018
Festivals

Arras Film Festival 2018 : Interview de Diane Kurys et Vianney

Encore un nouveau jour pour l’Arras Film festival, qui en a profité pour nous sortir une surprise pour le moins inattendue.  C’est "Maman est folle",  le nouveau film de Diane Kurys qui vient apporter une brise de légèreté bienvenue à une journée par ailleurs chargée en destins brisés sur celluloïd (Le cercle Parfait, comparable à un la Vie est belle avant l’heure dans la guerre des Balkans, et l’éprouvant Jumpman dans la compétition européenne).

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Sortie prévue le 05 décembre 2018


Si sur le papier, la combinaison Diane Kurys-Alexandre Arcady (à la production) – Vianney n’a pas grand-chose d’une combinaison gagnante (en tous cas en ce qui concerne votre serviteur), le résultat se révèle pourtant assez engageant à l’écran. Un résultat qui doit beaucoup à une Fanny Ardant dans la peau de cette excentrique sur le point d’être expulsée, qui embarque son fils qui l’a fuit à Rotterdam depuis plusieurs années dans un road-trip réconciliateur…

Nous avons rencontré la réalisatrice et son très (très) sympathique jeune acteur, venus défendre le film à l’Arras film festival.

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Vianney était présent à la conférence de presse consacrée au film "Ma mère est une folle"


LQDC : On a vraiment l’impression que le film a été écrit et pensé pour Fanny Ardant. Est-ce le cas ?

DK : Excellent question, et la réponse est non. Quand j’écris des films, je ne pense jamais aux acteurs avant. C’est une image qui vient se superposer au personnage par la suite. Eventuellement on a de la chance, et après on donne l’impression que c’était fait pour. Ce qui veut dire que c’est une très bonne actrice, ou que mon rôle a été très bénéfique. Mais je n’avais pas pensé à elle en amont.

LQDC : Vianney, j’imagine que ça ne doit pas être facile d’exister face à Fanny Ardant pour votre premier rôle au cinéma. Comment vous avez travaillé tous les deux cette passerelle ?

V : T’as raison sur le principe évidemment, et je me disais la même chose. Mais je m’étais fait à l’idée et de toutes façons, je me disais qu’elle prendrait toute la place qu’elle veut. J’étais déjà très heureux d’être à ses côtés. Après dans la pratique, c’est pas du tout ce qui se passe.  Fanny a une grande humilité au travail, avec une grande simplicité et elle met très à l’aise.

Le premier jour de tournage était le plus dur, quand elle pleure et tout ça! Je n’avais jamais joué de ma vie, et je me suis retrouvé face à elle. J’avais milles raisons de paniquer ou de me poser des questions. Mais déjà je ne m’en pose pas beaucoup d’ordinaire, et là j’en avais encore moins grâce à elle, car elle a un grand naturel qui met très à l’aise. Elle a été extrêmement bienveillante, très pédagogue sans donner de leçons. J’ai vraiment eu beaucoup de chances. Je serais tombé sur un acteur avec un melon énormé, qui m’aurait écrasé justement ça m’aurait énervé je serais rentré dedans aussi tu vois… La grande humanité de Fanny m’a aidé à donner le meilleur de moi-même.

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La réalisatrice Diane Kurys était présente à la conférence de presse du film "Ma mère est folle"

 

LQDC : Le film repose beaucoup sur le contraste entre la mère et le fils : elle est aussi extravertie et parfois lunatique que votre personnage est très timide et effacé. Comment vous avez travaillé cette dimension à l’écriture et avec vos acteurs ?

DK : Je n’ai pas écrit le scénario pour une fois, c’est mon fils Sacha Sperling qui a écrit ce scénario avec son coscénariste.  Et on était parti tous les deux sur l’idée d’une mère un peu barge et d’un fils un peu sérieux…. Ce qui n’est pas notre cas (rires). Moi je suis bavarde, lui n’est pas sérieux. Et le scénario était écrit, j’ai ajouté quelques petites touches personnelles et ce contraste m’amusait. L’un fait rire, et l’autre est en réactions. Et c’est plus difficile de jouer la réaction, le rôle de Vianney était au fond difficile quelque part que celui de Fanny ; car ça peut-être lassant à force de toujours réagir, à dire « tu exagères ». C’est ça ce personnage, il exagère tellement que lui a fini par se sauver d’elle. Et petit à petit, au cours du voyage, c’est l’humanité qui se dégage, ils retrouvent une complicité qu’ils pouvaient avoir quand il était petit, on sent qu’il y a eu un amour très fort, comme il y a souvent entre mère et fils.


Propos recueillis par Guillaume Meral
Photos : Stéphane Picot

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