16 décembre 2018
Focus

Au coeur de la génération vidéoclub

Au cœur de la génération vidéoclub
 
Mercredi 17 Octobre, 20h au Forum des Images, Allociné, connu pour sa plateforme homonyme consacrée au cinéma et aux séries TV (vieille de 25 ans déjà !).

Accueil des passionnés pour une soirée de lancement en mode années 80. Le site diversifie ses activités avec la publication de son premier livre, Back to the 80's - Génération Vidéoclub !, lettre d’amour au cinéma des années 80 et aux années VHS. Dans le cadre des projets de diversification autour de ses marques médias, le groupe Webedia, qui possède plusieurs sites français dont Allociné, a collaboré avec la rédaction de la plateforme pour rédiger un livre sur les 100 films culte des années 1980.

1980-1989 : une décennie de cinéma foisonnante, marquante, unique. Dix ans de films qui ont forgé, parallèlement aux grands classiques du Septième Art, notre amour pour la péloche. Les rédacteurs d’Allociné ont entrepris un travail absolument indispensable : celui de sélectionner les 100 films les plus culte des années 80, compilés dans un seul et unique livre. Véritable machine à remonter le temps, l’ouvrage offre à ces cent inoubliables du grand écran l’écrin qu’ils méritent.

Affiches, anecdotes croustillantes, nombre d'entrées en France, réplique culte et histoire du film, chaque fiche regorge d’infos et de souvenirs qui nous replongent dans ce temps où le replay n’existait pas plus que Youtube. Yoann Sardet accueille les passionnés en cette soirée de lancement, expliquant qu’à travers cet ouvrage-passion, la rédaction a cherché à partager SES films des années 80, entre claques d'enfance, cartons au box-office, machines à punchlines et nanars aux allures de plaisirs coupables. Pour proposer ces 100 incontournables, il insiste sur le fait que la sélection fut ardue, les choix compliqués, les sacrifices nombreux. Mais ils l’ont fait ! Tueurs en série, karatékas en herbe, militaires baraqués, douces romances ou encore buddy movies : il y a tout ça dans le vidéoclub parfait d'AlloCiné.

« Retour vers le futur », « Dirty Dancing », « E.T. », « Les Goonies », « Rain Man », « Y a-t-il un pilote dans l’avion ? », « Terminator », « Quand Harry rencontre Sally », « Le Père Noël est une ordure » : redécouvrez le livre vous fait revivre les plus grands moments des années VHS, qui ont depuis inspiré Stranger Things, J.J. Abrams et tant d’autres. « S.O.S fantômes » ouvre le bal en cette soirée de lancement.


« S.O.S fantômes » fait partie de ces projets culte ayant bercé toute une génération de cinéphile et qui subsistent encore aujourd’hui. Diffusé encore et encore à la télévision, succès critique, public et commercial à sa sortie, le film a été un raz-de-marée ectoplasmique. Confié aux jeunes mains d’Ivan Reitman qui, à l’époque, n’avait réalisé que quatre longs métrages peu salués, le projet est né des esprits de Dan Aykroyd et John Belushi. Les deux comiques avaient imaginé le portrait d’exterminateurs futuristes chassant des fantômes à travers l’espace et le temps. La mort de Belushi en 1982 contraint Aykroyd à engager Bill Murray pour le remplacer. Pendant ce temps, Harold Ramis assiste à la finalisation du script et change le concept futuriste afin d’installer l’action à New-York dans un but totalement financier. Avec la mise en scène d’Ivan Reitman, le trio d’acteurs demeure encore aujourd’hui la meilleure idée du film. Si Harold Ramis et Dan Aykroyd sont étonnamment sobres, l’ensemble repose intégralement sur les épaules d’un Bill Murray impérial, véritable prince de la comédie. Sans jamais forcer la note, il est irrésistible en scientifique sceptique devant les phénomènes qu’il est amené à combattre. Le film nous donne aussi l’occasion de revoir Sigourney Weaver dans un rôle follement sensuel qui tranche avec son emploi traditionnel dans la saga « Alien ». Même avec la présence de Rick Moranis, binoclard quelque peu irritant et caricatural, cette comédie fantastique se regarde avec un plaisir intact malgré les années écoulées.

Le film est accueilli à grand renfort de louanges lors de sa sortie en 1984, de la part du public comme de la presse. Le légendaire critique de cinéma Roger Ebert écrivait à l’époque que  « S.O.S fantômes » est « l’exception à la règle qui dit que de gros effets spéciaux peuvent tuer une comédie. Rarement un film aussi coûteux aura fourni autant de répliques dignes d’être citées ». La messe est dite et les spectateurs se ruent dans les salles, faisant de « S.O.S fantômes » un immense succès, avec près de 300 millions de dollars récoltés au box-office mondial. Le long-métrage se paiera même le luxe de devenir la deuxième plus grosse réussite de l’année aux États-Unis, juste derrière « Le Flic de Beverly Hills ». Au-delà de son casting irréprochable, « S.O.S fantômes » est également entré dans la mémoire collective grâce à sa bande-originale anthologique. Doté d’un thème musical imparable, d’une ambiance très eighties et d’effets spéciaux honorables, même s’ils ont tout de même pris un sacré coup de vieux, bien entendu. Sans compter les superbes compositions d’Elmer Bernstein. Il est impossible de ne pas mentionner le titre éponyme de Ray Parker Jr. Morceau culte parmi les cultes, impossible de dissocier la chanson du film, et ceci, même si l’on ne l’a jamais vu. Comptant sur tous les éléments mentionnés ci-dessus, Ivan Reitman se laisse pousser des ailes. Il laisse éclore tous ses talents de metteur en scène pour un film qui va le rendre bankable. Et ce n’est pas la suite de sa carrière qui nous prouvera le contraire (« Jumeaux », « Junior », « Un Flic à la Maternelle ») : ce monsieur a lourdement participé aux soirées familiales des années 80 et 90. Cette force, il la puise dans l’élégance de sa mise en scène. Laissant un part considérable aux acteurs afin qu’ils s’épanouissent au mieux, il élargit très souvent ses cadres, offrant cette fois-ci de grands espaces propices à de belles envolées du cinématographique.

Trente-et-un an plus tard et malgré une suite plus faible en 1989, « S.O.S fantômes » a gardé son pouvoir de fascination intact. Toujours aussi drôle, rythmé et visuellement marquant malgré le poids des années, le film de Reitman conserve sans forcer son statut d’œuvre culte. Cette réussite, le film la doit en grande partie à ses anti-héros terriblement attachants : Venkman est un coureur de jupons égocentrique, Stantz un grand gamin et Spengler un nerd au dernier degré. L'inverse de ce que Hollywood avait l'habitude de proposer et loin, bien loin d'un Indiana Jones par exemple. Reitman et Aykroyd ont imposé une nouvelle sorte de blockbuster à gros budget, sans véritable tête d'affiche et avec de quasi losers pour personnages principaux. Dans un sens, le premier blockbuster pour geeks, fait par des geeks. Une telle référence que personne n’avait trouvé la formule idéale pour un troisième volet, pas même Dan Aykroyd, qui s’est plusieurs fois cassé les dents sur l’exercice. Il aura fallu attendre 2014 pour que Paul Feig mette le nez dedans et décide de rebooter la franchise plutôt que de se risquer à l’égratigner. Le réalisateur de « Spy » a d'ailleurs prévenu maintes et maintes fois qu'il ne « ruinerait » pas notre enfance avec sa version 100 % féminine. Faute à moitié pardonnée car on ne s'attaque pas à une légende sans prendre de gants.


Après la projection, Richard Darbois (ou The Voice) rejoint Yoann Sardet pour un exercice de questions/réponses, opportunité pour ces passionnés de parler avec Harrison Ford, le Génie « d’Aladin » et Buzz l’Éclair, tous ça dans une même personne. Richard Darbois commence tout d’abord à expliquer son parcours. De ses débuts, à 11 ans, au théâtre et dans des téléfilms, il aimait être devant la caméra mais le doublage s’est très vite installé comme une évidence. Carrière qui de nos jours s’obscurcit, avec la montée des acteurs-doubleurs, acteurs s’essayant au doublage pour apporter une certaine notoriété au film alors que le doublage en lui-même est un métier qui s’apprend. Il explique alors qu’en moyenne un doublage met entre 2 à 4 semaines pour être enregistré. Le doublage n’est pas si long selon lui, c’est tout le travail en amont : avec l’écriture, la rythmique, le visionnage du film, l’analyse de scènes bien particulières, la recherche du personnage et les négociations de plus en plus nombreuses avec les studios Hollywoodiens voulant avoir le dernier mot sur l’adaptation de leurs films. Ce qui laisse moins de place à la spontanéité du langage français, ajoute Richard Darbois. Il avoue avoir une préférence pour le personnage d’Harrison Ford qu’il double depuis le début de sa carrière, même si il se souvient que le Génie « d’Aladin » lui avait permis une plus grande liberté et même une petite touche de fantaisie. Cependant, une question demeure intacte : sera-t-il la prochaine voix française du Génie dans le nouveau live-action de Disney ?

En attendant, vous pouvez retrouver sa voix légendaire et pour (re)découvrir les années 80, en savoir davantage et connaître toute cette époque sur le bout des doigts, rendez-vous en librairie. Le livre est également disponible sur de nombreuses plateformes d’achat en lignes.
Propos recueillis par Alexa Bouhelier Ruelle

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