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Sortie le 01 juin 2011. Crédits photographiques : Twentieth Century Fox France.
Avant que les mutants n’aient révélé leur existence au monde, et avant que Charles Xavier et Érik Lehnsherr ne deviennent le Professeur X et Magneto, ils n’étaient encore que deux jeunes hommes découvrant leurs pouvoirs pour la première fois. Avant de devenir les pires ennemis, ils étaient encore amis, et travaillaient avec d’autres mutants pour empêcher la destruction du monde, l’Armageddon. Au cours de cette opération, le conflit naissant entre les deux hommes s’accentua, et la guerre éternelle entre la Confrérie de Magneto et les X-Men du Professeur X éclata… 
1°)AVIS Qui pensait que les X-men avaient atteint leurs limites ? Après un troisième épisode centré sur le sauvage de la bande (Wolverine) et accès sur l’action spectaculaire et la destruction, la saga est de retour vers ses origines révélant une histoire secrète autour des événements majeurs du XXe siècle. Ce nouveau volet est loin d’être une surprise. D’abord parce que ces dernières années, les préquels semblent nombreux sur nos écrans. Késako un préquel ? C’est un film réalisé après un autre d'une même série, mais dont la chronologie de l'intrigue est antérieure à celle du film précédent. « X-men : le commencement » (« X-men : First class » en anglais) parle donc de lui-même. Une idée qui était déjà dans la tête du mutant en chef Brian Singer dès le tournage de la première apparition des « X-men » en 2000. Cette première rencontre avait comme intrigue principale la lutte idéologique entre le Professeur Xavier et Magneto, entre les bons mutants et les méchants pour schématiser. « X-Men : le commencement » s’oriente vers le lien entre Charles et Érik, fondé sur un profond respect mutuel, et la route qu’ils font ensemble jusqu'à ce que leurs différences les amènent à la croisée des chemins. Bryan Singer, réalisateur de « X-Men » et « X-Men 2 », avait cédé sa place pour l’épisode consacré à Wolverine et faisant parti d’une franchise quelque peu différente : « X-Men Origins ». Un virage qui n’était pas du goût du réalisateur de « Walkyrie » (dont le thème était le Nazisme) qui a déserté ce projet pour mieux revenir avec sa version des origines en tant que producteur et laissant la réalisation de ce préquel à Matthew Vaughn (« Kick-Ass »). En bon élève, Matthew Vaughn cite X-Men, X-Men 2, mais aussi Star Trek et les films de James Bond des années 60 comme principales influences de son nouveau long métrage. Il choisit aussi une scène d’ouverture où il copie à l’identique celle que Bryan Singer avait créée pour le premier opus. Sur ce sujet, il est à noter que le nazisme est beaucoup plus présent dans ce nouveau volet, une preuve de plus de l’implication réelle de Bryan Singer même si celui-ci n’est pas derrière la caméra. Une valeur sure pour les connaisseurs de la saga qui seront donc en confiance. L’histoire entre le professeur Xavier (James McAvoy) et Érik Lehnsherr-Magneto (Michael Fassbender) donne cependant l’opportunité de renouveler toute la classe des mutants. Inutile d’attendre Wolverine ou Cyclope, ils ne sont pas concernés ou du moins, pas encore. Le film se concentre très clairement autour des deux « jeunes » leaders. À travers eux, il s’agit d’évoquer l’exclusion, le racisme, la ségrégation sur une population « différente ». Le scénario réussit à éviter les raccourcis d’opposition entre les bons et les méchants, les nouveaux mutants cherchent, avant tout, leurs propres cheminements. Cependant, cette croisée des chemins manque de force et l’affrontement idéologique entre le futur professeur et le Magneto en devenir laisse un goût d’inachevé. Un choix qui peut se justifier par la volonté de Bryan Singer de réaliser une nouvelle trilogie. Si suite il y a d’ailleurs, il va falloir faire un effort sur le rendu des effets spéciaux, parfois bien trop moches pour notre époque et pour un film de super héros. Coté casting, James McAvoy, bien que tout à fait à l’aise et convainquant dans le rôle d‘un Charles Xavier juvénile et plein d’espoir, il demeure un cran en dessous du charisme de Michael Fassbender. Ce dernier parvient très bien à exprimer ce doute, ce questionnement perpétuel entre le bien et le mal. Le méchant de l’histoire justement, est incarné par un homme qui, entouré de nombreux jeunes acteurs et actrices, montre que l’expérience paye. Kevin Bacon, de son nom, montre qu’il a encore de belles années devant lui pour peu qu’Hollywood lui en donne les moyens. Pour les petits nouveaux de la première équipe X-Men, ce sont surtout les charmes de Jennifer Lawrence dans la peau de Mystique qui se démarque des autres, car elle incarne le personnage pris entre la relation des deux leaders. // Au final, après 2 h 20 en compagnie de ces X-men première génération, il en reste que ce préquel est une réussite et confirme que Bryan Singer connait bien son sujet et que Matthew Vaughn y a apporter un nouveau souffle dans la mise en scène. Ils ont su redonner à la saga de bonnes bases. Ne reste plus qu’à espérer que ce « X-Men : le commencement » marque le début d’un été cinématographique de qualité consacré aux super héros. François Bour 2°)AVIS Après le spin off raté que fut « X-Men Origins : Wolverine », nous étions en droit de nous demander quel sort et quel traitement la franchise réserverait-elle aux origines de ses principaux protagonistes. C’est donc à l’anglais Matthew Vaughn que la Fox décida de confier le nouveau projet, celui-ci étant déjà le réalisateur de « Layer Cake » ou encore du surprenant « Kick-Ass » et producteur de Guy Ritchie ("Snatch"). Dans ce nouvel opus, Vaughn revient donc aux origines et en particulier sur la rencontre entre les deux figures fondatrices que sont Charles Xavier, le futur Professeur X (pas encore en fauteuil roulant mais vous saurez pourquoi dans cet épisode…) et Erik Lehnsherr, le futur Magneto. Par un troublant mimétisme le film commence de la même façon que le tout premier « X-Men » de Bryan Singer en 2000 : nous sommes dans un camp de concentration, « le commencement » se traduit ainsi par le nazisme, l’horreur des camps, le mal absolu… Le jeune Erik Lehnsherr est alors un enfant juif, remarqué pour ses étranges pouvoirs par un terrifiant officier incarné par l’excellent Kevin Bacon (« Mystic River »). Ce dernier va assassiner sa mère sous ses yeux, début d’une impérieuse vengeance qui mènera le futur Magneto à parcourir le monde afin de retrouver ce criminel de guerre, Sebastian Shaw, devenu agent fou à la solde des soviétiques en pleine apogée de la guerre froide. De l’autre côté il y a donc Charles Xavier (James McAvoy, « Reviens-moi »), brillant étudiant fraichement diplômé en génétique, que la CIA via le Dr Moira (Rose Byrne bientôt dans « Insidious ») cherche à recruter car les mutants commencent à sortir de leur anonymat… Dans ce passionnant épisode l’histoire avec un grand H est très présente : le cœur de l’intrigue se situe au début des années 60, alors que couve la crise des missiles de Cuba. Le feu président Kennedy est une des figures du film via les images d’archives et nous sommes plongés dans cette angoissante période entre les QG russes, américains et celui de la CIA. Les scénaristes se permettent un savoureux révisionnisme par le biais de Sebastian Shaw, cet ancien nazi qui profite de l’affrontement entre russes et américains pour mettre en place l’épuration de la race humaine au profit des mutants. Le film est parcouru de la question entre le bien et le mal avec comme point d’orgue la volonté qu’a Charles Xavier d’empêcher que le côté obscur d’Erik prenne le pas, stimulé par sa terrible soif de vengeance à l’égard de Shaw. Même si le film n’est pas exempt de quelques traits d’humours qui permettent des respirations, c’est plutôt un film à l’ambiance pesante auquel nous assistons. La catastrophe est imminente, la noirceur des personnages est inquiétante, d’ailleurs les deux protagonistes du film sont des êtres ambivalents, entre le brillant, désinvolte et charmeur Charles Xavier et le sombre et ténébreux Erik, incarné par un toujours aussi bon Michael Fassbender (« Hunger », « Fish Tank » et bien sur « Inglourious Basterds »). Au commencement donc les mutants ne sont pas encore révélés aux yeux du monde et certains d’entre eux repérés par Charles Xavier, exercent leurs pouvoirs en suivant des cours à l’abri des locaux de la CIA. Magneto et Professeur X ne sont pas encore ennemis, ils sont même liés dans le but de sauver les humains d’une guerre atomique. Les autres questions de fond à l’œuvre dans le film sont celles de l’exclusion, de la difficulté à accepter sa différence et de l’assumer auprès des autres, de la tentation de se servir de ses pouvoirs au profit du mal. En cela le film est touchant et profond, il dégage une certaine mélancolie devant ces adolescents qui se posent des questions sur leur identité. Ce qui est surprenant avec ce blockbuster c’est qu’il mise avant tout sur son intelligence écriture et la grande qualité de sa distribution, bien plus que sur l’action propre, les gadgets, les explosions, les combats entre mutants. Il y a quelque chose de retro avec l’excellente reconstitution des années 60, on se croirait par moment dans une esthétique à la James Bond époque Sean Connery ou dans un épisode de « Mission Impossible ». Profitons-en pour citer le reste de l’incroyable casting : les très sexy January Jones (la série « Mad Men) et Jennifer Lawrence (« Winter’s Bone » et « Le Complexe du Castor ») ou encore Nicolas Hoult de la série « Skins » version british. Vous ne manquerez pas de repérer d’autre « tronches » issues de films ou séries télé comme « 24 heures chrono » ou la culte « V ». Voici donc un film d’une grande richesse, où le fond et la forme se rejoignent pour nous offrir un spectacle cinématographique d’une rare qualité, la preuve qu’un blockbuster peut être à la fois intelligent, émouvant et distrayant. Il y a des moments ou il ne faut pas bouder son plaisir et que la force soit avec ces X-Men ! Loïc Arnaud 3°)AVIS X fan des sixties. Conter « l'histoire avant l'histoire » (ou les origines de tel ou tel personnage des franchises les plus connues a très souvent été perçu comme un subterfuge ultra-commercial sensé pomper quelques ultimes deniers aux fans inconditionnels. Le meilleur -et pire- exemple étant « La menace fantôme », film ayant maltraité et scarifié le mythe quasi-inébranlable de Star Wars sous prétexte de nous montrer la jeunesse d'un certain Darth Vader. Fait est que quelque soit la qualité de la préquelle initiée, elle a dans la plupart des cas engendré de très beaux revenus au box-office. X-men, ses milliers de comic-books étalés sur un demi-siècle et ses 4 films se voient donc logiquement aujourd 'hui attribuer leur préquelle. Problème de taille: de nombreux scénaristes de la BD américaine se sont souvent cassé les dents en voulant conter l'origine des deux ennemis jurés Professeur X et Magneto. On voit donc mal comment un jeune réalisateur anglais quasi-inconnu peut réussir là où les maitres du genre ont échoué. Une explication vient probablement du précédent film de Matthew Vaughn, « Kick ass ». Réussite visuelle intégrale à la narration impeccable, doublée d'une interprétation formidable, « Kick ass » a surtout marqué les esprits par son approche humaine et anticonformiste d'un anti-héros nerd nourri de culture super-héros. Véritable satire teintée de violence, ode déguisée au monde des gros musclés pleins de pouvoirs, on sentait le réalisateur anglais très à l'aise dans l'univers des hommes en spandex qui sauvent le monde au quotidien. De là à lui confier le poids blockbusterien d'une franchise comme X-men, il n'y avait qu'un pas. Pas que le studio Fox a franchi sans trop d'hésitations, fort du succès de la première trilogie X-men portée en grosse partie par le réalisateur Bryan Singer. Ce dernier faisant office de tuteur/producteur pour ce « X-men: le commencement », plus trop d'inquiétudes donc pour la suite des évènements, si ce n'est un potentiel retour critique assassin des spectateurs, du moins ceux qui ont vu leurs espoirs s'envoler après un médiocre « X-men origins: Wolverine ». Sans palabrer à outrance, « X-men: le commencement » est une réussite. Reprenant la copie là où Bryan Singer l'avait laissée, et tentant un énorme coup en ramenant son histoire dans les années 40 puis 60 (ce qui aurait pu être considéré comme « commercialement suicidaire » par les producteurs), Matthew Vaughn annonce clairement les choses, façon: « je vais raconter l'histoire à ma manière, sans trop me soucier des comic-book originels alors ne me lancez pas la pierre, je vous ai prévenus. ». Voilà pour les fans pur souche, qui auront cependant de quoi se mettre sous la dent avec énormément de références à la BD originelle, un certain respect de la psychologie des personnages (surtout Magnéto), et quelques apparitions savoureuses. Pour les autres, c'est un tout autre film qui se profile. Un film humain, dramatique dans sa première partie, qui dresse le portrait d'un survivant de camp nazi mû par la colère et l'affliction, et qui utilisera son pouvoir dans l'unique but de traquer et de se venger de ses bourreaux. Puis, au second plan, un autre portrait, celui de Charles Xavier, scientifique capable de lire les esprits, brillant intellectuel, idéaliste et naïf, qui aidera le survivant Erik Lensherr à canaliser sa haine, dans le meilleur des cas. Tronc commun aux deux visions du film: la naissance de la communauté mutante, les premiers disciples adolescents en pleine crise identitaire, et bien entendu un «bad guy » voulant refaire le monde à sa façon (en faisant tout péter et en s'accommodant avec ceux qui survivront). Quelque soit la manière d'aborder le film, comme un énième épisode de la saga ou comme un simple film de SF, « X-men: le commencement » aligne des qualités insoupçonnées, corrigeant même les maigres défauts des deux épisodes de Singer. Au trop plein de couleurs gris-bleutées et aux intérieurs immaculés des films de Bryan Singer, Vaughn répond par une esthétique 60's et des décors incroyablement détaillés et respectueux de l'époque. Et à la trop grande focalisation sur un seul personnage populaire (Wolverine, dans les premiers opus), Vaughn préfère rééquilibrer les choses en plaçant le plus ambigu au centre de l'histoire, sans oublier les autres. Il évite le manichéisme total et le teenager-spirit sous fond d'amourettes entre mutants, ramène le flegme et la classe dans un méchant (Kevin Bacon, impeccable) digne d'un « James Bond « , et mieux encore, joue la carte séduction et du sexe, armes qu'il met au même plan que les pouvoirs mutants (comptez le nombre de fois où Emma Frost utilise ses charmes et le nombre de fois où elle utilise son pouvoir, ça se vérifie). Quid de l'action? Rien à redire, inutile de balancer la sauce pyrothechnique à tous les plans à dû se dire le réalisateur, les scènes les plus spectaculaires restent les exécutions brèves et efficaces d'Erik Lensherr, le nettoyage du pentagone par Azazel, et bien entendu le final très guerrier. Idem pour l'humour distillé avec parcimonie dans cet œuvre quasi-tragique, qui donnera lieu à de belles répliques, parfois foncièrement nerd (Xavier n'est pas un boute en train, certes), parfois exagérément machistes (rapport à la position de la femme dans les années 60, of course), ou via le passage verbalement couillu d'un personnage bien connu de la saga. Enfin, le casting, épuré d'acteurs pouvant paraître trop imposants à l'écran, évacue tout les doutes sur le bienfondé de l'oeuvre de Matthew Vaughn. Clairement, on ne pouvait pas espérer meilleur Magnéto que Michael Fassbender, ni plus sexy que January Jones, ou plus machiavélique que l'incarnation de Sebastian Shaw par Kevin Bacon (sa première scène dans les années 40 en témoigne). Même chose au niveau des plus jeunes, parmi eux Nicholas Hoult (déjà excellent dans la série « Skins ») et Jennifer Lawrence qui alimentent les espoirs mutants. Enfin, un seul bémol: les temps forts orientés action contrastant parfois trop avec le calme et le sérieux des scènes de dialogue, et un petit regret (de geek): avoir mis de côté quelques personnages de l'univers Marvel plus intéressants -et surtout présents dans les origines des X-men- comme Cyclope ou Angel, au profit de seconds couteaux comme Banshee/Le hurleur (besoin d'éviter les personnages introduits dans les opus précédents ? Dommage). Inutile de chipoter davantage, « X-men: le commencement » comble largement les espoirs, aussi grands fussent-ils. Mûr, original dans son atmosphère, et bien plus profond que les préquelles du même acabit, il soutient sans mal la comparaison avec le « Watchmen » de Zach Snyder, car bien que moins incisif et davantage grand public, il ouvre tout autant la voie aux adaptations à gros budget les plus ambitieuses et les plus réfléchies. A voir! Julien Leconte ET N'OUBLIEZ PAS D'ECOUTER NOTRE MAGAZINE RADIO "LES AVENTURIERS DES SALLES OBSCURES" |