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"L'Ecume des Jours". Un film de Michel Gondry avec Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy, Aissa Maïga, Philippe Torreton.

Sortie le 24 avril 2013.

Crédits photographiques : Studio Canal.

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Le 8ème Festival Cinémas d’Afrique du 22 au 25 août 2013.

 

 

 

L'actualité des festivals de cinéma et des sorties en salles vue par la rédaction du magazine.

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La Dame en Noir de James Watkins avec Daniel Radcliffe, Ciarán Hinds, Janet McTeer, Sophie Stuckey. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Fadette Drouard   
14-03-2012

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Sortie le 14 mars 2012.

Crédits photographiques : Metropolitan Filmexport.

 
Dans le petit village de Crythin Gifford, une cliente est décédée récemment. Le voilà donc parti pour la campagne anglaise, avec brouillards et marais, pas si accueillante qu'on pourrait l'espérer. C'est que dans le village, on semble redouter une malédiction. Les enfants semblent presque possédés, et on évite soigneusement le manoir de la défunte et tout ce qui pourrait réveiller son souvenir. Sauf qu'Arthur est anglais, rationaliste, et qu'il a perdu ses illusions avec sa femme. Il est donc pragmatique et calme, peut-être un peu trop. Même quand il se met, lui aussi, à voir des fantômes. Un en particulier, celui d'une étrange femme en noir, qui s'approche de plus en plus de lui. Une femme en noir qui pourrait bien le faire plonger dans un cauchemar sans fin...
 
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1°)AVIS
 
Le nouveau film de Daniel Radcliffe cumule les nouveaux départs. Nouveau départ pour les mythiques studios britanniques de la Hammer, et nouveau départ pour l'acteur, débarrassé de la cicatrice d"'Harry Potter"...
 
Dans le coeur des cinéphiles et des amateurs du genre, la Hammer a une place bien particulière. De ces studios anglais, ouverts en 1934, sont sortis des films de genre et de série Z, cultes, avec des héros vampires, loups-garous ou monstres. Des films gore, à l'atmosphère lourde, qui ont fait le bonheur des années 50-60. Et voilà qu'après des années silence cinématographique, la Hammer revient, pour notre plus grand bonheur, avec sa première histoire de fantôme : "La dame en noir". Le scénario est assez simple finalement. Le jeune Arthur Kipps, notaire londonien, tente de se soigner du deuil de sa femme comme il le peut. Il tente aussi de ménager son fils, qui lui rappelle bien trop la défunte. C'est donc presque avec soulagement qu'il accueille la décision de son patron de l'envoyer quelques jours en province, pour affaires.
 
Amis du gore, passez votre chemin. Amis d'Harry Potter qui pensez le retrouver ici sur pellicule... Aussi. Certes, c'est Daniel Radcliffe qui incarne Arthur, et son visage, même sans lunettes rondes, rappelle inévitablement la saga de l'apprenti sorcier. Mais c'est bien là le seul lien qu'on pourra trouver entre "La dame en noir" et la saga. Pour le reste, le film est un film d'horreur, d'atmosphère, plutôt solide. Ambiance, paysages, décors, tout y est remarquablement soigné. Une Angleterre victorienne engoncée dans ses convenances fait une toile de fond parfaite à ce drame de haut vol, qui déroule un scénario classique mais efficace.
 
Efficace aussi le jeu de ses acteurs, de Daniel Radcliffe donc, qui oscille entre une adolescence lisse et un chagrin palpable à Ciaran Hinds, dont le talent n'est plus à prouver. Le reste du « village » est à l'aulne de ces derniers, tout en restant parfaitement inquiétant. Car c'est l'inquiétude qui prime dans "La dame en noir", plus que le gore ou le sursaut, une épée de Damoclès qui se fait de plus en plus lourde au-dessus des têtes des personnages, et du spectateur embarqué dans cette histoire. Une inquiétude qui pâtit un peu, comme toujours, de la révélation finale, que le réalisateur parvient à rattraper d'un coup de twist, laissant une fois encore le spectateur accroché au siège.
 
Bien joué !
 
Fadette Drouard
 
 
 
2°)AVIS
 
En 1934 naquît une maison de production bien marginale, étonnante et bourrée de créativité. La Hammer, créée par William Hinds et Enrique Carreras, se distingue dans les années 50-60 grâce à des célèbres productions de films fantastiques et d’horreur. Des noms passés à la postérité tels que Terence Fisher (réalisateur de "La nuit du loup-garou", "Le Chien des Baskerville", "Le Fantôme de l’Opéra") et des acteurs comme Christopher Lee ou Peter Cushing construisent le mythe de la Hammer. Les films se distinguent par des décors et couleurs kitschs, une esthétique léchée, une action prévisible et un pouvoir d’attraction pourtant indéniable. Mais la terrible maison subit un contrecoup au début des années 70 lorsque le cinéma de genre devient plus ancré dans le réel, avec des questions et des thématiques plus contemporaines. Elle ne s’en remettra jamais malgré diverses tentatives.
 
Pourtant, depuis 2010, la Hammer tente de revenir sur le devant de la scène, au moment où justement les autres productions du cinéma de genre se font lassantes, sans originalité et finalement peu remarquables (il n’y a que le cinéma espagnol qui brille réellement). Ainsi, la Hammer a produit le remake de "Morse", intitulé ici "Laisse-moi entrer", avec un résultat plus que moyen, ou encore le très mauvais film d’épouvante "La Locataire", d’Antti Jokinen. En somme, cette politique de rédemption et de récupération du cinéma de genre ne fonctionne pas réellement au premier abord. Mais la Hammer tient encore, et se joint à Metropolitan pour l’adaptation de La Dame en Noir, un roman à succès signé Susan Hill et datant de 1983, déjà décliné en une pièce de théâtre ainsi qu’un téléfilm. "La Dame en Noir" signe par ailleurs le retour du cinéma britannique dans le film d’épouvante où les fantômes occupent une place prépondérante. Alors, le pari de la Hammer est-il réussi ?
 
En vous parlant de pouvoir d’attraction pour nommer les qualités de la Hammer, le fait de revenir aux classiques du fantôme dans une maison hantée s’en prenant à un jeune sans défense et vide de croyances au surnaturel fait de "La Dame en Noir" un film déjà attrayant. D’autant que ce que laissait présager la bande annonce, c’est la mise en avant d’un climat très sombre, avec un esthétique et un sens du décor assez typique de la Hammer, mais cette fois-ci à la sauce contemporaine. Face à un livre qui plonge carrément dans le descriptif à outrance, annihilant toute la tension que l’histoire suggérait, le film de James Watkins va prendre tout le chemin inverse. En effet, "La Dame en Noir" tombe dans le piège de la surenchère. Cela n’empêche pas de créer un climat intéressant et d’avoir une tension acceptable et intrigante.
 
Arrivent alors une flopée de jump-scares, assez téléphonés qui là aussi deviennent très vite abusifs, et enlevant toute crédibilité au récit, puisque le film a fait le pari de se focaliser uniquement là-dessus, bien aidé par l’esthétique léchée et sombre. Mais à quel prix ? L’intrigue s’éloigne bien trop de l’esprit du livre, gagne en tension tout ce qu’il est perd en intérêt thématique (le personnage torturé et fasciné). Le rôle qu’incarne Daniel Radcliffe manque cruellement d’être poussé plus loin. Les ficelles le concernant deviennent bien trop évidentes, à l’image d’un final détourné qui n’existe absolument pas dans le roman. C’est dans cette scène que se retrouve tous les défauts du film : un trop-plein d’esthétisme, un twist éventé et hors de propos, des acteurs peu présents.
 
En choisissant James Watkins à la tête de ce film de fantômes, c’était plutôt le pari de la valeur sûre. Watkins avait notamment écrit le scénario de "The Descent : Part 2", et surtout réalisé le terrifiant et méconnu "Eden Lake". Autant dire que James Watkins a fait des débuts séduisants là où de nombreux « réalisateurs » se sont vautrés lamentablement. En revanche, côté scénario, c’est le bras droit de Matthew Vaughn, Jane Goldman ("Kick-Ass", "Stardust le mystère de l’étoile") qui s’y est frottée. Son objectif se rapproche plus de coller à l’esprit du film de fantômes japonais, que de tirer tout le potentiel noir du livre. Echec.
 
Avec Daniel Radcliffe dans le rôle principal, c’est le pari de séduire le grand public (celui qui l’a suivi dans "Harry Potter") qui est fait. Le challenge pour l’acteur : trancher avec son rôle de sorcier à lunettes qui lui a collé à la peau pendant plus de 10 ans. Il raconte alors avoir sauté sans hésitation sur l’occasion que représentait "La Dame en Noir" pour s’éloigner d’Harry Potter, qu’il finissait à peine de tourner. Celui qui pense que le jeune homme s’éloigne de ce fameux personnage qu’est Harry se trompe ! Il interprète ici Arthur Kipps, un jeune père veuf plongé dans la mélancolie et dans le deuil, qui débarque dans un petit village isolé où il va devoir affronter… des forces du mal. C’est sûr que la rupture est énorme, imaginez un peu ! Le problème est encore un peu plus grave : Daniel Radcliffe a encore un visage bien trop juvénile pour interpréter un adulte, déjà père et marié, et son allure face à la caméra – si elle n’est pas mauvaise – rappelle directement celle qu’il tenait lors des dernières prises sous la direction de David Yates pour Harry Potter. Face à Ciaran Hinds, le jeune acteur ne fait malheureusement pas le poids, et son interprétation manque cruellement de charisme.
 
En somme, "La Dame en Noir" ne représente que le début d’un processus pour Daniel Radcliffe, car ce n’est clairement pas avec ce film que l’acteur se détache de son costume de sorcier.
 
Christopher Ramoné

 

 

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