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Sortie le 10 avril 2002. Crédits photographiques : Warner Bros France.
Un caïd trahi, Moltés (Gérard Lanvin), ne badine pas avec le code de l'honneur . Il liquide dans les règles le complice qui l'a vendu (Thomas Langmann, acteur et producteur de ce film), déchaînant la haine du frère de la victime, "Le Turc" (José Garcia), juste avant d'être coffré par la police. Lors de sa captivité il se lie d'amitié avec un des gardiens, Reggio (Benoît Poelvoorde), petit chef dérisoire. Ce dernier sacrifie à un rituel hebdomadaire pour Moltés: il accepte de jouer au loto les numéros du détenu. 
Le Boulet est le dernier film d'Alain Berberian, réalisateur du film des nuls, La Cité de la Peur, ou encore de Paparazzi, mais aussi du calamiteux Six-Pack avec lequel il quittait le registre de la comédie, mais qui prêtait à rire bien malgré lui. Six-Pack était déjà symptomatique d'une tendance, désormais majeure, du cinéma français à vouloir se prouver à lui-même et au public qu'il est capable de faire "comme les Américains" (pour reprendre les mots du facteur de Jour de Fête). Le Boulet continue dans cette direction mais joue également sur un registre, bien français celui-là, et rodé par Francis Veber : Le duo improbable. Et il faut reconnaître que, sur ce point, le film fonctionne bien : Lanvin et Poelvoorde sont aussi bons seuls qu'en duo et l'association des deux peut rappeler, dans les meilleurs moments, l'excellente paire Lanvin-Blanc de Marche à l'Ombre, film auquel le Boulet rend d'ailleurs un discret hommage au détour d'un titre de journal dans un aéroport. Pour ce qui est du caractère "grosse production" du film, il faut reconnaître que la réalisation, sans être originale, n'en est pas moins efficace et a recours à tous les effets à la mode, et que certaines scènes d'actions peuvent, sans difficultés, tenir le public en haleine (notamment celle de la "grand' roue"). Ceci dit, il est détestable de voir qu'encore une fois, les artisans de ce genre de film ne puissent s'empêcher de flatter les supposés bas instincts du "grand public". On pouvait se réjouir de l'exemple de Jeunet et d'Amélie Poulain qui, contrairement à ce que pouvait affirmer une certaine critique, amenait la preuve qu'on pouvait enfin faire du cinéma populaire sans y développer des poncifs sensés, à tort, brosser le public dans le sens du poil. Or, c'est malheureusement ce qui se produit ici, et ce qui empêchera certains spectateurs d'y rire totalement de bon cœur : pour régler un problème de couple , il suffit d'une "grosse baffe dans la gueule"; les Africains sont soient des rastas nonchalant fumeurs d'herbe qui ont bien accès à la technologie mais sont trop bêtes pour s'en servir et préférent ne l'utiliser que sous forme de consoles de jeu, ou encore, des commerçants avides et fourbes… Autant d'aspects gênants qui gâchent ce qui aurait pu être une bonne comédie de divertissement, pimentée par l'excellentissime Benoît Poelvoorde. La consolation, en effet, sera peut-être le casting : Lanvin et Poelvoorde, bien sûr, Garcia, l'excellent Gérard Darmon, l'inénarrable Rossy de Palma et Marco le chanteur de FFF. À noter cependant, la présence de Stomy Bugsy dont l'apparition, une fois de plus (de trop?), au cinéma ne peut décidément pas être justifiée par ses talents d'acteur, inexistants, mais sans doute par sa valeur d'argument commercial… En résumé, un film à voir pour les gags, sans regarder de trop prés à certaines facilités. Benjamin Thomas |